Madness: Critique



Nous continuons ce jour notre descente infernale dans les entrailles du back catalogue de l'éditeur français Emylia avec Madness. Quelque part entre le survival en règle et la péloche tournée entre copains, Cette curiosité en provenance de Suède ayant reçu un accueil  plus glaciale que fluide de la part de nos confrères les plus pédants, nous nous sommes dit qu'il ne pouvait s'agir d'un mauvais films. Et il n'est pas tous les jours facile d'être la contre culture de la contre culture...



Jenna et Tara sont en route pour un concours de “Pom-pom girls ». ( Et à Ecranbis, On adore les concours de Pom pom girls) A une station essence elles décident d’aider deux garçons dont la voiture est tombée en panne. Ce que les jeunes ignorent c’est qu’ils sont poursuivis par un groupe d' autochtones consanguins dont l’unique plaisir est de tuer. Après avoir été kidnappés et enfermés, leur survie est la seule chose qui compte... Si à la lecture de ce savoureux pitch, vous vous dites qu'on vous a déjà fait le coup, vous n'êtes pas seul. Le Survival étant devenu le terrain de jeu de tout bon cinéaste sans le sous, le genre accouche avec une déconcertante régularité de decalco-movies tournés sans moyens et avec les pieds , ou mieux avec moyens mais sans talent. ( On ne donnera pas les noms mais Captifs, Calvaire & co en sont de somptueux exemples). Il y a quelques années encore nous vous aurions dit qu'à force de tirer sur la ficelle, la corde menaçait de lâcher d'un instant à l'autre. Manque de chance , nous sommes en 2011 et le dernier fil reliant le Torturo-survivo-porn à l’intérêt des spectateurs a rompu depuis belle lurette. Avec Madness, les trois suédois de Stockholm Syndrome débarquent donc par le biais d'une thématique rongée jusque à l'os, au beau milieu d'un champs miné.



Fort heureusement réalisé avec trois queues de cerise, MADNESS parvient à s'attirer une certaine sympathie chez le cinéphile déviant et pour une fois sans jouer d'un seconde degré cache misère. Conscient de l'indigence du fond, nos cinéastes désargentés ont donc ostensiblement soigné la forme. Madness se pare d'un scope et d' un cadrage salvateur. A condition de faire l'impasse sur la froideur numérique de l'ensemble , le tout dégage une esthétique certaine. Attention , l'amateurisme n'est jamais bien loin , mais il faut bien le concéder, Madness tire ses 88 minutes vers le «Z -  haut du panier » . Comme quoi on peut être fauché comme les blés et avoir un minimum le sens de l'image. Un bonheur ne venant jamais seul, l'acting est décent et les filles sont jolies. (Si en plus vous avez de la bière au frigo...).



Considéré pour ce qu'il est, une joyeuseté vidéo maline au point de nous faire prendre la campagne Suédoise pour l'Amérique profonde et les efforts déployés par notre bande de faussaires s'avèrent au final distrayants, Madness est certe un DTV dispensable mais pas désagréable Pour tout dire comparé aux quelques Zéderies frenchy pétant à 20 mètres au dessus de leur culs et sur lesquelles une certaine presse, voir un certain web spécialisé s'est extasié jusqu'à que mort s'en suive, cette péloche frelatée tient la route. On espère par contre que Sonny Laguna,  David Liljeblad,  Tommy Wiklund s'offriront pour leur prochain métrage quelques sorties de routes thématiques ... Car si les 3 suédois ont certainement trop regardé « texas Chainsaw massacre » , nous aussi....


Histoire d' immortaliser la chose, Emylia s'est fendu d'une édition minimaliste. Le film, tourné en anglais est présenté sans doublage français en VOST et avec l'accent local en prime. La galette embarque un court métrage produit par Stockholm Syndrome, un diaporama du tournage et quelques bandes annonces.Un maigre butin qui devrait toutefois satisfaire le cinévore déviant venant de se soulager d'une huitaine de petits euros.