Captifs : Test DVD et Critique



Si les incursions françaises dans le cinéma de genre se sont multipliées ces dernières années, les quelques kilomètres de bobines résultantes n'ont pour ainsi dire pas vraiment trouvé leur public. Après quelques navets de compétition dans l'ère post Scream (Broceliande, Promenons nous dans les bois) nous avons eu à digérer une série de « survival camembert avariés » et quelques malheureuses tentatives isolées ( Saint Ange … Il est interdit de rire) . Il est donc peu dire que nous avions perdu quasiment tout espoir de chroniquer une péloche made in France digne de ce nom. « Captifs » nous fera-t-il mentir ? La réponse se trouve plus bas …



Synopsis:

Carole est membre d’une équipe humanitaire dont la mission dans les Balkans touche à sa fin. Sur le chemin de retour, elle et ses deux coéquipiers sont brutalement attaqués et enlevés par des criminels aux motivations inconnues. Qui sont ces ravisseurs ? Que veulent-ils vraiment ? La vérité va se révéler terrifiante…



Critique :

Le huis clos horrifique est devenu après le succès de Saw, un véritable exercice de style pour jeune réalisateur fauché. La recette n'imposant pas de moyens démentiels: Quelques acteurs et une cave en carton pâte mal éclairée...Et on se bouscule au portillon du spectacle cinématographique claustrophobe. Malheureusement, la multiplication d'œuvrettes utilisant les mêmes ficelles et dupliquant avec plus ou moins de bonheur les mêmes codes appelle à la comparaison , pire pourrait conduire bon nombre de spectateur à l'overdose thématique. La simple lecture du pitch de « Captifs » a donc le mérite d'effrayer jusqu'aux plus déviants des cinéphiles :  « Ah non pas encore ! ». Surtout que les motivations même des ravisseurs sont quelque peu prévisibles et rappelle au passage le fort recommandable « Tourista » Pour son premier film, Gozlan avance donc en terrain miné car en empruntant des chemins aussi balisés , il condamne son métrage à l'excellence.


Un cahier des charges risqué et ce n'est rien de le dire. Bref même si le film de Gozlan a reçu un bon accueil de la part de la presse spécialisée ( dans les cocorico ? ) lors de son exploitation en salle , nous n'attendions rien de « Captifs » en insérant la galette dans notre lecteur...Et nous nous sommes trompé puisque « Captif » , bien que souffrant d'un sévère enfermement thématique s'avère être une bonne surprise. Gozlan s'est fendu d'une réalisation sobre et intelligente . La tension « Hostelisante » savamment installée le long du film s'ouvre même sur une dernière demi heure « Survival » pur jus réjouissante . Les qualités narratives de la chose s'accompagnant en plus d'un véritable sens cinématographique  (le film est remarquablement cadré et photographié) , nous serions tenté de dire : Que demande le peuple ?



C'est finalement avec très peu d' effets spéciaux et un sujet usé jusqu'à la moelle , bref sans tours de passe passe ou artifices que Gozlan signe l'un des meilleurs films de genre français à défaut d'un film original. Et si « Captifs » ne fera pas date dans l'histoire du Survival , il a au moins le mérite de faire Yann Gozlan un réalisateur à suivre et de donner un peu d'espoir à ceux qui comme nous avions pratiquement tracé un trait sur le cinéma de genre français.



Test technique :

Bac films offre à captif un transfert de toute beauté à la définition acérée. L'action se déroulant en partie dans l'obscurité , on profite pleinement des noirs ultra profonds délivrés par la galette. Le même soins a été apporté aux deux bandes sons, toute deux française: 2.0 et 5.1. Le mixage de cette dernière s'avère parfaitement maitrisé aux niveaux des dynamiques et du placements. Rien à redire donc, nous sommes face à une édition techniquement irréprochable.

Au rayon supplément, on trouvera une bande annonce, 2 teasers et 2 courts métrages ( Pellis et echo) de Gozlan , ainsi que quelques bandes annonces BAC FILMS & ICO : La guerre de l'ombre, Harpoon, Be bad, Crossdire...






- Une bonne surprise
- Un des meilleurs "survival" français ( avec le Haute tension d'Aja)
- Une édition techniquement somptueuse



- Un petit manque d'originalité