Pontypool: Critique et test DVD



Le cinéma de genre canadien nous avait jusqu'ici livré quelques Direct to vidéo plutôt convenus. Heureusement avec son « Pontypool » , Bruce Mc Donald vient remettre les pendules à l'heure. Disponible en DVD et Blu-ray chez Opening depuis le début du mois dernier, ce rafraichissant huis clos horrifique a certes été tourné pour moins de deux millions de dollars dans un décor quasi unique. Mais il n'en n'est pas moins la claque vidéo et fantastique de cette fin d'année. Ecranbis.com s'est penché sur cette infection d'un nouveau genre...


Synopsis :

A Pontypool , une tranquille petite ville canadienne , Grant Mazzie est l'animateur vedette de la radio de la radio locale. Ce matin-là, lorsqu'il prend l'antenne, il ignore que la petite ville va vivre ses plus sombres heures. La radio reçoit en effet de nombreux messages d'auditeurs paniqués. La population semble gagnée par la folie, et se comporte de façon irrationnelle, prononce des paroles sans queue ni tête, puis commence à s'entretuer. Peu à peu, le danger se rapproche du studio, dont le personnel est bientôt pris au piège.


Critique:

Pontypool aurait pu être une variation fauchée de plus sur la thématique « Zombie » , mais si le film de Bruce Mc Donald flirte effectivement avec le genre , il en évite tous les clichés. Tournant le dos à l'horreur graphique et aux attaques schizophréniques de morts vivants déchainés, le réalisateur enferme ses héros dans un studio de radio locale . Et c'est finalement par les récits des auditeurs qu'ils découvrent , assiégés et coupés du monde , la terrible réalité qui les entourent. Le parallèle avec la guerre des mondes, la célèbre émission radiophonique d'Orson Wells qui terrifia l'Amérique, saute bien sûr au yeux. Mais dans Pontypool, l'horreur n'est pas la seule à se transmettre par les ondes. Le virus responsable de la mutation des habitants est d'un nouveau genre: Une infection linguistique touchant la langue anglaise.



Vous l'aurez compris , Pontypool donne un grand coup dans la porte que « The Signal » avait déjà entre ouverte en 2007, et offre  au passage à son récit une dimension psychologique intense. Car contrairement au film précédemment cité, le virus ne va uniquement se répandre de façon auditive mais à travers à une langue en particulier. L'anglais. Je laisse à chacun le possibilité de spéculer sur la portée du message en provenance du Canada , pays linguistiquement cloisonné.

Non content d'avoir amené un peu de fraicheur sur la table du fantastique , Mc Donald semble prendre un malin plaisir à balayer son décor radiophonique d'une caméra lente et experte. Sa maitrise du scope n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de John Carpenter. ( impossible de ne pas penser à « Fog » dont une partie de l'action se situe également dans une radio locale  ) Bref les qualités cinématographiques de ces quelques bobines ne manquent pas.


L'autre point fort du métrage est sans conteste son interprétation. Stephen McHattie excelle et le reste de cette minimale distribution est d'une rare justesse pour un si petit budget. Bref, PontyPool est un film fantastique comme on aimerait en voir plus souvent, original et intelligent. La claque vidéo de cette fin d'année ! 



 



Test technique :

Le Zone 2 Opening que nous avons testé délivre une image quasi parfaite et joliment contrastée au format d'origine 2.35. Rien à redire ce côté là. Rayon audio on trouve une piste stéréo et une DD5.1 pour la version française comme pour la version originale. On notera un mixage sobre et efficace du côté VF comme VOST. Pas véritablement de bonus à se mettre sous la dent si ce n'est une bande annonce.


La claque DTV de la fin d'année
Un excellent film fantastique




Rien