AOKIGAHARA, la forêt des suicidés: Review

AOKIGAHARA, la forêt des suicidés

8 janvier 2013, l'éditeur Atlantic BD dévale les pentes du fantastique et inaugure sa collection horreur avec «AOKIGAHARA, la forêt des suicidés». Une bande dessinée d'El Torres et Garbiel Hernandez, dont la singularité est d'envoyer son héros, un expatrié yankee au contact de spectres japonais en colère. En attendant de voir débarquer en 2014, l'adaptation cinématographique de Hideo Nakata (The ring 1 & 2, Dark Water), Ecranbis.com est parti explorer les profondeur d'une forêt tout sauf enchantée ...

 
AOKIGAHARA

Fraîchement arrivé au Japon, Stan s'amourache de Masami... Mais au fil des mois, leur histoire d'amour semble prendre l'eau et le couple perd pied. Un soir, le jeune américain décide de couper les ponts. Les torrents de larmes de la belle n'y changeront rien et Stan disparaît dans les entrailles de la nuit. Là où l'attendent Takashi, son collègue de travail, et l'entreprenante Midori. Ce qu'il ignore encore c'est que Masami, brisée par la peine, a renoncé à la vie et que son fantôme assoiffé de vengeance ne tardera pas à frapper... Pendant ce temps, Ryoko, une jeune garde forestière a la triste tache de surveiller la forêt de Aokigahara, 35 km carré de bois à la funeste réputation. On y vient de tout le Japon pour commettre l'irréparable, et c'est précisément là que Masami a mis fin à ses jours.

AOKIGAHARA comics


Depuis 1993 et « Le guide complet du suicide » de Wataru Tsurumi, la forêt d'Aokigahara est devenue la Mecque japonaise d'un tourisme lugubre, celui de la fin de vie volontaire. En 2007 au pays du soleil levant, 1 % des suicides ont eu lieu dans la province de Yamanashi, la plupart dans ce bois situé au pied du mont Fuji. Conséquence directe, le lieu est de venu le théâtre de moult légendes urbaines. Un sinistre mais providentiel creuset pour l'imaginaire populaire et une source d'inspiration pour El Torres et Gabriel Hernandez. Ce qui est frappant pour commencer c'est que Aokigahara porte le code génétique d'un choc civilisationnel. Une œuvre d'occidentaux baignée dans la culture asiatique, un héros américain, un décor japonais et, miracle, chaque pièce du puzzle trouve sa place. Nous voilà face à une peinture à la fois volontairement respectueuse, scrupuleusement documentée et en même temps très accessible pour le lectorat américano-européen. Ce qui explique en partie l'intérêt du cinéma pour cette bande dessinée. Depuis Ringu, de véritables ponts se sont crées entre le ghost Movie asiatique et la production fantastique occidentale. Et le process digestif, hollywoodien, le critiquable phénomène du remake a eu au moins la qualité d'entrouvrir des portes jadis fermées à double tour.

AOKIGAHARA, comics preview


Aokigahara surprend ensuite par une un récit très découpé qui juxtapose les destins de ses personnages dans un montage presque cinéma. Un peu comme si des mécanismes se mettaient un par un en branle … On est dans l'idée de la construction de l'inexorable. Tout pousse Stan, Ryoko et Massami à une confrontation aux frontières de la vie et de la mort dans un lieu à la frontière de la réalité et du fantasme. C'est également une bande dessinée racée, au trait cassant, aux couleurs froides, un univers échappant à la lumière, sans doute un peu à l'espoir. C'est en tous cas un livre qui se dévore d'une traite et qui impose ensuite de revenir sur ses pas, de flâner entre les cases. 11€95 dans toutes les bonnes librairies.

AOKIGAHARA

Auteur: Miss Z.