Subspecies : Critique et Test DVD





Beaucoup moins connue en France que la saga «Puppet Master», la série «Subspecies» est l'une des nombreuses franchisettes lancées sous l'étendard Full Moon par ce coquin de Charles Band. Aux sanguinolentes commandes de cette vampirerie filmique d'anthologie, nous retrouvons une autre étoile de la galaxie «Empire», un fidèle du prince du «low budget» : le réalisateur scénariste Ted Nicolaou. Profitons de l'édition DVD du premier volet chez nos amis de Bach films pour plonger dans la face sombre de la Roumanie et du cinéma de genre... Tout un programme !


"Subspecies dont l'idée sort tout droit du cerveau fumant du grand Charles sera le premier film américain réalisé en Roumanie après l’effondrement du régime Ceausescu"
Dis donc,tu connais pas la lime à ongles toi ?

Ne vous fiez aucunement à son nom, Ted Nicolaou est américain. Il étudie à l'université du Texas et débute au milieu des années 70 comme technicien son sur l'une des bobines les plus marquantes de la décennie, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. C'est en qualité de monteur et en 1979 que notre homme entre dans la famille Band. Il travaille en effet sur deux petits films : Tourist Trap (Le piège) de David Schmoeller et The Day Time Ended (La jour de la fin des temps) de John Bud Cardos. C'est le début d'une longue et surtout prolifique histoire d'amitié. Dans les années 80, les bobines majeures de l'Empire Pictures passent par les mains expertes de Ted. L'alchimiste, Trancers (Future cop) réalisé par Band Lui même, Ghoulies, Zone Troopers, Robojox, The Dungeonmaster. C'est d'ailleurs sur ce dernier film à sketches que Charles Band lui laisse une chance de passer à la réalisation. Il rebondira deux années plus tard en mettant en scène un film qu'il a lui même écrit et qui constitue sans aucun doute l'une des plus belles réussites d'Empire : le délirant Terrorvision dans lequel une famille venant d'installer une antenne parabolique flambante neuve, commence à recevoir d'étranges programmes extraterrestres. (toujours aussi incroyablement et injustement inédit en Zone 2) Il se fendra également en 1988 du script de L’Assaut des Killer Bimbos, petite comédie improbable désormais considérée comme culte.

"David Allen, le monsieur effets spéciaux d'Empire/Full Moon est appelé au secours et débute un curieux travail de sauvetage. Il confectionne de petites créatures animées en stop motion ou de façon traditionnelle  et récupère les prises tournées en Roumanie"

attachée et la miche à l'air ... Merci qui ? 


Mais il lui faudra attendre l’avènement de la Full Moon pour s’asseoir à nouveau derrière une caméra. Subspecies dont l'idée sort tout droit du cerveau fumant du grand Charles sera le premier film américain réalisé en Roumanie après l’effondrement du régime Ceausescu. Un tournage qu'on dit compliqué, dans un pays troublé, avec des techniciens ne parlant pas tous très bien anglais (ou pas du tout) et surtout peu familiers des effets visuels dont le film est censé regorger. Les plans mettant en scène les petites créatures du film seront initialement réalisés sur place avec des acteurs Roumains en costume dans des décors de grande taille. Mais le résultat, très perfectible, (à voir dans les bonus du disque, c'est édifiant) ne satisfait heureusement personne. David Allen, le monsieur effets spéciaux d'Empire/Full Moon est appelé au secours et débute un curieux travail de sauvetage. Il confectionne de petites créatures animées en stop motion ou de façon traditionnelle (par des tiges pour les séquences lives) et récupère les prises tournées en Roumanie. Il ne gardera que les débuts ou fin de séquences correspondant au décors sans figurants pour incorporer par Chroma Key (Ecran bleu) ses propres bestioles.

- Vous avez un très beau cou !
- Vous êtes espagnol ?


Bizarrement, dans le résultat final, les petits monstres qui ont donné tant de mal à la production n'auront qu'un rôle très secondaire. Ils n'y apparaissent même que très brièvement. Plutôt que de glisser dans la bobine monstrueuse, Subspecies accroche ses spectateurs aux baskets de deux étudiantes américaines (Michelle et Lilian) débarquant en Roumanie pour en étudier le folkore et les légendes. Elles y rejoignent une enfant du pays : Mara. Nos 3 jeunes filles en fleurs (ou en feu, on ne sait pas trop) ignorent encore que non loin de là, dans le lugubre château du non moins lugubre roi vampire Vladislas, Radu (son fils maudit et banni) est venu après des années d'exil mettre la main sur une relique magique et ancestrale : la pierre de sang. Emprisonné par Vladislas dans une cage de fer, Radu s'arrache trois doigts qui se transforment instantanément en créatures démoniaques. Libéré par ces petits démons, Radu assassine son père sauvagement (Œdipe quand tu nous tiens!). Dans le même temps, nos trois innocentes rencontrent une jeune homme séduisant et mystérieux, le beau Stephan qui n'est autre que le frère de Radu... Un vampire bien intentionné qui n’hésitera pas à affronter son frère pour sauver les jeunes femmes... et accessoirement la relique.


"Subspecies présente un récit de suceur de sang classique, fait de pieux plantés dans le cœur, de morsures et de cercueils."

Qui a éteins la lumière ? 


Vous l'aurez sans doute compris en parcourant le synopsis ci dessus , Subspecies présente un récit de suceur de sang classique, fait de pieux plantés dans le cœur, de morsures et de cercueils. Élément notable et concédons le amusant, deux visions du mythe vampirique s'affrontent dans ces mêmes 90 minutes. Radu, être monstrueux, blanchâtre, à la silhouette inquiétante et aux interminables griffes évoque sans retenue le Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau. Ted Nicolaou multiplie par ailleurs les clins d'oeil, laissant traîner l'ombre des mains de Radu sur les murs et la peau de ses victimes. Son frère Stephan est lui plus Draculesque, au sens romantique du terme, un jeune homme, grand, brun et séduisant (Angel de Buffy ou Twilight avant l'heure). A ce propos très manichéen répondent en chœur une réalisation appliquée profitant des extérieurs roumains,  quelques jolies séquences d'effets visuels et les joli minois de ses jeunes actrices principales. Pas de quoi faire une entrée fracassante dans l'histoire du fantastique, me direz vous. Mais reconnaissons à ce Subspecies, premier du nom, une grande qualité. Celle de délivrer un spectacle bisseux diablement amusant. Le plaisir de revoir (même furtivement) Angus Scrimm, l'éternel Tall Man du chef d'oeuvre de Coscarelli : Phantasm , en prime !


Il n'en faudra en tout cas pas plus pour que Full Moon mette en chantier une suite tout aussi mordante... et dans laquelle Ecranbis.com ne manquera pas de planter ses canines... Oh vous succubes de l'enfer vidéastique, ne vous éloignez pas trop de nos colonnes démoniaques et numériques.


Un œil sur le disque: 


Aucun éditeur français n'avait jusqu'ici montré le moindre intérêt pour ce film, ce DVD Bach film est donc une vraie bonne nouvelle. Les indécrottables amateurs de Full Mooneries carabinées peuvent donc se ruer sur la chose.Le disque n'utilise pas le dernier transfert FHD réalisé pour l'édition Bluray du film mais on ne fera pas la fine bouche. En guise de supplément  on a même droit à The Devil Bat avec Berla Lugosi




Eegah et L'infernale poursuite: Critiques et test DVD



Et voici la troisième et ultime chronique de l'Ecranbis.com consacrée au dernier jet éditorial de Bach films et à sa collection Freaksploitation. Un dernier tour de piste en compagnie des monstres les moins sacrés (quoique...) du septième art. On vous parle de l'amour fou d'un géant préhistorique pour une ravissante adolescente mais également d'un homme sans jambe mais pas sans surprise, le tout avec humour et mauvais esprit. Si les digipacks flamboyants de Eegah et l'infernale poursuite vous faisaient de l’œil, vous êtes tombé du bon côté du web...Ne touchez à rien, on s'occupe de tout.

"Eegah, un titre un peu ridicule pour une déclinaison préhisto-contemporaine de la Belle et la bête"
La même année que le glorieux « Carnival of souls » ( dont nous vous parlions il y a peu) vint le moins glorieux Eegah. Titre évidemment ridicule pour une déclinaison préhisto-contemporaine de la Belle et la bête. Dans laquelle, Roxy, fleur de l'amérique profonde, voit débarquer dans sa vie en plein désert et en pleine nuit, un homme sauvage de deux mètres. «Ohrrr Il est cromagnon ! » se dit-elle courant expliquer sa rencontre du mauvais type à son paternel qui se trouve être le réalisateur du film. C'est ce qui s'appelle faire une pierre deux coups. Le vieux s'élance à la recherche de cette curiosité générique mais tarde à revenir. Tant et si bien que Roxy et son fiancé rocker du dimanche partent à son secours. Roxy enlevée retrouve son papa poule et parvient à sympathiser avec Eegah, l'homme préhistorique mais celui-ci semble avoir quelques idées coquines derrière la tête et le feu au calbute. Roxy va-t-elle passer à la casserole ? Vous le saurez en regardant Eegah!

"Très curieux, parfois un peu long mais toujours complètement braque, le métrage vaut surtout par la présence de l'imposant Richard Kiel."



Très curieux, parfois un peu long mais toujours complètement braque, le métrage vaut surtout par la présence de l'imposant Richard Kiel. Le géant ne tardera pas à refaire parler de lui dans un rôle mordant, celui de Requin dans deux aventures cinématographique de l'agent britannique 007 «L'espion qui m'aimait» puis «Moonraker»... Fort de son propos azimuté et de sa réalisation lourdingue, Eegah a au fil des années acquis le statut de nanar culte et se trouve même être souvent citer parmi les plus mauvais films de la création. Une raison de plus de se jeter sur cette galette réjouissante et très inattendue.


Dans un genre différent, l'infernale poursuite nous projette dans les derniers tours de bobines des sacro saintes seventies. Le pitch tient pratiquement sur un ticket d'autoroute: Deux policiers se retrouvent à enquêter sur un dealer de drogue, un certain Mr d'Angelo dont l'homme de main n'a pas de jambe ( sic!) mais deux fusils scotchés au fauteuil roulant. Ricou Browning, qui fut la Creature from the Black Lagoon dans le film éponyme et réalisateur de seconde équipe sur deux James Bond ( Jamais plus jamais, Opération Tonnerre) prend les commande de ce polar misant sur handicap de son personnage titre ( du moins du titre original américain, Mr No Legs, littéralement Monsieur Sans Jambes) et sur le concept scénaristique de la poursuite.

"En plus de quelques scènes aussi mémorables que ridicules, L'infernale poursuite parvient à installer le plus insoutenable des suspens. Le spectateur va-t-il survivre à ce visionnage ?"


En plus de quelques scènes aussi mémorables que ridicules, L'infernale poursuite parvient à installer le plus insoutenable des suspens. Le spectateur va-t-il survivre à ce visionnage ? Si on le visionne 3 fois à la suite devant son miroir, est-ce qu'Olivier Bach apparaîtra dans notre dos ? Qu'est-ce que je vais manger ce soir ? Quel age ont les frères Bogdanov ? Bref, tandis que la puissance nanarde dégouline de l'écran, L'infernale poursuite incite au voyage intérieur. Le doublage français est à la hauteur du chef d’œuvre...Nhésitez pas à vous faire une compilation des meilleurs moments en MP3, ça peut vous sauver un tout aussi infernal périple sur l'A7 entre Lyon et le Grau du roi.

" ...la puissance nanarde dégouline de l'écran !"




Un œil sur les disques :
Tous comme les autres titres de la collection Freaksploitation , Eegah et l'infernale poursuite bénéficie de digipacks jaunes de chez jaunes, de master 4/3 qui suffiront sans doute à satisfaire les amateurs de curiosité. L'infernale poursuite est proposé accompagné d'une piste française, ce qui n'est pas le cas D'Eegah, proposé en VOSTF. Dans les suppléments une dose de Bier, un dose de tambours de Fu Manchu ! Y' pas à dire, on est gâtés !


Les monstres du Kung FU, Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin : Critique et test DVD


Oyé...Oyé ! Braves Bisseux, aux portes de Noël, profitant de la féerie ambiante, Bach Films a décidé de faire de la concurrence au vieux bonhomme rouge (Pas Mélanchon, l'autre...) et de garnir les pieds de nos sapins de galettes que nous n'avions pas demandé. Mais qu'on prendra quand même! Pour la nouvelle année, une nouvelle collection et des galettes quasi foraines... Cul de jatte, manchot, géant... et j'en passe sont convoqués sur nos petits écrans pour un Freaksploitathon épique. 

De quoi réparer les méfaits d'un visionnage massif de téléfilms sirupeux, envahissant les programmes TV chaque année à la même époque. L'équipe d'Ecranbis.com, amputé de son rédacteur en chef, s'est fendu d'une série de chroniques évidemment partiales, bêtes et méchantes pour fêter l’événement. On commence aujourd'hui avec Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin...et Les monstres du Kung Fu. Accrochez-vous à vos slips, ça va branler dans les bambous !

"Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin souffre d'un titre à rallonge mais pas seulement puisqu'il est également imprécis."

Sortie en VHS chez Fil à films dans sa «Série Karaté», Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin souffre d'un titre à rallonge mais pas seulement puisqu'il est également imprécis. Oui sur les 7 incroyables artistes martiaux promis par cet interminable titre, vous devrez vous en mettre sur l'oreille ou ailleurs ( Je sais que certaines de nos lectrices et de nos lecteurs ont l'imagination fertile , envoyez nous vos selfies, on est curieux) Le titre anglais «Six Heroic Figures» avait donc vu plus juste... Peu importe, cette prodigieuse petite production Taïwanaise du début des années 80 nous place face à un vieux maître de Kung Fu ayant la particularité de dormir les yeux ouvert mais également de réfléchir avec ses pieds En effet afin d'accomplir la plus périlleuse des missions, il ne trouve pas meilleure idée que de convoquer tous les estropiés et infirmes ayant un jour eu le privilège de suivre ses précieux enseignements.

" Ne vous fiez pas aux apparences, car nos valeureux et hardant guerriers ne sont pas diminués d'un poil, ils maîtrisent l'art ancestrale du Kung Fu et sont prêts à se battre jusqu'à la mort"


Ainsi un bossu, un manchot, un aveugle, un canard boiteux, un attardé mental mais également une jeune femme belle et muette (la femme parfaite donc) vont constituer une armée de bras cassés chargée de porter un décret impérial de l'autre côté du pays et vont devoir composer avec le tyranique et sale Lo ( Oui je sais elle est un peu lourde). Ne vous fiez pas aux apparences, car nos valeureux et hardant guerriers ne sont pas diminués d'un poil, ils maîtrisent l'art ancestrale du Kung Fu et sont prêts à se battre jusqu'à la mort [Spoiler]Ce qui tombe bien [/spoiler] Les scènes de combats semblent interminables, les dialogues ( Merci le doublage français) sont indigestes, le master fait ce qu'il peut, Christophe Bier convoquet dans les Bonus n'a pas grand chose à dire sur le film et d'ailleurs nous non plus ! Mais qu'est ce qu'on se marre ! Achetez le en double, vous pourrez le voir en stéréo ! 

Toujours à la croisée des chemins entre le cinéma à tatannes et la Freaksploitation, voici venir «Les monstres du Kung Fu» qui connu une ribambelle de titrages farfelues à travers le monde  : The Crippled Masters, Miracle Kung Fu, Il colpo maestro di Bruce Lee. Mr Bier dans les suppléments évoque même un Manchot et cul de jatte passent à l'attaque … Ce Métrage Made in Hong Kong a la particularité de choisir pour héros un tandem d'artistes particulièrement marquant. 

En effet le premier n'a (presque) pas de bras, le second n'a (presque) pas de jambes. Oui je sais c'est (presque) incompréhensible.Mais ces mutilations n'ont pas ôté à ces frères de douleurs l'envie d'en découdre. Ils vont apprendre que l'un dans l'autre, ou plutôt l'un sur l'autre (je ne voudrais pas créer de faux espoir à des lecteurs ayan prist le Bis d'Ecranbis pour ce qu'il n'est pas), il leur sera possible de poursuivre l'odieux responsable de leur destin et de prendre une revanche digne de ce nom sur ce bourreau infâme !

"Ce métrage Made in Hong Kong a la particularité de choisir pour héros un tandem d'artistes particulièrement marquant. En effet le premier n'a presque pas de bras, le second n'a presque pas de jambes !"


"Howard Vernon assure le doublage du vieux mystique chargé s'enseigner aux deux malheureux l'art de combattre en tandem"

Il va sans dire que le seul intérêt de ces «Monstres du Kung Fu» tient aux particularités anatomiques de ses interprètes et la façon peu commune dont elles se complètent. Autrement dit passée la surprise, l’intérêt retombe un peu. Les amateurs de Cinéma Bis seront heureux d'apprendre qu'Howard Vernon assure le doublage du vieux mystique chargé s'enseigner aux deux malheureux l'art de, pardonnez le Ségonlisme, la complétitude. Bref, un disque à priori réservé aux amateurs de curiosités notoires mais qui pour sa folie conceptuelle mérite que les autres y jette un coup d’œil ! 



Un oeil sur les disques :

Ces deux titres sont issus de la même collection et embrassent par conséquent le même type de packaging: Un digipack aux couleurs "tape à l’œil". Les films sont présentés dans des masters 4/3 moyens mais sont la rareté de ces pépites fait avaler la pilule. Vous ne trouverez de toute façon pas mieux. Pour le plaisirs ds portugaises, du doublage français d'époque en mono. La partie supplément offre un épisode des Tambours de Fu Manchu ainsi qu'une présentation des films par Christophe Bier en personne.

Diamond Ninja Force et Golden Ninja Warrior : Critique et test DVD



Grâce à la force incommensurable du temple de l'Ecranbis.com, vous, vénérable lecteur,s allez découvrir la double puissance du double ninja. Oui, amateurs de paires de claques et de coups de pieds dans les burnes, vous qui avez été oublié, que dis-je maltraité par les forces occultes de l'édition vidéo occidentale, vous allez enfin mettre un terme à plusieurs décennies de malédiction. Des lustres après le coffret ninja d'Artus films, les guerriers enturbannés s'invitent sur nos petits écrans pour double programme d'exception. A la droite de ma gauche, Diamond Ninja Force, à la gauche de ma droite Golden Ninja Warrior. Le tout pour moins de 10€ les deux ...Si j'étais vous, je n'attendrai même pas de lire la chronique de peur qu'il n'en reste plus !

"Faisant de l'arnaque pelliculaire un art, Ho Chi Kueng, dit Godfrey Ho est entré dans l'histoire du cinéma d’exploitation."

Faisant de l'arnaque pelliculaire un art, Ho Chi Kueng, dit Godfrey Ho est entré dans l'histoire du cinéma d’exploitation. Spécialisé dans le film d'art martial et le cinéma Ninja, l'homme et son complice Joseph Lai (C'est pas beau...de se moquer) se sont fait connaître par une remballe perpétuelle de productions hong kongaises et obscures, le tout agrémenté de séquences dignes de capter l’intérêt ou à minima d'attiser la curiosité du spectateur americano européen. Pour ce faire, Ho a développé une véritable science du montage, mélangeant les bobines, les intrigues de créations locales à des scènes (mal)tournées avec des acteurs non asiatiques...Ou mieux encore faisant apparaître là il n'y en avait nul besoin (si ce n'est un besoin très commercial) les fameux ninjas qui fascinèrent nombres de jeunes hommes prépubères dans les années 80. Certains se reconnaîtront sans doute.Que la honte vous terrasse ! Vous et votre descendance ! 


"Ce double programme édité par Bach films ravira donc le lectorat de Nanarland.com, autant qu'il pourrait constituer la porte d'entrée d'un genre"

Le grand blond avec une tunique rouge

Évidemment la technique ou plutôt le tour de passe passe a ses limites et si les nombreuses œuvrettes de Mr Lo ont la particularité de susciter chez le cinéphile éduqué, une forme d'extase, voire une sorte d'orgasme, elles sont surtout observées à travers le prisme d'une cinéphilie ricaneuses. Ce double programme édité par Bach films ravira donc le lectorat de Nanarland.com, autant qu'il pourrait constituer la porte d'entrée d'un genre ou plutôt d'une méthode. Bref si vous n'avez pas encore goûté aux plaisirs de la soirée Ninja, Bière et Pizza. C'est le moment de vous y mettre. Et attaquez par Diamond Ninja Force tiens !  Dans lequel on comprend très rapidement que l'on est en train de voir plusieurs films en même temps. Il y a Bernard Wong (Rien que le nom....), un entrepreneur découvrant des restes humains sur un terrain qu'il vient de racheter et qui ne vas pas tarder à fermer son parapluie et transmettre son héritage à sa fille. Il y a l'affrontement de deux clans de ninja, il y a aussi des revenants et des spectres....

"Bref si vous n'avez pas encore goûté aux plaisirs de la soirée Ninja, Bière et Pizza. C'est le moment de vous y mettre"

 
Mais il y a surtout la belle et fretillante moustache de Richard Harrison dont la femme est flagellée à mort  (Merci Jacques et Michel) et qui bien entendu va chercher à prendre sa revanche. Fantastique, arts martiaux et un soupçon d'auto justice. Il faut avouer que si la tambouille ne sent pas très bon, elle a du goût et bénéficie d'une traduction et d'un doublage français exceptionnel. ça s'écouterait presque sans voire l'image ! Dans un genre (pas si) différent, Golden Ninja Warrior part également de la mort d'un paternel (Simon Lee) pour mettre le feu à d'autres poudres. Dans l'introduction visiblement emprunté à Ninja terminator, Richard Harrisson apparaît sans le savoir. Le temps d'installer dans l'arrière plan l'affrontement de deux clans ninja ancestraux. Godfrey Ho joue ici la carte du Ninja au féminin et sentant visiblement que la sauce ne prend toujours pas, s'autorise à recycler quelques séquences salaces. 


Elle est fantomatique non ? 


Oui dans Golden Ninja Warrior, y'a de la miche malaxée, de la touffe à l'air ...Et en accéléré s'il vous plaît, histoire de décomplexer les éjaculateurs précoces ou de donner un petit côté furieux aux ébats. T'as rien compris, c'est du kung fu couchée vient de me dire ma télécommande dans l'oreille ! En dépit de ces tentatives maladroites, de la fameuse séquences du couteau à lame chercheuse (Anthologique ! Anthologique !) et de l'apparition ubuesque de ninjas durant le métrage, Golden Ninja Warrior est un poil moins excitant que Diamond Ninja Force. Mais quand même ! 

Un œil sur le disque :
Les masters sont 4/3 mais les formats d'origines sont respectées. Pas de pistes anglaises à se coincer dans l'oreille mais simplement un doublage français d'époque et monophonique. L'éditeur a eu la bonne idée de joindre à sa proposition les savoureuses bandes annonces des deux films. 


We are the champions....my friend .... weeeeee.....

L'invicible kid du Kung Fu: Critique et test DVD


Avec l’essor d'une cinéphilie sarcastique et moqueuse, Ernesto de la Cruz dit Weng Weng est devenu une «petite» icône du cinéma de genre. Découvert à 20 ans, cette acteur philippin de 90 cm a réussi à se faire une place sur les plateaux de cinéma...Le temps d'une carrière miniature et de claironner à la face du monde que «la bonne taille, c'est quand les deux pieds touchent par terre.» A l'aube d'une décénie haute en couleur, on lui offre un rôle à sa taille : Weng Weng devient l'agent double zéro dans une parodie de film d’espionnage : Agent 00 suivi de For Your Height Only . 

Titre faisant bien entendu référence à une des aventures pelliculaires de James Bond dans laquelle notre nationale Carole Bouquet faisant la plante verte rien que pour nos yeux.Le résultat du paraître suffisamment convaincant pour que les aventures de Weng Weng aux pays des espions soit prolongées d'un nouveau segment titrée The Impossible Kid ou L’invincible Kid du Kung Fu. Un voyage en classe éco dans le Manille des années 80. Dans lequel Weng Weng, agent d'Interpol affronte le diabolique Mr X. 


"Depuis les temps bénis de la vidéo locative, cette sainte relique s'échange en toute discrétion chez les amateurs de bizarreries notoires, pratiquement de slip à slip afin de ne pas éveiller la curiosité des collègues de bureau."


Quelque part en Europe, dans une obscure contrée de forme hexagonale, entouré d’ennemis héréditaires, les distributeurs se pincèrent le nez ! Peut être n'eurent-il même pas vent de l’arrivé d'un nouvel espion sur la scène internationale. For Your Height Only a beau avoir été distribué dans de nombreux pays, il ne sera pas présenté au public gaulois. L'éditeur Script Vidéo proposera toutefois sa suite L'invincible Kid du kung Fu en VHS. Nous sommes en 1984, Karen Cherryl tourne dans «J'ai rencontré le père Noël » ( Un chef d’œuvre, il va sans dire) et le peuple de France découvre Weng Weng dans 007 1/2 Rien n'est impossible … retitrage opportuniste mais de bonne foie. Car oui enfin non , rien n'est impossible, la preuve : on peut même plagier le logo iconique d'un matricule de légende! Depuis les temps bénis de la vidéo locative, cette sainte relique s'échange en toute discrétion chez les amateurs de bizarreries notoires, pratiquement de slip à slip afin de ne pas éveiller la curiosité des collègues de bureau. 

"L'invincible Kid du Kung Fu est un métrage radical... Demandant une certaine décontraction du cerveau gauche. Pour les cartésiens maladifs, les rationnels acharnée, l'usage de substances stupéfiantes est recommandé"


 
Chose étrange, alors que la popularité de Weng Weng a explosé sur la toile, notamment grâce à des sites comme Nanarland.com, aucun éditeur n'avait eu la bonne idée d'offrir un passeport numérique à l'agent double zéro. Alors que le support DVD est en train de tirer son chapeau, de fermer son parapluie et de casser sa pipe, c'est Bach Films, prolifique officine française qui s'est donc dévoué et a embarqué le titre dans sa toute nouvelle collection de digipacks « Freaksploitation ». La Weng Weng-mania est « en marche », elle aussi ! Quitte à citer Saint Valéry Zeitoun : On ne va pas se mentir... L'invincible Kid du Kung Fu est un métrage radical... Demandant une certaine décontraction du cerveau gauche. Pour les cartésiens maladifs, les rationnels acharnée, l'usage de substances stupéfiantes est recommandé. ( Pour ceux qui ont voté Hollande en 2012 vous pouvez le regarder sans préparation, à vous on peut tout vous faire gober !:)

"difficile de voir en L'invincible Kid du kung Fu, un chef d’œuvre passé à travers les mailles de la critique, il n'en reste pas moins un spectacle exotique, bizarroïde et définitivement amusant."

 
007 1/2 Rien n'est impossible tire l'essentiel de sa force comique d'un simple échange standard celui du beau gosse suisso britannique par un acteur au physique et à la coupe de cheveux improbable. Une simple question de degré de visionnage donc. Le reste est une vague voire très vague décalque Bondienne agrémentée de scènes d'action kungfuto-acrobatiques. Et il apparaît difficile de voir en L'invincible Kid du kung Fu, un chef d’œuvre passé à travers les mailles de la critique, il n'en reste pas moins un spectacle exotique, bizarroïde et définitivement amusant. Les nanarologues ont donc la permission de monter à bord, mais les autres peuvent également suivre. 




Un œil sur le disque:

Pour sa collection Freaksploitation , Bach Films a opté pour le digipack au visuel jaune rouge pétant. Des jaquettes à regarder avec des lunettes de soleil donc. Au programme un master 4/3 qui permet de visionner la pépite dans les conditions de l'époque, un doublage français particulièrement gratiné et une partie suppléments charnue dans laquelle le sieur Bier présente le film, une présentation de Weng Weng par l'australien Andrew Leavold, un clip musical, deux bandes annonces et l'épisode 5 des Tambours de Fu manchu. 15 Euros le tout..Ce qui ne fait pas chère la minute !