Blood Island ( Bedevilled) : Test DVD et Critique





Après avoir raflé le grand prix du 18e festival du film fantastique de Gerardmer en début d'année, Blood Island, titre international de Bedevilled, premier film de jang Cheol-soo nous revient en DVD et Bluray le 3 mais prochain chez Distrib film. Grand prix justifié ? L'éditeur nous a fait parvenir une galette argentée à quelques semaines de sa sortie vidéo et Ecranbis.com vous livre ses impressions.


Synopsis:

Hae-won est une jolie trentenaire célibataire. Contrainte à partir en congés, elle se rend à Moodo, une petite île sur laquelle elle passait ses vacances étant plus jeune. Elle y retrouve Bok-nam, son amie d’enfance, soumise à la volonté tyrannique de ses habitants et à des humiliations quotidiennes. Bok-nam supplie Hae-won de l’aider à s’échapper, mais celle-ci refuse de s’impliquer dans une situation qui s’apprête à basculer dans l’horreur…



Critique :

Le problème de tout film revenant des sommets enneigés de Geradmer auréolé du premier prix est d'ouvrir la boite à fantasmes d'une bonne partie des critiques et de s'exposer à d' inévitables comparaisons ...Les illustres prédécesseurs ne manquant pas (Scream , Cube, Le jour de la bête et j'en passe) du côté de l'ex fantastic'arts, « ne pas décevoir » s'avère le plus souvent ardu. Et même si on fait l'effort de porter sur ces bobines un regard le plus neuf possible, on finit toujours par attendre beaucoup , sans doute trop de ces péloches primées... pour le meilleur et donc pour le pire.
En insérant la galette argentée dans le lecteur, on sait déjà que Blood Island n'échappera à cette problématique et à ce destin.


Quelques 120 minutes plus tard, Bedevilled laisse son spectateur sur une double impression. Oui la première bobine de jang Cheol-soo séduitt par la pluralité de ses discours. Blood Island est une film multiple, il cumule, compile les confrontations homme/femme, société urbaine/ société rurale , adulte/enfance... Difficile donc d’arrêter son analyse à un simple doigt pointé sur la condition de la femme en Corée du sud. Cheol-soo ballait son île d'une réalisation contemplative, lente parfois même quasi indifférente aux violences exposées (inceste, viol, violence...) pour accoucher dans ses 20 dernières minutes d'un coup de sang gratiné : un amok pur et dur ... Une violence justifiée ..


D'un autre côté, l'apport de « Bedevilled » au cinéma fantastique semble plus flou. Encore une fois , la bobine de Cheol-Soo emprunte, malaxe mais n'invente rien.  Le coup de folie final et la violence censée être ainsi libérée parait presque prude comparée à cette longue et lente mise sous pression. La montagne ou plutôt l'île accouche d'une souris ?  On se consolera en se disant que l'on vient de découvrir un film qui n'aurait certainement pas eu la chance d'une exploitation hexagonale sans ce grand prix à Gerardmer.




Test Technique :


Pour « Blood Island », Distrib films s'est fendu d'une édition Z2 sympathique dont les qualités techniques tant au niveau de l'image que de l'audio s'avèrent irréprochables. Malheureusement du côté des suppléments, il faudra se contenter d'une très courte présentation du film par Charles Tesson et d'une galerie d'image.








Un film intéressant.
Une édition techniquement irréprochable






La montagne ou plutôt l'île accouche quand même un peu  d'une souris