La dernière orgie du IIIeme Reich: Critique et test DVD



Visiblement décidé à s’attirer des ennuis et à les faire partager  au reste de la fantasticosphère numérique, Artus Films poursuit sa collection «Guerre et barbarie» avec candeur et ingénuité. Non content d'avoir accroché « Holocauste Nazi » au bout de sa ligne, l'ours est allé repêché « La dernière orgie du troisième Reich», bizarrerie transalpine si  indescriptible que plusieurs titristes y perdirent leur latin ( un comble pour un film italien) . La chose est ainsi connue  sous une série d’appellations incontrôlées dont nous retiendrons : La séquestrée des SS, Filles pour le bourreau, Deux filles pour le bourreau , Bourreaux SS, The Gestapo last orgy, Caligula Reincarnated as Hitler... Cette bobine, faut-il l'avouer un peu craignos, torchée par Cesare Canevari (le réalisateur du western hippie Matalo, dont nous vous avions dit du bien il y a quelques mois) valait bien un petit billet, éminemment gêné et passablement confus  de l'Ecranbis.com...

«La dernière orgie du IIIe Reich laisse un peu sans voix et d'ailleurs, chose plutôt rare du côté de chez Artus films, aucun bisseux ne s'est risqué à une analyse du film dans les suppléments...C'est dire !"

Oui, avant de déclarer une passion incontrôlable pour l'écologie de surface,  le trafic de compteurs et l'accueil tout azimut de réfugiés, l'Allemagne paya le prix fort d'un valse folle dans les bras d'un petit moustachue flippant. Désigné « enculé de première classe » ad eternam, le « Nazi » se devait d'incarner le mal absolu jusque dans les moindres recoins de la culture pop et ce  pour plusieurs décennies. Bien qu'il ne soit ni  spécifiquement, ni exclusivement italien, le genre appelé grossièrement «exploitation» et sans doute plus justement «Eros svastika» connu chez nos voisins transalpins,  un engouement aussi  passager qu'inexplicable. Mariant le cinéma WIP ( Women in prison) , l'horreur et plus spécifiquement le film de torture voire le grand guignol, l'érotisme tendance SM dans une contextualisation historique  sans queue ni tête. Film choc, Farce de mauvais goût ?  Il conviendra au spectateur de choisir le bon degré de lecture, ce qui en ces temps de crispation tient assurément de la mission impossible.



"Il conviendra au spectateur de choisir le bon degré de lecture, ce qui en ces temps de crispation tient assurément de la mission impossible. "



Il y a d'abord Lisa, blonde un peu fadasse et joufflue, dont le regard bovin semble trahir une indifférence certaine au monde qui l'entoure. Un mélange d'ennui et de culpabilité ordinaire, le petiote s'étant persuadée être à l'origine de la rafle de ses parents. Perdue dans la chaîne de production d'une Allemagne nouvelle et réduite à l'état de nourriture sexuelle, suffisamment appétante  pour que le troufion de base y risque la langue, Lisa accepte la destiné tragique qui est la sienne et attend la mort comme on attend un bus. Sans passion donc... Jusqu'à ce qu'un certain Commandant Conrad von Starker  décide par vice  de lui faire retrouver le goût de la vie... avant de la tuer. Lisa aura droit à un traitement de faveur, rappelant de loin mais quand même, celui réservé aux syndicalistes dans le monde du travail.  Une histoire d'humiliation vague, diffuse...faisant apparaître au fil des jours, la pysché défaillante d'un supérieur se rêvant bourreau et qui se réveille souvent subitement dans un tribunal ou dans un parking mal éclairé, selon que la victime ait le goût de la procédure ou des points de sutures...


"le jet de Cesare Canevari ne surprendra pas par la juxtaposition de scénettes évidemment choquantes et quelques concepts évidemment dérangeants mais bien par les tentatives d'habiller son conte Sadien d’effort de  contextualisation historique trop prégnants"


A l'issu de la guerre justement, le sadique Commandant Conrad von Starker échappe à la condamnation à mort, grâce au témoignage de Lisa qui feint avec brio le syndrome de Stockholm. Mais la femme est au vice, ce que Pif est à son gagdet.  Et Lisa, n'a en fait qu'une seule obsession, rendre la justice à sa manière... « Et ça sera pas du Taubira !». Entraînant, l'ancien gradé sur les lieux du crime, Lisa fait remonter les bulles de souvenirs à la surface de sa conscience... Ajoutant l’ingrédient «rape and revenge » dans une coupe et une croupe déjà pleines, le jet de Cesare Canevari ne surprendra pas par la juxtaposition de scénettes évidemment choquantes et quelques concepts évidemment dérangeants ( Scatophilie, cannibalisme...ne me refaite pas passer le plat, je crois que je n'ai plus faim) mais bien par les tentatives d'habiller son conte Sadien d’effort de  contextualisation historique trop prégnants. Oui il y a dans  « La dernière orgie du troisième Reich » de quoi mettre à l'épreuve son éducation juédo chretienne... ou sa morale laïque . Dit autrement : Fatche, mais il faut être complètement fada pour faire un film comme ça ! Même mon chat , pourtant très branché «oiseau'sploitation » a faillit tourner de l'oeil...

Franchement perturbant, «La dernière orgie du IIIe Reich » laisse un peu sans voix et d'ailleurs, chose plutôt rare du côté de chez Artus films, aucun bisseux ne s'est risqué à une analyse du film dans les suppléments...C'est dire !



Un œil sur le disque :

La chose est présenté dans un master acceptable et une copie 1.77 et par conséquent plein cadre. Pour les cages à miels du français et de l'italien (sous titré). La partie bonus offre elle, un diaporama et une fin alternative.

Cell Phone: critique et test Bluray


Stephen King n'en finit plus de coucher ses cauchemars et ses coups de flip sur le papier … Publié, il y a plus de dix ans déjà, son roman «Cellulaire» pointait d'un doigt tremblant le dieu smartphone et  faisait de nos petits compagnons connectées le vecteur d'une infection d'un nouveau genre. Bizarrement, la chose n'avait pas encore eu droit à une adaptation cinématographique ou télévisuelle digne de ce nom. «Enfin presque», tiqueront les connaisseurs. Il y avait en effet beaucoup de «Cellulaire» dans le très sympathique «The Signal» de  David Bruckner, Dan Bush et Jacob Gentry. C'est désormais chose faite avec «Cell» qui  nous parvient sous un nouveau titre «Cell Phone»  ( Il faudra qu'on nous explique un jour, cette mode des titres français en anglais) le 21 septembre prochain dans des éditions Bluray et DVD estampillées Marco Polo Production. C'est à dire quelques jours avant la sortie des disques américains... Fatche François Hollande aurait-il réussi  à  à inverser la chronologie des médias à défaut de la courbe du chômage ?  Ah non, le film était déjà disponible outre atlantique en VOD depuis un bail,  me souffle mon chat en train de remplir sa demande d’adhésion aux «Républicains». Sale Bête !



"Le bonheur est simple comme un coup de fil... Ou pas."

Le bonheur est simple comme un coup de fil... Ou pas. Dans  «Cell Phone», les criards et numériques « dring dring » des téléphones mobiles semblent célébrer l'apocalypse. Recevant simultanément un curieux appel, des millions d'américains sombrent dans la folie et l’hystérie. Les quelques chanceux en panne de batterie au moment du drame, échappent à ces bouffées délirantes et sanglantes mais vont devoir tenter de survivre dans un monde dévasté. Parmi eux,  un certain Clay Riddell (John Cusack ),dessinateur de bandes-dessinées  et Tom McCourt (Samuel L. Jackson). Stephen King est au scénario, Tod Williams, le réalisateur d'une des sequelles de Paranormal Activity, est à la barre et le duo Cusack/L.Jackson de Chambre 1408 se trouve réunit.





"Quelque part entre le périple post apocalyptique et cinéma zombie, sa critique sociétale en bandoulière,  le jet  de Tod Williams marque des points en tissant sa toile..."

 Sur le papier «Cell» promet beaucoup et au final,  n'en déplaise aux quelques critiques peu emballées traînant sur la toile, ne démérite jamais. Quelque part entre le périple post apocalyptique et cinéma zombie, sa critique sociétale en bandoulière,  le jet  de Tod Williams marque des points en tissant sa toile... Au point de faire parfois penser au ton si particulier des mini séries dont bien des œuvres du « roi de l'horreur» ont été l'inspiration. Redoutablement bien écrit et torché avec grand soin, « Cell Phone » n'a finalement qu'une seule et unique tare,  celle de contenir, voire de compacter son propos dans une grosse heure et demi. Personnages et intrigues auraient sans doute mérité plus à défaut de mieux.Un poil expéditif donc, « Cell » donne sans cesse l’impression d'un survol et souligne par la même occasion toute la difficulté de l'adaptation cinéma d'un œuvre littéraire.




"En boite depuis des lustres et resté bloqué des lustres  dans les limbes du septième art, en raison de grosse difficultés de distribution, Cell phone est indiscutablement une bonne surprise."

Ce qui n'est pas survolé par contre, c'est bien le message et le récit d'une alienation de l'humanité prenant la forme d'une mise en réseau. « Cell phone » est un film d'horreur pour les connected people.  Mais aussi et peut être  même surtout pour  les robins des toits, les anti ondes, les chercheurs de zones blanches, les inquiets de tout, les paranoïaques de tout poil. En boite depuis des lustres et resté bloqué des lustres  dans les limbes du septième art, en raison de grosse difficultés de distribution, «Cell phone» est indiscutablement une bonne surprise. Alors n'écoutez pas les plumes grincheuses, si vous aimez « King » ou si le cinéma zombie est votre dada, il y a de fortes chances pour que «Cell » vous emballe...






Un œil sur le disque :
Un master HD impeccable et respectueux du scope d'origine, des pistes françaises et anglaises sous titrée. Rien à redire si ce n'est une section supplément peu généreuse avec un court making off au ton très auto promo.









Holocauste Nazi: Critique et test DVD


Avant de devenir tabou et e nécessiter d’inquiétantes précautions, les représentations du soldat et de l'officier nazi ont offert au cinéma son meilleur ennemi, incarnant la mal d'un bout à l'autre de son uniforme, de la plus ostensible et économique des manières. Il suffirait de presque rien chantait Regiani... Une croix gammée dans l'arrière plan, quelques breloques, une moustache taillée trop courte, un brassard rouge coco et en avant Gretchen ! Oubliez donc effets spéciaux, maquillages et autres vains subterfuges, le monstre est à visage humain et oh miracle, il traverse le cadre à moindre coup. 


"le propos azimuté de Holocaust Nazi  a le mérite de ne reculer devant rien ou alors pas grand chose."

Les succès internationaux de quelques bizarreries notoires tels que Love Camp 7 puis « Ilsa : louves des SS», vont finir de titiller les artisans de la grande botte. Ce cinéma italien populaire magnifique et bouillonnant, dont la production frénétique rappelle le jeu de la Squadra Azzura. Un art de la contre attaque, un don pour la simulation, une spontanéité mariant candeur, je je-m’en-foutisme et un soupons d'arrogance (ma vaffanculo, vai! ). Sans oublier le talent d'avoir le cul bordé de nouilles. Le tout petit et minuscule courant qui va naître n'offrira aucune œuvre majeure mais continue par la seule force de sa proposition, de tourmenter (un peu inutilement faut-il l'avouer) bisseux moraliste et cinéphiles humanistes. Érotisme, nazisme et torture, la mixture est évidemment de mauvais goût, j'en conviens et n'accoucha pratiquement, vous en conviendrez, que de mauvais films. Mais l’hystérie qui, aujourd'hui encore, accompagne l'analyse du genre et pousse tout observateur à dégainer pincettes et justifications, m’apparaît comme un peu, pardon my french, «Too Much». 

"des scénettes érotico-grand-guignolesques, parfaitement ahurissantes, qui  brillent d'autant plus qu'elles semblent parfaitement déconnectées du semblant de récit que Luigi Batzella tente d'imposer"
 
Et en matière de «Too Much» justement , le propos azimuté de « Holocaust Nazi » (La Bestia in Calore) a le mérite de ne reculer devant rien ou alors pas grand chose. Quelque part dans les chaudes entrailles de l'Italie, quelques partisans tentent de faire front à un nazisme très ambiant. Mais c'est mal parti,ces cons ne sont même pas aperçu qu'ils jouaient dans un autre film («Quand la dernière grenade explosa» toujours du sieur Batzella). Tandis que l'on crapahute et palabre sans raison dans la montagne, la château accueille une princesse d'un genre nouveau. La Dr Ellen Kratsch, fidèle lectrice de «jeune et nazi» caresse l’espoir de peaufiner l’œuvre divine et de créer une nouvelle race d'homme à la virilité supérieure. Le premier prototype est fonctionnel mais pour la carrosserie ce n'est pas encore ça.... Hésitante entre l'homme et le singe, enfermée à double tour dans une cage, la créature réclame chaque jour son lot de chair à étreindre, prenant systématiquement soin de lacérer son amante lorsqu'il ne s'agit pas carrément de lui bouffer la chatte...Au sens malheureusement pas vraiment figuré. 




"Holocauste Nazi suscite toutefois et contre toute attente, l’intérêt. Par ses crises de démences, par sa pseudo Dr Frankenstein et sa créature dont on finit par se demander laquelle est la plus monstrueuse"

 Travailleuse (c'est bien là une qualité très féminine), la belle Ellen propose même ses services (pour ne pas écrire ses sévices ) lorsqu'il s'agit de faire parler les villageois fraîchement happés. La méthode miracle doit autant à la torture qu' à une présumée extase que seul les bourreaux atteindront à priori. Mais bon un sur deux, c'est déjà un bon pourcentage. Ces scénettes érotico-grand-guignolesques, parfaitement ahurissantes brillent d'autant plus qu'elles semblent parfaitement déconnectées du semblant de récit que Luigi Batzella ( Aka Paolo Solvey, Aka Ivan Kathansky) tente de construire. Et ce n'est ni quelques stockshots honteusement piqués à un film yougoslave (d'après les dires du vénérable Christophe Bier dans les suppléments du disque), ni l'attaque drolatique d'une maquette d'avion ou  encore moins un dérapage malvenu dans la comédie qui permettra de raccrocher les wagons. 


"Holocauste Nazi devrait faire forte impression sur vos étagères et vous assurez encore quelques longues soirées célibats"
 
Complètement à côté de la plaque et totalement abracadrantesque, Holocauste Nazi suscite toutefois et contre toute attente, l’intérêt. Par ses crises de démences (dont certaines sont pratiquement irracontables), par sa pseudo Dr Frankenstein et sa créature dont on finit par se demander laquelle est la plus monstrueuse et qui finiront fort logiquement par s'affronter dans un ultime corps en corps titanesque. Mais surtout par la magnétique présence de la frêle Macha Magall, démon à visage d'ange. Le bourreau faites femme d'Holocauste Naiz tourne le dos aux formes généreuses et à la poitrine rebondie de très caricaturale Ilsa... La force du personnage du Dr Ellen Kratsch n'en est à l'écran que renforcée. « Con comme lune » et par conséquent indispensable à tout bisseux digne d'explorer les abîmes cinématographiques de la douce Italie, Holocauste Nazi devrait faire forte impression sur vos étagères et vous assurez encore quelques longues soirées célibats. Il y a en effet ici de quoi faire fuir même la plus désespérée de vos conquêtes d'un soir. Merci Artus... 


 


Ein œil sur le disqueuuu  Fraulein

La chose nous arrive dans un master plein cadre à la qualité honnête accompagné de pistes françaises et italiennes et de sous titres français. La section bonus offre un entretien avec Christophe Bier, un diaporama et des films annonces. 14€ et des poussières...C'est pas cher !

4 Western US chez Artus


En septembre et octobre 2016, Artus Films revient au western américain en deux vagues et pas moins de quatre disques . La vallée du Solitaire, L'ultime chevauchée, Le trésor des collines rouges et Les cavaliers du crépuscules. Bref de quoi arroser son salon de balles perdues et bloquer quelques soirées automnales. C'est un peu hors ligne éditoriale, on sait, on sait... mais Ecranbis.com a décidé de faire un peu de place dans ses colonnes numériques pour fêter ces sorties comme il se doit.


La vallée du solitaire

Plus connu pour ses activités de romancier (Prisonnière du désert, Le vent de la plaine) et de scénariste, le vénérable Alan Le May s'essaye pour le première et dernière fois à la réalisation en 1950. Ce sera « High Lonesome » qui deviendra deux ans plus tard « La vallée du solitaire » sur les écrans français. Un grand film d'action en technicolor promet l'affiche, tout accroché (et là c'est moi qui le dit ) aux bottes d'un certains John Barrymore Jr, fils de John Barrymore et futur père de Drew Barrymore (vous savez cette petite blonde qui n'a pas dé-cuité depuis ses 12 ans). On y raconte les mésaventures d'un adolescent et de son blouson en Jeans déchiré (Pour faire genre) qui pour échapper l’extrême rudesse de la vie au ranch, vont se retrouver en fort mauvaise posture dans une petit ville texane. Par chance (quand même, tout ne peut pas être noir) un ange aux yeux de biche et au prénom de fille de garagiste (Meagan) va croiser sa route.La facture serait d'un classicisme à s'auto-sclaper mais jamais pénible... Très aidé par le petit regard mignon et déterminé de son héroïne et une copie qui ne démérite pas. Attention toutefois, pas de doublage français en vue. Il faudra se contenter d'une piste originale sous titrée. Fatche Jacques Toubon ne va pas être content.
L'ultime chevauchée

Moins ambitieux que «La vallée du solitaire» ( et peut être beaucoup moins à dire vrai) , «L'ultime chevauchée» se classe sans beaucoup d'hésitation dans les westerns de deuxième classe. Tout occupé par une énième problématique de propriété terrienne, le jet d' Albert C. Gannaway n'aurait rien de spécifiquement excitant si l'affiche ne réunissait deux noms célèbres. A ma droite, un Lee Van Cleef encore loin de sa carrière italienne. A ma gauche, un certains Jim Davis, connu pour ses nombreuses apparition dans le western US de seconde zone et de multiples apparitions télévisuelles dont la plus connue restera sans doute la série Dallas, dans laquelle il interprétera le personnage de Jock Ewing. Sortie en 1957 sur les écrans Etats uniens et au début des années 60 dans l'hexagone, l'Ultime chevauchée peinera un peu à justifier son titre ronflant. Ce n'est pas grave, car le spectacle proposé, bien que minimaliste, tiendrait aux dernières nouvelles à peu près la route. Les anglophobes convaincus doivent être avertis. La chose est présentée uniquement en version originale anglaise. Toutefois des sous titres français sont proposés. L'honneur est sauf !


 
Le trésor des collines rouges

Disponible à partir d'octobre, Le trésor des collines rouges (Treasure of Ruby Hills) serait resté complètement inédit en France, n'aurait lui non plus bénéficier d'un budget indécent. Ce qui ne l’empêche pas de s'offrir les services du texan moustachu Zachary Scott et le regard perçant d'un Lee Van Cleef. Au menu, un nouveau choc des titans entre deux propriétaires terriens (décidément, le western américain est très terre à terre) souhaitant mettre la main sur la région de Rubby Ills. Cette production Allied Artist, tournée en noir et blanc au milieu des années 50  a la réputation d'être modeste mais pas inintéressante. Allez, les amoureux du westen yankee lui  trouveront bien un petit quelque chose. Artus films en propose en tous les cas  une édition  très convenable mais uniquement, il faut le savoir,  anglophone.(Mais des sous titres français accompagneront votre visionnage). Pour se consoler, le sympathique Georges Ramaïoli assure, comme sur les autres titres de ces deux salves, les présentations dans la partie supplément. Et nous on soutient George !





Les Cavaliers du crépuscule
 
Dernière péloche à se glisser dans...la platine (vous avez eu peur hein ?). Les Cavaliers du crépuscule mise lui aussi sur la rivalité deux propriétaires de ranch mais s'autorise également le retour d'un frère disparu et un peu de rivalité sentimentale.(Quelles fouteuses de merde ces gonzesses !) Connu sous le titre "The Sundowners" aux USA, et sous le nom "Duel au Texas" chez nos frangins belges, "Les cavaliers du crépuscule" fut mis en boite en 1950 et en technicolor s'il vous plait (et si ça ne vous plait pas , ça sera quand même technocolor) ,  par le texan George Templeton sur un scénario d' Alan Le May (La prisonnière du désert de John Ford). Un premier long métrage pour le cinéaste qui s'est fait la main depuis le milieu des années 30 en qualité d'assistant réalisateur. Mais également une première traversée du cadre pour le jeune John Drew Barrymore. Toujours rayon cast, deux Roberts fameux ( Preston et Sterling) se partagent l'affiche et  assurent le show. On ne l'a pas vu mais on est sûr que cette production entièrement shootée en extérieur vaut son pesant de cartouches. C'est disponible à partir de début octobre.



We are still here : Critique et test DVD


Vous l’avez sans doute remarqué, EcranBis.com a baissé le rideau tout l’été et opère un démarrage timide “This fall” comme diraient nos cousins d’outre atlantique, comprendre cet automne. Et oui, le web fantastique n’échappe pas à la grisaille ambiante. Si l’on y regarde bien, une partie conséquente des sites historiques consacrés au cinéma de genre et de manière plus large à l’actualité vidéo, tournent désormais au ralenti, lorsqu’ils n’ont pas tout simplement déposé la clef sous la porte. La faute au temps qui passe, aux forces qui s’épuisent, au vampire facebook, à un marché de la vidéo déclinant et peut être surtout à l'absence de véritables perspectives d’évolution. Loin de moi d’occuper le banc des chouineurs, le monde est fait pour tourner. Et justement, les choses tournent plutôt bien pour le cinéma horrifique US. Un temps coincé entre le téléfilm pour SYFY et le reboot PG13, l’imaginaire couché sur pellicule a repris du  poil de la bête.Il y a dans le flot des péloches à venir ( Le très intelligent “Viral” ou le trippant “Cell phone” pour prendre deux exemples) de quoi satisfaire plus d’un cinévore . Et puis il y a “We are Still here” que la presse digitale  yankee nous a bien vendu et qui pointe le bout de son nez ces jours ci en France, grâce aux efforts de Factoris Films. “We are Still Here”...Tiens voilà un titre qui colle bien avec l’état d’esprit du moment. On est encore là, pour combien de temps, on ne sait pas, mais on est encore là…

“We Are Still Here affiche un classicisme  à toute épreuve. Un scope qui balaie une Amérique à glacer le sang, une vieille bicoque sous la neige, des givrés plein le voisinage… "


On nous avait dit, attention messieurs pour sa première réalisation, le producteur Ted Geoghegan (Barricade, 100 tears…) a joué la carte du “Old School”. On ne nous avait pas menti, dès ses premiers tours de bobine, “We Are Still Here” affiche un classicisme  à toute épreuve. Un scope qui balaie une Amérique à glacer le sang, une vieille bicoque sous la neige, des givrés plein le voisinage et ce couple fraîchement déménagé… Deux pions fuyant la fureur des villes et la mort d’un fils, décidés à faire table rase d’un passé douloureux. La baraque,  immense, était l’affaire du siècle. Mais le coup de fusil ne pouvait que cacher quelques cadavres dont les placards de toute campagne digne de ce nom, ont le secret.  Ted Geoghegan cadre la bâtisse et ses alentours, sous tous les angles,  enfin surtout les plus scabreux, avertissant ainsi le spectateur. “Quand c’est pas cher, c’est que ça va devenir l’enfer”.

" Ted Geoghegan mise  sur les bonnes vieilles manières. Tout se joue en finesse dans la pénombre ou l’apparition de silhouettes inquiétantes dans les arrières plans"

Les voisins préviennent aussi mais restent suffisamment énigmatique pour ne pas ruiner un très attendu “twist” final et les arrivés successive d’un électricien, d’une médium et de son couillon de compagnon finiront par mettre les nouveaux propriétaires sur une piste… Il y a quelque chose à la cave ! Assez subtil pour ne pas se frotter de trop près à l’imagerie numérique, We are still here mise  sur les bonnes vieilles manières. Tout se joue en finesse dans la pénombre ou l’apparition de silhouettes inquiétantes dans les arrières plans jusqu’à une conclusion aussi gore qu’inattendue. Certes il n’est pas faux d’écrire que le jet de Geoghegan se voit quelque peu terni par son manque d’originalité et   par une photo inconstante (Les extérieurs sont sublimes, les plans intérieurs fades à en mourir). Mais il y a dans cette ballade fantastique enneigée, ce petit supplément d'âme, cette petite folie qui en font une proposition à minima intéressante.Tout comme il faudra reconnaître au cinéaste un don certain pour la mise sous tension.

Barbara Crampton dans un clin d'oeil savoureux aux griffes de la nuit...

Pour ne rien gâcher, l’ex Starlette de la galaxie Band, Miss Barbara Crampton (Re animator, From Beyond), certes un peu (beaucoup) défraîchie, assure le show, très aidée par l’ex madame Burton, Lisa Marie (la prostituée extraterrestre de Mars attack) en médium un peu à l'ouest. Certes un peu économique, “We are Still Here” se classera sans trop de mal aux rayons des premiers jets honorables et des séries B consommables. “ça ne casse pas des briques mais la maison était en bois” me souffle mon chat. Les félins sont déconneurs quand même...

C'est un peu comme pour le PS, ça sent le roussi...


Un œil sur le disque:

Factoris films présente We are Still Here dans son scope d’origine et dans un master SD saillant. La chose s’accompagne de pistes anglaise (sous titres français disponibles) et d’une piste française. La section bonus offre un court making of et un commentaire audio à réserver cependant aux anglophones. Une édition très correcte.

La maison, un personne à part entière...