Basket Case 1 et 2 : Critiques et Test Bluray


Alors que l'été 2016 tire ses dernières cartouches et que les baigneuses commencent à faire la moue, Carlotta Films livre les amateurs de «mauvais genre» en galettes haute définition. Sous l’étendard «Midnight Collection», l'éditeur français entend en effet revisiter les années VHS. Un effort débuté au mois de juillet 2016, dans les bas fond de l'action flix ricain (Le droit de tuer, Blue Jean Cop, Le Scorpion rouge, Maniac Cop...Rien que àa) et qui trouve prolongement dans l'exposition de quatre métrages signés par le cinéaste New Yorkais Frank Henenlotter. De quoi rentre les retours au bercail et à la grisaille plus supportables ? Ecranbis.com est en tous cas sorti de son mutisme estival pour célébrer ces sorties inespérées... 

"Une Œuvre emblématique du cinéma underground américain du début des années 80"


Œuvre emblématique du cinéma underground américain du début des années 80, Basket Case ou Frère de sang ne serait sans doute jamais sortie du panier des séances de minuit et du circuit fermé des cinémas de quartier, si les dieux de la Home Vidéo ne s'était pas penché sur son curieux berceau. Chevauchant Betamax et VHS, le premier jet d' Henenlotter connaîtra un succès planétaire au point d'être à ce jour considéré, au même titre qu'une poignet d'autres bizzareries notoires ( Evil Dead, Maniac...) comme la cale étalon d'un genre, une œuvre fondatrice pour ne pas écrire un classique dont la renommée échappe en partie au ghetto du cinéma de genre. Pourtant, rien ou pas grand chose ne prédestinait ces 91 minutes à une entrée fracassante dans la culture pop ou l'histoire du cinéma. Un tournage en 16mm, quelques dizaines de milliers dollars US en guise de budget, un amateurisme réjouissant... Mais visionné plus de trente ans après sa sortie les écrans, Basket Case étale miraculeusement ses maladresses et sa ringardise passagère comme les plus précieuses des qualités...


"Basket Case étale miraculeusement ses maladresses et sa ringardise passagère comme les plus précieuses des qualités..."


Dit autrement , Frères de sang est traversé par la non esthétique grindhouse, la pauvreté de sa direction d'acteur, l'absence de sophistication dans le cadrage et la lumière ( Même si on sent chez Henenlotter, quelque chose qui tend vers une construction plus élaborée de l'image) la frontalité qui caractérise le cinéma de genre sous terrain de l'époque. Comprendre, un cinéma qui de par ses tares et la brutalité de sa facture, de façon quasi génétique, presque malgré lui donc, fait corps à la réalité. Ce courant né dans le cinéma d'horreur de la fin des années 60 chez Romero, va au début des sacro saintes 80's s'habiller de décors urbains, crasseux, de récits glauques. Et ce qui peut être le plus intéressant et frappant, c'est qu'on sent à travers ces bobines et à travers «Basket Case » en particulier, que les tournages sont au moins aussi miséreux et sordides que ce qui a bien voulu imprimer la pellicule. 



"Basket Case n'est peut être pas un grand film mais paradoxalement un film majeur."
 

Dans Frère de sang, l'horreur semble d'abord intellectualisée par un récit aussi abracadabrantesque perturbant. Duane Bradley, trimballant son frère siamois et monstrueux enfermé dans un panier dans les rues d'un Manhattan miteux. Mais l'horreur s'y veut aussi étalé de façon graphique. Basket case est un film impudique, qui donne à voir, qui embrasse le spectacle grand guignol, le cinéma de Gordon Lewis. Indiscutablement novateur, Basket Case trempe dans un second degré et un cynisme complètement inattendu, qui vont devenir à la fois la marque de fabrique du cinéaste mais également un élément constituant du cinéma d'horreur américain. De manière évidente, des bobines comme Street Trash, The refrigerator et j'en passe, sont des films qui lui répondent. Sanctuarisé par la critique, peut être, sans doute même, un peu sur évalué, Basket Case n'est peut être pas un grand film mais paradoxalement un film majeur. Un bout de bobine sur lequel il faut avoir poser les yeux pour comprendre les deux décennies de cinéma horrifique qui le suivent.
"Une suite tardive..."


Suite tardive (puisque 8 ans la sépare du film qu'elle tente de prolonger), Basket Case 2 déplace son action de Manhattan à Staten Island. New York un jour, New York Toujours ? Une chose est sûre, pour les frères Bradley, s'en est terminé des ruelles sombres et des quartiers malfamés. Duane et Belial trouve refuge dans une villa cossue abritant une communauté de monstres. Frank Henenlotter s'attaque à l'Amérique des pavillons et aux secrets soigneusement cachée dans les placards de la bourgeoisie yankee ? Difficile à dire tant cette sequel semble guidée par le seul opportunisme de la SGE (Shapiro-Glickenhaus Entertainment), société visiblement décidée à capitaliser sur la renommé de Basket Case pour créer une franchise horrifique. Le budget (estimé à 2,5 millions de dollas US) entraîne Henenlotter loin des tâtonnements amateurs et des bricolages de Frere de sang, premier du nom. 


"Basket Case 2  installe Duane et Belial aux panthéons des monstres fameux."
 
Le film joliment photographié et cadré, trempe dans le jus de son époque, un entre deux décenies marqué les premiers signe d'essoufflement de la home vidéo et d'un genre lui même tiraillé entre son goût pour le trash et la tentation d'un cinéma grand public. Basket case 2 est donc marqué par un changement de ton et de facture, entraînant la série vers une horreur plus commerciale. Le film n'en est pas pour autant assagi ou timoré dans son goût pour la provocation mais le propos tourne plus volontiers à la farce et au burlesque. Et il faut bien constater que si l'on excepte la présence des siamois maudits et de quelques images de Basket Case en début de métrage, cette suite n'a finalement plus grand chose à voir avec son modèle. Elle en constitue dans le meilleur des cas un ersatz aux accents cartoonesques, qui explique à lui seul la relative disgrâce d'un réalisateur jusqu'ici auréolé par deux œuvres magnétiques : Basket Case et Brain Damage.

Pourtant à y regarder de plus près, Frère de sang, deuxième du nom réussit la transformation d'une obscurité pelliculaire underground en franchise, et installe Duane et Belial aux panthéons des monstres fameux. En prime, des effets spéciaux nombreux et dont le charme désormais désuet ne manquera pas de taper dans l’œil des amateurs de vieilles choses. 




Un œil sur le disque :

Déjà disponible en DVD dans édition très convenable, Basket Case nous arrive dans un master HD 4/3 plutôt coquet, accompagné de pistes audio DTS-HD Master audio monophonique en langue anglaise et française, ainsi que de sous titres français. Carlotta Films a pratiquement fait l'impasse sur les suppléments proposant une bande annonce en version originale et haute définition. Dommage l'édition DVD estampillée BAC Vidéo proposait elle quelques bonus intéressants.

Même sentence ou presque pour Basket Case 2 avec un très beau master HD 1080p plein cadre 1.78 et de pistes DTS HD Master Audio monophonique en ce qui concerne le doublage français et stéréo pour la piste anglaise sous titrée.

Basket Case 3, Frankenhooker : Critique et test Bluray




"Versant dans le loufoque et l'absurde, cette ultime tour de piste des frères siamois a le mérite de déposer sur la table tous les ingrédients de la cuisine Henenlotter. Grand guignol, difformité, sexe et humour noir."

Au crépuscule de vacances d'été, les baigneuses commencent à faire la moue et Carlotta Films livre les amateurs de «mauvais genre» en Bluray inattendus. Sous l'étiquette «Midnight Collection», l'éditeur français entend en effet exhumer quelques «perles» des années VHS. Un effort débuté il y a quelques semaines, par une virée dans les ruelles sombres de l'action flix ricain (Le droit de tuer, Blue Jean Cop, Le Scorpion rouge, Maniac Cop...Rien que ça) et qui trouve un audacieux prolongement dans l'exposition de quatre métrages signés par le cinéaste New Yorkais Frank Henenlotter. De quoi rentre presque supportable de la tronche de raie de votre patron lorsque vous rentrerez au boulot ? Ecranbis.com est en tous cas sorti de sa torpeur estival pour célébrer ces sorties inespérées... 


"Une dernière turbulence offerte par une série B américaine en pleine métamorphose."

En 1991, Frank Henenlotter offre une dernière (du moins à ce jour) aventurette pelliculaire à Duane et Belial, les deux personnages de son premier long métrage. Basket Case 3: The Progeny clôturera une riche période d'activité pour le cinéaste qui vient de réaliser pas moins de quatre films en 3 ans (Brain Damage, Basket Case 2, FrankenHooker dont nous vous parlons un peu plus bas). Mais l’œuvre marque également le début d'une longue pause dans sa filmographie. Durant 16 ans, le réalisateur New Yorkais disparaît pratiquement des écrans radars pour réapparaître par la porte dérobée du low budget et du Direct to Vidéo avec «Bad Biology» Basket Case 3, fut donc longtemps (C'est à dire jusqu'en 2008) considéré comme une œuvre quasi testamentaire. Une dernière turbulence offerte par une série B américaine en pleine métamorphose.



Versant dans le loufoque et l'absurde, cette ultime tour de piste des frères siamois a le mérite de déposer sur la table tous les ingrédients de la cuisine Henenlotter. Grand guignol, difformité, sexe et humour noir. Mais entraîné par son propre élan, le propos glisse dans la farce. Le cinéma de Lloyd Kaufman n'est plus très loin et par bien des aspects, Basket Case 3 rappelle les plus fréquentables et délirants efforts de la mythique TROMA. De fait, ce troisième opus poursuit le virage amorcé par le second. Duane et Belial, humain monstrueux ou monstre humain, traversent pratiquement le cadre à la manière d'un duo comique, tout comme Freddy Kruegger, le cauchemardesque croquemitaine des « Griffes la nuit» se transformera de suite en sequelle, en vedette, en  personnage de comédie, un animateur vaguement effrayant et bout en train. Le prix à payer d'une entrée dans la culture populaire.

Basket Case 3 est donc au même titre que Basket Case 2, une œuvre de déconstruction mais n'en reste pas moins jouissive par son jusque boutisme et son goût pour la provocation. Un film fou, peut le plus déconnecté et décomplexé de la trilogie

"Frankenhooker constitue une pièce de choix dans la filmographie de Frank Henenlotter et une œuvre assez représentative de la fin des années 80."


Réalisé un an plus tôt mais toujours sous la houlette de la SEG (Shapiro-Glickenhaus Entertainment) , Frankenhooker constitue une pièce de choix dans la filmographie de Frank Henenlotter et une œuvre assez représentative de la fin des années 80. Il y a d'abord le titre «Frankenhooker», littéralement «FrankenPute» qui ramène aux titrages farfelus qui encombrent les linéaires de vidéoclubs d'alors ( Hollywood Chainsaw Hookers, Sorority Babes …) Il y a surtout la promesse d'un mythe revisité, celui du Prométhée moderne de Mary Shelley, celui de la créature de Frankenstein ou plus exactement son alter égo féminin apparu pour la première fois à l'écran au milieu des années 30. Le vestige pelliculaire d'une première fièvre horrifique hollywoodienne et d'une Universal triomphante est déjà reviendra à intervalles réguliers hanter le cinéma d'exploitation de façon franche (La promise de Franc Roddam ), modernisé (le Weird Science de John Huges ou plus récemment le très mauvais Hotbot) , par la bande (Cherry 2000) ou de la plus irrévérencieuse des manières. (Comme dans "The Bride of Reanimator" ou  dans le film qui occupe aujourd'hui ces colonnes numériques).


"Il y a surtout la promesse d'un mythe revisité, celui du Prométhée moderne de Mary Shelley, celui de la créature de Frankenstein ou plus exactement son alter égo féminin apparu pour la première fois à l'écran au milieu des années 30."


La créature chez Henenlotter devint naturellement objet sexuel, un être composite (un assemblage de membres de prostitués) modelée pour répondre au désir et à l'amour (la frontière est ici plus que jamais flou) de son créateur, quelque part en l'animal empaillé,  l'être cybernetique et le sex toys de chair.





Un œil sur les disques : 

Dans les deux cas, Carlotta nous livre des masters haute définitions 1080/24p plein cadre 1.78 au piqué acéré. Autant dire que l'on redécouvre complétement les deux oeuvrettes. Côté Frankenhooker, on a droit à des pistes audio DTS HDMA stéréo en version originale ou en doublage français. (Sous titres français disponible). Côté Basket Case 3, il faudra de satisfaire d'une piste VO sous titrée en DTS HDMA stéréo. L'éditeur semble décidé à faire l'impasse sur les suppléments et ne propose qu'une bande annonce.




Harcore Henry: Critique et test Bluray



Après avoir magistralement ramené le cinéma russe dans le cœur des fantasticophiles et dans les standards internationaux du divertissement pour salles obscures (Nightwatch), Timur Bekmambetov aurait pu se satisfaire d'une villa cossue sur les collines hollywoodiennes et d'une carrière de faiseur prodige. Mais le réalisateur russe qui a crée sa propre société de production (Bazelevs Production) au milieu des années 90, entendait certainement embrasser un tout autre destin. Spécialiste des coups fumants , Bekmambetov a ainsi misé quelques billes sur l'Appolo 18 de Gonzalo López-Gallego, l'« Unfriended» de Levan Gabriadze et plus récemment encor esur «Hardcore Henry», concept movie par excellence, en entièrement tourné en vue subjective... ça sort ce mois ci en Bluray et DVD chez Metropolitan (Distribution Seven 7), Ecranbis a tenté l'aventure...

"Au départ était un vidéoclip devant autant à l’esthétique du First person Shooter qu'aux souvenirs émus de vacances sportives tournés à la caméra sportive. "



Au départ était un vidéoclip devant autant à l’esthétique du First person Shooter qu'aux souvenirs émus de vacances sportives tournés à la caméra sportive. 40 millions de vue sur Youtube, l’emballement médiatique en prime, le carton plein se transforme en compte de fée lorsque Timur Bekmambetov, flairant le bon coup, décide de transformer l'essai en long métrage. Les internautes sont mis à contribution et raclent les fonds de poches pour permettre la production de ce qui restera le premier (et peut être le dernier) long métrage entièrement tourné à la Gopro. De part cette spécificité unique, par sa seule et unique facture, Hardcore Henry a toute les qualités du «film à buzz», auto qualifié pour l'export et les bavardages de salons désormais numériques. Restait-il à savoir comment ce qui occupait 5 minutes de cerveau disponible pour  l'internaute de moins de 20 ans pouvait remplir le grand écran durant une heure et demi.

"le jet explosif de Ilya Naishuller donne à voir à la chaîne, de façon orgiaque mais ne raconte rien ou si peu que la gratuité de la violence qu'il expose vire au trop plein et à l'écœurement."



Arche-bouté sur l'action, étalant sa spectacularité avec rage certes mais aussi un goût certain pour la répétition, Hardcore Henry échoue et termine sa course folle loin du podium. Trop épileptique, saccadé et sans cesse parasité par sa propre forme, le jet explosif de Ilya Naishuller donne à voir à la chaîne, de façon orgiaque mais ne raconte rien ou si peu que la gratuité de la violence qu'il expose vire au trop plein et à l'écœurement. Il cache également dans son arrière boutique le fantasme d'une immersion intégrale, de la substitution du héros par le spectateur qui redéfinirait le rapport au 7e art en qualité d’expérience strictement sensorielle, débarrassé d'intellect. Hardcore Henry est au cinéma d'action, ce que les vidéo POV sont à l'industrie pornographique. Un gonzo dont vous êtes le héros.

"Il cache également dans son arrière boutique le fantasme d'une immersion intégrale, de la substitution du héros par le spectateur qui redéfinirait le rapport au 7e art en qualité d’expérience strictement sensorielle"

 

Plus fatiguante que novatrice, la proposition de Naishuller interroge aussi sur sa nature d'opéra barbare, sur cette fascination pour le réel qui pousse les jeunes gens à déserter les salles de cinéma et faiseurs de rêves, au profit de vidéos en ligne et de promoteurs de cauchemars. Ce qu'on ne pourra pas enlever à Hardcore Henry, c'est bien d'être le fruit d'une époque et d'offrir une vision du 7e art aussi déformante que le «Fish eye» qui fausse durant 90 minutes sa perspective.


Un œil sur le disque :

Comme à son habitude, Metropolitan livre un disque techniquement parfait. Un master Haute définition irréprochable en flat 1.85 doublé de piste audio anglaise (sous titres français disponibles) et française. On notera la présence d'une section bonus consistante avec des scènes coupées, des interviews et deux commentaires audio.


Le casse : Critique et test Bluray



"On croyait Nicolas Cage cantonné aux cachetonnages honteux dans un Hollywood de seconde classe, porteur du mauvais œil qui entraîne une carrière vers le fond."

 On croyait Nicolas Cage cantonné aux cachetonnages honteux dans un Hollywood de seconde classe, porteur du mauvais œil qui entraîne une carrière vers le fond. Oui l'Amérique et ses champs du possible à perte de vue sont, qu'on le veuille ou non, un puzzle à double face..Un château de cartes que l'on fait et défait à volonté d'un claquement de doigts. Un highway qui se prend dans les deux sens et  à toute berzingue. C'est ainsi que les étoiles tombent, c'est ainsi qu'un Lugosi, vedette de l'Universal termina dans les bras d'un Ed Wood, c'est ainsi qu'en plein age d'or du cinéma populaire italien, les  stars américaines vinrent par wagon (pour ne pas écrire par avions),  recycler une gloire passée ou soigner  un vedettariat déclinant...Au risque d'égarements plus ou moins notables. Que dire du peu bandant «Tokarev», polar miteux et vidéastique, que dire de «Le chaos»  œuvrette de propagande évangéliste et apocalyptique planquée sous le masque du disaster movie ? Dernier «Nicolas Cage» a accoster les plages françaises, «The Trust» devenu «Le casse» pourra-t-il renverser la vapeur ? Réponse en bluray et DVD le 3 août dans vos vidéoastores et dès aujourd'hui sur Ecranbis.com.

"C'est un jeu de contraste qui occupe une bonne partie du métrage des frères Brewer. Le Vegas que l'on attend, et celui qu'ils nous offrent, un Ocean Eleven de ripoux gentiment loosers qui accouche sur le plus âpre des polars..."

Las Vegas, temple du vice, déposé par les dieux en plein désert du Nevada. Là où l’Amérique vient se perdre dans tous les sens du terme. Loin des cartes postales scintillantes offertes par le strip, « la ville du péché» offre un autre visage. Un Vegas de périphérique à l'architecture sans âme, des campements  de béton aux faux airs de banlieue dans lesquels les petites mains d'une machine à rêve s'activent. C'est un peu Manhattan vue de Brooklyn dans  le «Lo Squartatore di New York » de Fulci... Une question d'envers du décors et d'autre point de vue sur le rêve américain. C'est aussi et peut être surtout un jeu de contraste qui occupe il faut bien l'avouer une bonne partie du métrage des frères Brewer. Le Vegas que l'on attend, et celui qu'ils nous offrent, un Ocean Eleven de ripoux gentiment loosers qui accouche sur le plus âpre des polars...


"il faudra se lever de bonheur pour détecter dans la proposition des frères Brewer un peu de compassion … même ordinaire. Ainsi va l'Amérique semble souligner une bande originale faussement hors propos."

Comme souvent la forme suit le propos, brouillant les pistes avec jubilation. "Le casse" est un sac de nœuds, un film dans lequel tout finit par se contredire. Tantôt esthétisée, tantôt brutale, toujours hésitante, la réalisation ne cesse, en fait, de suivre les tergiversations des ses anti héros jusqu'à un dénouement à la logique défaillante. Peu importe, le message a été saisi, flics, putes et bandits sont fait de la même trempe, embrassent la même folie... et méritent par conséquent le même sort. Dit autrement, il faudra se lever de bonheur pour détecter dans la proposition des frères Brewer un peu de compassion … même ordinaire. Ainsi va l'Amérique semble souligner une bande originale faussement hors propos. Nicolas Cage lui retrouve aux côtés d'Elijah Wood , un jeu à la hauteur de son rang. Jerry Lewis apparaît furtivement dans le cadre à contre emploi. Pas mal se dit-on, en sortant la galette du lecteur... Même si «Le casse» se perd un peu dans son propre script et se laisse aller au bavardage, il n'en reste pas moins un petit polar indé présentable. Parfois brillant, parfois éteint...Mais présentable. Retour gagnant pour Cage ? Peut être pas encore, mais nous voilà déjà un peu rassurés. 



Un œil sur le disque :

Metropolitan DVD (Distribution Seven 7) livre un Bluray au master haute définition haut de gamme. Le casse est présenté dans son jus, un beau  Flat 1.85 en version originale sous titrée et version française. On regrettera l'absence de sous titre anglais mais on se consolera avec une section bonus dévoilant les coulisses du films.


La nuit des diables: Critique et test Bluray



Après «Le Venin de la peur» et «Exorcisme tragique», Le chat qui fume offre un visa pour la haute définition à «La notte dei Diavoli/La nuit des diables». Au programme, une œuvre quasi testamentaire pour un Giorgo Ferroni (Le moulin des supplices) en bout de bobine pour ne pas écrire en fin de parcours. Une ballade tantôt horrifique, tantôt mélancolique trempant un récit librement inspiré de Tolstoï, dans les profondeurs boisées d'un «trou du cul du monde» grisailleux et arraché au temps. Mais également une édition 3 disques, massive et que l'on aurait pu croire quelque peu disproportionnée si le spectacle délivré ne constituait une prise de choix pour les amateurs de mauvais genre. Chose promise, chose due, l'Ecranbis.com tire sa révérence estivale sur ce dernier papier diaboliquement bis, singeant l'aussi épique qu'ubuesque sortie d'un accordéoniste auvergnat et présumé leveur de princesse sur le point d'un céder place... « Au revoir »

  "Une ballade tantôt horrifique, tantôt mélancolique trempant un récit librement inspiré de Tolstoï, dans les profondeurs boisées d'un trou du cul du monde grisailleux et arraché au temps."

 Retrouvé désorienté en plein campagne Nicola ne parvient plus à assembler le puzzle de sa vie mais ses pensées sont toutefois régulièrement traversées par des image insensées et écœurantes. Les carabins s'inquiètent, les infirmières s’émeuvent, mais rien n'y fait, le jeune homme ne sait plus trop où il campe, ni même si il est venu en tente ou en caravane. L'arrivée d'une pimprenelle à priori à amoureuse à son chevet va toutefois l'aider à remettre de l'ordre dans ce passé fuyant. Il se revoit traversant les bois à toute allure et par une péripétie automobile, atterrir dans une ferme isolée. Recueilli pour la nuit par une famille de peczous aux croyances quasi moyen-ageuses, Nicola prend son mal en patience et se décide pour tuer le temps d'entreprendre la fille cadette de la famille: La douce Svenka, qui précisément a l'air de s'emmerder un peu et ne cache guère son impatience de rencontrer le loup, voire de le suivre à la ville pour faire les soldes.

«La nuit des diables  prend des airs de poème pelliculaire...et de songe éveillé"

Les yeux doux s'échangent, les corps se frôlent, sous le regard impassible d'une frère très occupé à grimper sa veuve de tante et d'un patriarche décidé à mettre fin à un terrible fléau transformant les membre de la famille en créatures démoniaques. Mi morts, mi vivants...Un peu vampire mais sans les dents. (La rime est offerte) Malheureusement avant que les réparations de la voiture de Nicola soient terminé (Vous connaissez les promesses de garagiste ?), la mort va frapper.


"Une film d'atmosphère donc, un film crépusculaire également"

Formidablement classique dans son propos mais paradoxalement aussi très moderne dans la forme de son récit (le choix d'une narration en flashback et d'une fin frôlant le twist de peu), «La nuit des diables » prend des airs de poème pelliculaire...et de songe éveillé.De fait, le jet de Ferroni marque au moins autant par ses incursions( au passage parfaitement gratuites voire illogiques) dans le gore et l’érotisme que par la profonde tristesse qui se dégage des décors, et peut être de ses personnages égarés entre la vie et la mort. Une film d'atmosphère donc, un film crépusculaire également puisque «La nuit des Diable » restera l'une des dernières cartouches du cinéma fantastico-gothique transalpin Au fond, il n'est pas interdit d'y voir disparaître une forme d'imaginaire traditionnel, folklorique...Bientôt supplantée par une horreur plus moderne, parfois plus citadine mais toujours plus frontale...Et déjà en partie et de façon prémonitoire contenue dans «La nuit des diables »


"...et l'une des dernières cartouches du cinéma fantastico-gothique transalpin"

Au rayon des choses remarquables, Gianno Garko et sa moustache poilante tente d'échapper au Western spaghetti, genre lui même déclinant. On murmure qu'Agostina Belli n'a jamais été plus belle à l'écran ( D'ailleurs dans les bonus, elle est encore comestible... Quoi ? Faites pas les choqués ! C'est bon la vieille ! ) et Carlo Rambaldi , qui une décennie plus tard s'inspira de Régine pour créer l'E.T. De Steven Spielberg, s'est vu confier la réalisation des effets spéciaux. C'est dire si vous auriez tort de ne pas troquer un peu de votre temps de baignade pour cette ballade en territoire fantastique. En tous les cas, si votre porte monnaie ne vous permet pas de faire coup double, c'est sur celui ci qu'il faut miser.



Un œil sur le disques :

Nous parlions d'édition massive et il faut bien avouer que «Le chat qui fume» a sur sa dernière ration vidéatisque placé la barre haute. Un digipack 3 disques (1 Bluray et 2 DVD) proposant le jet de Ferroni dans un master 1080p impeccable et dans son scope d'origine. Pour le plaisir des cages à miel, de l'italien et du français en DTS HD Master audio et Ac3, ainsi que des sous titres français. Côté suppléments, c'est l'ivresse. Le contenu se passe littéralement de commentaires :

Présentation du film par Olivier Père, interviews d'Agostina Belli, de Gianni Garko, Cinzia de Carolis, Giorgo Gaslini, Nino Celeste. Un début alternatif français, un livre audio, un rip de la VHS française et des fillms annonces. C'est orgiaque !