Machete: Test DVD et Critique


Après avoir fendu les écrans français en Décembre dernier, Machete ( prononcez Machété) revient pour une deuxième fournée en vidéo. Au programme un hymne au cinéma d'exploitation, un incroyable festival de tronches et Robert Rodriguez aux commandes. Sony annonce la chose le 6 avril en Bluray et DVD. On a eu la galette argentée dans les mains et on vous en cause...


Synopsis:

Ils ont cru qu’il était un simple ouvrier, un bouc émissaire idéal pour porter le chapeau d’un assassinat politique. Ils ignoraient qu’il s’agissait de Machete, un ancien agent fédéral hors pair, une légende…
Laissé pour mort après son affrontement avec le puissant baron de la drogue mexicain Torrez, Machete s’est réfugié au Texas, où il cherche à oublier son passé. L’assassinat d’un sénateur et un coup monté font de lui l’homme le plus recherché du pays.
Cette fois, Machete est bien décidé à se laver de ces accusations et à dénoncer une corruption rampante et tentaculaire.


Critique :

La genèse « Machete » est pour le moins surprenante puisque tout est parti d'une des fausses bandes annonces réalisées pour le diptyque Grindhouse. La légende raconte que Tarantino, impressionné par ce trailer imaginaire aurait poussé Robert Rodriguez a mettre en chantier le long métrage. On sait toutefois, que du côté de Rodriguez , le projet était dans les cartons depuis des années. Aussi ce dernier ne s'est certainement pas trop fait prié avant de convoquer illico presto son cousin Danny Trejo, l'homme au visage de pierre. Machete apparaît donc d'emblée comme une sorte de produit dérivé de « Grindhouse ». D'ailleurs l'échec commercial du double programme  en salle a un temps prédestiné cette sorte de Spin of au marché de la vidéo... Machete sortira tout de même en salles , peut être garce à son casting de poids lourds : De Niro, Jessica Alba, Michelle Rodriguez, Linday Lohan, Steven Seagal, Don Johnson, Jeff Farey et même Tom Savini. Un tel festival de jolies filles, de gueules et d'has been méritait tout de même autre chose que le petit écran.


Dès les premières minutes, la copie faussement craspec, la photographie jaunie et le déferlement de mutilations en tout genre, ponctué de répliques venues d'ailleurs annoncent la couleur. Machete est un film pour cinéphiles, mais pas n'importe lesquels ceux qui vouent un culte au cinéma de mauvais genre. Le sabre de Steven Seagal ( qui incarne pour une première fois un méchant au cinéma) fait le bruit de « Super Jaimie », la jeune fille censée être libérée par Danny Trejo a oublié ses habits dans sa loge et a caché son téléphone portable là où il ne faut pas. Nous voilà donc projeté dans un univers hautement parodique peuplé de personnages tout droit sortis de pires moments de la rital'ploitation.
Machete se donne des airs de régurgitation de VHS usées, ne respecte rien , pas même son propre message  social qu'il s'amuse à parodier en boucle. ( Et dire que les Inrocks y ont vu « une dimension politique » , les pauvres...).


Le spectacle est donc profondément jouissif mais est il cinématographiquement parfait ? La réponse est malheureusement non car ce trip régressif à souhait à la fâcheuse tendance à l'engourdissement. Si Rodriguez a décidément l'art de réanimer son film à grand coup de scènes et répliques choc, on ne retrouve pas dans ces quelques 90 minutes, l'élan de ses coréaliations tarantinesques ou même de son Sin City. Machete s'avère donc une péloche réjouissante et foldingue mais au final contre toute attente  assez convenue. Plus un bon film qu'un grand film. Mais ne tenons nous pas là la définition exacte du cinéma exploitation ?



Test technique :

Le zone 1 de Machete est sorti début janvier aux Etats Unis. Une édition qui s'avérait relativement décevante en bonus. En conférence de presse, Rogriguez avait tout de même annoncé un futur et éventuel « Ultra-violent Director's Cut » sans toutefois en dire beaucoup plus. Sans surprise de ce côté de l'atlantique Sony proposera en Zone 2, une édition reprenant le contenu du disque américain. On se retrouve donc face à de classiques scènes coupées ( 11 en tout ) et à un bonus un peu plus original puisqu'il s'agit d'une piste audio VOST reprenant les réactions du public lors d'une projection.


Du côté technique, le transfert 1.85 s'avère de bonne qualité même si assez bruitée. On appréciera la restitution des couleurs. Rayon audio, le disque dispense 2 mixages 5.1 du plus bel effet ( Français anglais) . Mention spéciale au doublage français particulièrement en phase avec le film.


Une édition sympathique donc, même si les fans attendront sans doute une hypothétique nouvelle édition plus généreuse en supplément.





- Un festival de gueules du cinéma
- Une péloche jouissive pour cinéphile



- Une édition un peu légère