Les yeux de Julia : Critique et test DVD



Tandis que le cinéma de genre français sent un peu, rendons nous à l'évidence, le renfermé et la bidoche pas assez cuite, les bobines espagnoles se font depuis quelques années déjà les porte-drapeau du cinéma  horrifique européen. Rec, Darkness. Et les autres ( Ah quel jeu de mot mes amis) nous auraient  presque fait oublier les quelques navets de compétition produits par la fantastic factory . Et oui c'est aussi ça le fantastique ibérique. D'où la question du jour : « Los Ojos de Julia », comprenez « les Yeux de Julia » de Guillem Morales vont ils enfoncer le clou espagnol  dans la planche du cinéma comme on l'aime ou nous le planter dans l'œil. Verdict …




Synopsis:

Quand Julia apprend la mort soudaine de sa sœur Sara, tout semble clairement indiquer qu’elle s’est suicidée. Mais Julia n’arrive pas à accepter cette version des faits et commence à passer au crible les événements qui ont eu lieu les derniers mois avant le drame. La découverte d’éléments déconcertants, en désaccord avec la personnalité de Sara, et sa rupture de contacts avec son entourage, ne font que nourrir les soupçons de Julia quant aux circonstances réelles du décès. Décidée à résoudre l’énigme de cette ultime période, Julia devient l’objet d’une singulière menace qu’aucune autre personne autour d’elle, y compris son mari Isaac, ne semble percevoir, alors même que la maladie dégénérescence dont elle souffre prend le dessus, la plongeant petit à petit dans l’obscurité. La compréhension et l’amour d’Isaac avaient jusqu’alors eu raison des attaques de cécité de Julia, mais une série d’incidents inquiétants, et toujours plus violents, menacent son équilibre, l’enfermant inexorablement dans le monde des ténèbres, à la merci de la présence terrifiante qui s’y terre…


Critique :

Dans notre obscure et étrange contrée,   Los Ojos de Julia   a eu l'honneur d'un petit tour discret sur les grands écrans de l'hexagone. Une centaine de copies la semaine de sa sortie. A croire que le nom de son illustre producteur, le mexicain Guillermo Del Toro, planant comme un spectre au dessus de  cette bobine (et de son affiche) n'a pas suffi à convaincre grand monde.  Faut-il y voir un signe ?  Peut être...Si  Del Toro est devenu en quelques films l'idole des jeunes « rédacteurs » d'une certaine presse spécialisée,  son œuvre, entrée dans la lumière avec le très surestimé Chronos et  une série de péloches  américaines plutôt moyennes ( Blade 2, Mimic...)  n'a pas encore marqué les esprits des cinéphiles déviants  au fer blanc. Et il faudra autre chose qu'une énième adaptation superhéroique et blockbusterisante, aussi réussie soit-elle pour accéder au statut d'auteur. Mais passons puisque  Los Ojos de Julia  n'est pas le film de Guillermo mais celui de Guillem.... Guillem Morales.




Sans véritable surprise, avec « Les yeux de Julia » , le  fantastique ibérique  étale une fois de plus son indéniable savoir-faire sur la table du cinéma internationalisé. Somptueuse photographie bleutée froide, cadrage classieux, Morales récite avec application et le spectateur patiente avec admiration. Car oui, en bon  rejeton de « The Others» D'alexandro Aménabar, « les yeux de Julia » prennent leur temps... au point de désintéresser le spectateur d'un récit qui joue la carte du « va et vient  convenu » entre le thriller et le fantastique. La finalité de cette lente mise  sous pression ? Vingt dernières minutes ou à force de rebondissements compulsifs, Morales tombe dans une sorte de ricochet narratif...

L'autre versant des « Les yeux de Julia »  est bien entendu l'inspiration transalpine qui transpire du métrage.  On est certes loin d'une renaissance inattendue du Giallo , de l'autre côté de la Méditerranée et   « les Yeux de Julia »  louchent certainement  tout autant sur le cinéma américain que sur les macabres exercices poétiques et visuels de Bava et d'Argento. Reste que la bobine de Morales fait sur ce point mouche.


Les yeux de Julia est-il un mauvais film? Assurément non. Cette énième incursion espagnole dans le cinéma de genre souffre surtout de son côté : « rédaction d'écolier appliqué », de sa forme impeccable et de son absence de fantaisie On aimerait mettre 15/20 tellement l'écriture est belle, on mettra 12/20 tellement ça manque de fougue. Bref si les yeux de Julia sentent assurément trop le savon et désespérément pas assez la foufoune, les accros de l'horreur ibérique risquent d'y trouver leur compte, les autres n'y verront sans doute qu'un  petit  film de genre de plus...Sympathique à défaut d'être brillant...Au pays de la sangria et de la tauromachie.



Test Technique :

Le test disc du Zone 2 «  Universal » que nous avons eu entre les mains se fend d'un transfert haut de gamme à la définition superbe. Mention spéciale à la restitution ds couleurs qui flattent une déjà très belle photographie d'Oscar Faura ( L'orphelinat). Un sans faute confirmé jusque dans les mixages 5,1 ( Français et espagnol) embarqués sur la galette argentée. Rayon supplément, il faudra se contenter d'un making of. Mais ce n'est déjà pas si mal ;)



Un  film « formellement » réussi
Une édition DVD techniquement haut de gamme
Une bobine trop convenue pour être brillante