Vierges pour le bourreau : Critique et test DVD


Amis Cinévores, vidéo fétichistes et autres collectionneurs déviants: Soyez sur vos gardes. Artus Films est en embuscade dans les profondeurs cryptiques du cinéma fantastico-gothique transalpin et ne tire pas à blanc. Après «L'effroyable secret du Dr Hichcok» et «l'Orgie des Vampires», l'éditeur sudiste met les doigts dans le culte en éditant «Il Boia Scarlatto» devenu chez nous, peuple de France, Vierge (avec ou sans S, on vous laisse trancher) pour le bourreau. Ecranbis.com a sorti sa plus belle cagoule pour un tour de piste mortel...

 1648, John Stuart, dit le bourreau sanguinaire est condamné à mort pour avoir torturé jusqu'au dernier souffle des dizaines de victimes innocentes. Je reviendrai, je reviendrai, s'écria-t-il avant d'être sympathiquement poinçonné dans sa dernière demeure: Une vierge de fer. Sa dépouille promise à la putréfaction dans les sous-terrains de son château va néanmoins avoir, quelques 300 années plus tard, un peu de visite. Pour les besoins d'un fotoromanzi erotico-horrifique, Daniel Park, éditeur de son état investit les lieux accompagné par son équipe technique et quelques acteurs. Ils croient le château désert mais ne vont pas tarder à faire connaissance avec son actuel propriétaire. Un bourgeois glacial et un tantinet excentrique (si peu!) qui les invite à quitter le château sur le champs, avant de se raviser, reconnaissant dans le groupe, celle qui fut jadis sa promise. La belle Edith...


Alors que notre petit monde s'affaire à la mise en scène de scènettes coquines et morbides, de curieux évènements se produisent. En pleine séance photo, Perry se trouve par accident empalé. Raoul parti remplir la gourde (Comprenez visiter les catacombes avec Suzy) disparait. Le bourreau rouge a-t-il trouvé le moyen de revenir dans le monde des vivants et de terminer sa mission meurtrière ? Mystère ... mystère... Même si, doit-on l'avouer, l'identité de ce bourreau écarlate et bondissant n'aura rien au final de très surnaturel. Nous apprendrons en effet qu'il ne s'agit que du propriétaire du château, ce dernier persuadé d'être la réincarnation du tortionnaire ayant visiblement décidé de remettre la cagoule à la mode.


Tourné dans la foulée du «Cimetière des morts vivant» avec le lequel il fut exploité en double programme, notre «Bloody Pit Of Horror» (Son titre américain) peine d'abord à trouver son souffle. Scénario très classique, personnages stéréotypés(L'éditeur au morlingue en peau d'hérisson), acting approximatif et humour malvenu. Bref 30 minutes durant lesquelles c'est bien son spectateur que Pupillo torture. Fort heureusement, le calvaire est de courte durée et Massimo compose pour son super héros maléfique et notre plaisir oculaire une véritable symphonie du supplice, un torture porn avant l'heure dans lequel les jeunes filles seront sévèrement punies, ligotées, lacérées ou promises à la pierrade humaine.


 De l'eau (glacée) a depuis coulé sous les ponts et les châtiments ici exposés sembleront sans doute (y compris dans cette version intégrale) gentillets. Mais qu'on se le dise, il y a encore dans cette folie colorée et orgiesque de quoi délecter l'aventurier des bobines perdues. On retiendra la magnifique scène attachant la belle et exotique Kinogo à un terrible piège de cordes (façon toile d'araignée) ou celle du carrousel, à priori charcutée dans le montage américain, laissant furtivement apparaître (Oh my god ! Quel choc!) un téton.

 Restons dans les basses considérations charnelles et étonnons-nous du curieux titrage française promettant vierge (parfois au singulier, parfois au pluriel) pour le bourreau. En effet Dans «Il Boia Scarlatto», les filles ont les yeux qui crient braguette et ont visiblement perdu leur innocence il y a longtemps. Peu importe puisque ce spectacle coloré et excessif tient sa promesse (Le bourreau voit en effet rouge) et son lot de jolies filles en mauvaise postures.



 Test technique :

 Bonne nouvelle, l'édition Artus dont nous parlons aujourd'hui propose de découvrir le film dans ce qui semble être la version uncut italienne (83 minutes env), au format d'origine (1.85) et avec une qualité d'image superbe. Le disque embarque la piste italienne bien sûr, mais également un doublage français. Notons que certains passages ne sont pas doublés. Pas grand chose à redire si ce n'est un très légère désynchro (autour de 1h05, sur deux répliques). Dans la cave au bonus, un diaporama, les bandes annonces des autres titres de la collection et un somptueux entretien avec Alain Petit titré « Des Vierges pour Massimo ». On en redemande ! A commander dans ce coin du web : http://www.artusfilms.com/



Poker : Quand le cinéma bis a les cartes en main...



Jeux d'argent et cinéma de genre font-ils bon ménage ? Pour répondre à cette épineuse question métaphysique, ecranbis.com explore pour vous les ruelles les plus enfumées du septième art. Quand le cinéma a les cartes en mains et fout les jetons... Un survol cinéphilique de la thématique «Poker, hasard, bluff, exploitation et fantastique » qui méritait bien dans ces délicates colonnes numérique, un billet.


On commence par un coup de maître, en fouillant dans les cartons de la «Full Moon», improbable résurgence des studios EMPIRE PICTURES de Charles Band. C'est d'ailleurs ce dernier qui mettra en boite en 2007 «GHOST POKER» retitrage français de Dead Man's Hand: Casino of the Damned (son titre original) parfois connu chez nos cousins d'Amérique sous l'appellation: The Haunted Casino. On y suit les aventures d'un certain Matthew Dragna, heureux (façon de parler) héritier d'un casino (Le Mysteria, tout un programme) des environs de Las Vegas. Manque de chance, ici ni palace, ni dorures, l'héritage en question est une turne défraîchie qui fut, cerise sur le gâteau, le théâtre d'atrocités barbares (l'oncle de Matthew ayant eu l'étrange idée de massacrer sa clientèle). Parti avec quelques amis découvrir les lieux, notre jeune héros va devoir survivre toute une nuit en affrontant les fantômes de joueurs assoiffés de vengeance. Bobine terriblement économe, Ghost Poker ne marquera ni la mémoire des cinéphiles, ni la filmographie de Charles Band. On retiendra de cette partie de carte horrifique quelques scènes aux effets spéciaux charmants et la présence de deux tronches du cinéma d'exploitation: Michael Berryman ( La colline a des yeux) et Sid Haig (La maison aux 1000 morts).

 GHOST POKER, ne jouez pas avec votre vie...

Dans POKER RUN, deuxième effort de Julian Higgins, la chanson n'est pas la même et l'on mise cette fois ci sur le survival routier. (Le film fut même sous titré: le rallye de la mort, dans notre petite et obscure contrée.) Il y est question de deux avocats bien décidés à connaître les frissons de la liberté, cheveux au vent. L'appel du bitume les conduit à acheter des Harley Davidson et s'élancer sur les routes désertes des États Unis. Erreur fatale puisque qu'ils vont y rencontrer une paire de motards psychopathes ... "Live To Ride. Ride To Die" nous avertit l'affiche américaine. Qu'on se le dise, Higgins n'a pas ici la main heureuse et son objet filmique s'étire péniblement 90 mn sans jamais faire sauter la banque...

Passons vite (oui sait-on jamais, on pourrait nous suivre) à Un poker di Pistole, western italien de Guiseppe Vari que nous connaîtrons sous le titre de «Poker au colt» et qui nous permet de nous accrocher au destin d'un joueur de poker minable interprété par George Eastman en personne. Après s'être fait plumer par un certain Ponson et par conséquent criblé de dette, il se trouve obligé d'accepter une mission périlleuse: escorter un étrange convoi dont il ignore tout ou presque. Petit film oublié datant de 1967, "Poker au colt" jouit d'une certaine réputation, voir d'une réputation certaine auprès des Westernophiles convaincus. La chose n'aurait pas à ce jour connu de sortie DVD mais on me souffle dans l'oreille gauche qu'une édition Bootleg circulerait... .Au rayon Western transalpin, impossible de ne pas également citer Roberto Bianchi Montero et son "Poker d'as pour Django" (1967) dont le rapport avec les cartes semblent distendu mais peu importe...Un Django, c'est un peu le carré d'as du cinéma bis.

POKER AU COLT


Restons dans les sixties avec "5 Cartes à abattre" de l'immense Henry Hathaway dans lequel Dean Martin et Robert Mitchum partagent l'affiche. Il y est question d'une partie de poker mortel dans laquelle un jeune joueur accusé de tricherie se fait assassiner. Mais l'histoire ne s'arrête pas là puisque les joueurs présents ce soir là vont un à un disparaître. Un classique... ou pas. On vous laisse trancher. Bien plus rare, Poker court métrage fantastique de Gaspar Hernandez III enferme, lui, de vieux amis dans une cabane perdue dans les bois pour une partie d'anthologie. Manque de chance, les joies de la table et des retrouvailles entres potes vont rapidement laisser place à la peur d'une invasion extraterrestre. (Oui vous avez bien lu !)

Tout aussi obscur, citons « Chikago Poker» derrière lequel il faudra reconnaître «Truck Turner & Cie » un polar blaxsploitation dans lequel Isaac Hayes campe Mac 'Truck' Turner tout en composant et interprétant la bande originale. Et pour finir ce tour de piste : « The Poker Club » de Tim McCann qui est resté inédit dans notre beau pays et où quatre amis découvrent qu'ils ont accidentellement tué un cambrioleur durant leur traditionnelle partie du samedi soir. (Il faudra quand même qu'ils nous expliquent comment on peut tuer un cambrioleur par accident en jouant au poker). La chance n'étant décidément pas au rendez vous, ce visiteur impromptu n'était pas venu seul et nos petits joueurs ne ne tarderont pas à rafler leur mise.








L'effroyable secret du docteur Hichcock: Critique et test DVD


Artus Films nous avait annoncé une année 2012 riche en galettes et le moins que l'on puisse dire c'est  que la promesse est tenue. Alors que des bruits de couloir annoncent la sortie de plusieurs Franco à l'automne prochain, une salve de gothiques italiens vient de tomber sur nos platines. Des disques qui seront  officiellement  disponibles le 5 juin mais que vous pouvez déjà acquérir sur le site  de l'éditeur. Ecranbis.com ouvre le bal en vous parlant « L'effroyable secret du docteur Hichcock...

1962, alors qu'il vient d'envoyer Maciste en enfer (Maciste all’inferno), Riccardo Freda retrouve le «nom d'emprunt» sous lequel il a signé Les vampires (à deux mains avec Mario Bava)  pour le premier volet d'un vrai faux diptyque:  «L'orribile secreto del Dr Hichcock». Un effort résolument «Hammerisant» auquel il répondra l'année suivante avec «Le spectre du professeur Hichcock ». Empressons-nous d'ajouter que «Lo spettro», son titre original, n'est pas une suite de «L'orribile secreto» et ce bien que nous y retrouverons la sublime Barbara Steele, quelques seringues perdues et un étrange scientifique portant le nom d'Hichcock. Un patronyme qui fait de l'œil à un réalisateur anglo-américain pour répondre au cinéma britannique, ne tenons-nous pas là une aussi curieuse qu'involontaire définition du cinéma horrifico gothique italien... Quelque part entre génie et mercantilisme ?



Le scénariste Ernesto Gastaldi dont la carrière donnera le vertige à tout cinéphile un tant soit peu éduqué (2019 après la chute de New York, Atomic Cyborg, L'orgie des vampires, Le corps et le fouet, La queue du scorpion, L'étrange vice de Miss Wardh, La vierge de Nuremberg, Mon nom est personne…) sort ici courageusement des pincettes pour porter à l'écran les discutables orientations sexuelles d'un médecin Londonien. Bernard Hichcock a en effet un penchant certain pour la chevauchée de défuntes. On savait déjà la chair faible, on apprend ici que certains l'aiment froide. Aussi le soir venu et les invités reconduits, il organise avec Margherita, sa jeune femme consentante, quelques parties de corps à corps à  la lumière de bougies funéraires. Pour parfaire l'illusion, rien de tel que l'injection d'un anesthésiant «fait maison». Sa blonde endormie et totalement offerte, Hichcock peut s'adonner à son vice, le corps inanimé de son amoureuse dans les bras.



Mais un soir, certainement dans le but de jouer les prolongations (et peut être même qui sait les penalties...), notre bon docteur a la mauvaise idée de doubler les doses. Erreur fatale pour la belle qui ne tarde pas à vaciller et fermer son parapluie pour de bon. Fou de tristesse, ivre de rage et certainement très conscient qu'il ne sera pas aisé de retrouver une partenaire pour se genre de coquinerie, Hichcock quitte son manoir. Il en trouvera toute fois une en la personne de Barbara Steele qui depuis son éblouissante prestation dans «Le masque du démon» arpente les couloirs du cinéma d'épouvante. Ignorant tout des pratiques scandaleuses de son nouveau Jules, la belle brune au regard abyssal accepte de partager sa vie, mieux  d'habiter son inquiétante demeure. Il semble toute fois que le spectre de la première femme du docteur n'ait pas encore définitivement quitté les lieux.



Si quelque chose saute aux yeux dans ce cet «Effroyable secret du Docteur Hichcock» c'est bien la maîtrise de technique de Riccardo Freda qui expédie en 12 jours le tournage ce qui est aujourd'hui unanimement considéré comme un classique du cinéma gothique transalpin. La légende raconte également que le film ne fut pas tourné en Studio mais dans une villa que Freda  transforme littéralement en écrin (sombre et brumeux, il va sans dire) pour une Barbara Steele belle à mourir... Point intéressant, si l'esthétisme de ces 84 minutes évoquent clairement les productions horrifiques de la Hammer, le récit, lui,  une fois expurgé de son vocabulaire nécrophilique, se montre étrangement timoré. Le film de Freda ne s'autorise finalement qu'une danse langoureuse avec le fantastique et les apparitions spectrales de Margherita y trouveront une explication (presque) rationnelle. Inutile de réveiller Dracula, semble nous dire Riccardo, l'âme humaine n'est elle pas assez monstrueuse ?



Au rayon des curiosités, on retiendra un pauvre chat noir qui passe l'essentiel du film à se retrouver parachuté dans le cadre par un technicien. Le pauvre félin ignorant visiblement qu'il vient de rentrer dans l'histoire du cinéma de genre par la grande porte. Mais le plus surprenant reste le personnage de Margherita campé par la jeune Maria Teresa Vianello qui ré-apparaît dans le film 12 ans plus tard sous les traits d'une sexa belliqueuse à la voix grinçante. N'est ce pas là révéler à des millions de spectatrices apeurées, l'effroyable secret de ce fou d'Hichcock :  Mesdames, sachez-le, les années de chagrin comptent triple...

Test technique :

Artus nous permet de découvrir ce «Freda» dans d'excellentes conditions, c'est à dire une belle copie au format 1.85 d'origine accompagnée de mixages français et italien.  Barbara Steele est doublée par Mireille Darc dans la VF. (Ce qui ne gâche rien). Rayon bonus, outre les bandes annonces des autres titres de la collection « les chefs d'œuvres du gothique» et un diaporama, les cinévores pourront se délecter d'un entretien avec Gérard Lenne qui présente pendant une vingtaine de minute l'objet du délit. Le tout pour 12€90 …A commander dans ce coin du web : http://www.artusfilms.com/


L'orgie des Vampires : Critique et test DVD



Pour cette toisième plongée dans la collection «Les Chefs-d'oeuvres du gothique» d'Artus films, Ecranbis.com se penche sur le cas Renato Polselli et plus précisément sur «Il mostro dell'opera» devenu, histoire d'émoustiller le public français : L'orgie des vampires. Au programme, bataillon de jeunes filles en fleur, défilé de nuisettes et ratounes à l'air. A table ! 


Parfois taxé d'Ed Wood Italien, ce qui vous en conviendrez dit à peu près tout et son contraire, Renato Polselli réalise au début des années 60 deux espiègles «vampireries» sur des scénarios presque analogues. Alors que «l'Amante Del Vampiro» enferme un troupe de danseuses dans un château, «L'orgie des vampires» invite elle nos petits rats sur les planches d'un théâtre qui pourrait bien (à en croire le titre original) être un opéra. Pour des raisons obscures, ce dernier métrage ne connut qu'une exploitation anecdotique, en Italie en 1964 pour commencer puis en France durant l'été 1969. Autant le dire, nous voilà face à une authentique pièce de collection que les cinéphiles du monde entier risquent nous envier, le film de Polselli étant pratiquement invisible depuis sa sortie (si l'on met de côté la circulation d'une cassette vidéo bootleg enregistrée sur la RAI).



La rareté de la bobine considérée, il faut avouer que son récit n'a lui rien de très exceptionnel. Bien qu'avertis par le gardien de la terrible malédiction qui plane sur les lieux, un chorégraphe et sa troupe posent leur valise sur la scène d'un théâtre lugubre. Une résidence qui va rapidement virer à l'épreuve cauchemardesque puisque la danseuse principale, Lily (Julia dans la version italienne) que notre vampire finira par appeler Laura (de la part du scénariste de Mon nom est personne, rien ne nous étonne plus) est assailli par de sinistres pensées. Les coulisses tortueuses et les couloirs labyrinthiques de la propriété lui semblent familier. Rien de plus normal, puisque nous apprendrons que la jeune femme est la réincarnation de Laura l'amante défunte d'une créature de la nuit. Le ricanant Stéphane qui depuis qu'il fut enterré vivant par le mari de la belle, hante les lieux en compagnie d'un harem de vampirettes en sous vêtement. (Ah tu parles d'une damnation !).



Oui, l'originalité de «l'orgie des vampires» est à chercher ailleurs. Et de la même façon que son scénario ratisse large (Un peu de Bram Stocker, un peu du Fantôme de l'opéra, un peu du portrait de Dorian Gray), le film de Polselli ressemble à un formidable fourre tout, un bricolage filmique partant dans tous les sens, échappant souvent à toute logique narrative. Après son étonnante scène onirique introductive mettant en scène notre héroïne en nuisette poursuivie par un vampire armé d'un fourche, nous aurons droit à une longue, très longue mise en place ponctuée d' improbables scènes musicales dansées et de flirts incessants. Notons qu'une bonne partie de ces scènes semblent avoir été amputée du montage français et se retrouve donc ici (Artus ayant fait le choix de présenter une copie la plus complète possible) non doublées. Il faudra ainsi compter une bonne demi heure pour que Stephane, le vampire qui avait une dent contre Laura, traverse à nouveau le cadre.



Une fois lancée notre orgie qui n'en n'est pas vraiment une, quoique l'ami Renatto ne se prive ici d'aucun excès, libère sa substantifique moelle. Bien que le spectacle caressant nos rétines n'ait ni queue ni tête, il délivre quelques réjouissantes séquences qui marqueront, à ne point en douter, la mémoire du cinéphile au fer rouge. Nous aurons ainsi droit à une délicieuse tournante vampirique dans laquelle une fraîche victime passe d'un dentier à l'autre, offerte à un régiment de suceuses culottées et enchaînées. Au royaume des morts comme dans celui des vivants, seul le maître jouit sans entrave... Tel est sans doute le message. Que dire de la surréaliste scène de chorégraphie hystérique ? Un Panique au dancing avant l'heure. La danse comme ultime échappatoire à la saignée. Autre perle visuelle, une vampirette accrochée au mur, servant d'établi en tenant une fourche entre ses canines. Il fallait oser. Mais Polselli ira encore plus loin, laissant présager un peu de sa future filmographie. Il fait en quelque sorte de l'orgie du vampire un poème saphique et libertin. L'époque ne permet par encore que les filles s'effeuillent ou que les lèvres s'effleurent, mais sous les nuisettes, il fait déjà chaud.


Bien sûr , l'orgie des vampires n'est en rien une pierre blanche sur le chemin fantastique transalpin, mais il n'en reste pas moins une curiosité souvent drôle, parfois stupéfiante. Un petit trésor pelliculé à savourer entre initiés pour le plaisir de yeux et de l'esprit. En un mot: Indispensable. 12€90 et pas une goutte de sang (ou d'autre chose) de plus...


Test technique :

La copie au format 1.66 proposée par Artus Film est, il faut bien le dire, quelque peu défraîchie. Rien de rédhibitoire cependant pour les cinévores de l'extrême (surtout que les inserts du montage italien ne laissent aucun doute, on s'en sort bien les amis). Rayon audio, nous avons droit à deux mixages (Français, Italien) et des sous titres dans la langue de Molière comme dans celle de Shakespeare (qui, espérons-le, ouvriront à cette galette les portes de l'export). La section bonus se compose d'un diaporama, des bandes annonces des autres titres de la collection gothique et cerise sur le gâteau un présentation du film de 25 minutes par Alain Petit, passionnant comme à son habitude. (Polselli et les vampires). A commander dans ce coin du web: http://www.artusfilms.com/



Lord Of The Light: Critique et test DVD



Décidément, ces dernières semaines chez Condor Entertainment, on affiche une forme olympique, après Star Cruiser, 2033, The Gundown et juste avant le très attendu «The Dylan Dog», l'éditeur français se fend d'une édition DVD et Bluray  de «Fading The Cries» de Brian Metcalf qui devient pour l'occasion "Lord Of the Light". La chose est attendue pour le 1er juin 2012, mais Ecranbis.com a déjà pu mettre la main sur une galette. Review et verdict...

Synopsis :

Jacob, jeune héros mystérieux qui appartient à la race des jeteurs de sorts, protège les objets sacrés depuis la nuit des temps. L’un d’eux disparu depuis des siècles est retrouvé par Sarah, une jeune adolescente qui ignore le pouvoir de l’objet qu’elle détient. Alors que le sombre Nécromancien lance ses hordes de créatures maléfiques à la poursuite de l’adolescente, Jacob vient à son secours et la guide à travers les souterrains secrets de la ville. Leur périple pour protéger l’objet sacré ne fait que commencer…



Chronique:

Jusqu'ici cantonné dans les effets visuels, Brian Metcalf réalise avec «Fading The Cries» un vieux rêve, celui de réunir en 94 minutes les thèmes qui ont marqué son enfance de cinévore déviant : Zombies, Fantaisie et super héros. Un cocktail riche en fantastique qui mettra quelques années avant de caresser nos petits écrans. Le brave Brian commence en effet à travailler sur «Lord of the light» (Son titre français) à la fin des années 90. Il bricole même un teaser afin de trouver des fonds. Nous sommes en 2002, l'intérêt des investisseurs est là, mais la magie n'opère pas encore. Le projet fou de Brian va même traîner dans les cartons pendant cinq longues années pour miraculeusement trouver preneur. Pas de pluie de dollars à l'horizon mais juste de quoi mettre en boite un B-movie  décent et de convoquer Thomas Ian Nicholas. Un visage connu puisque le jeune acteur dont la carrière a débuté à la télévision (dans le soap «Madame est servie» entre autres) a connu depuis quelques succès cinéma dont la série des American Pie ou encore le huitième volet de la saga «Halloween» (Halloween résurrection). Pour lui donner la réplique, un spécialiste des seconds rôles bien connu des fantasticovores : Brad Dourif que nous ne vous ferrons pas l'affront de vous présenter.



Lord Of the Light commence assez fort en s'accrochant au destin de Sarah, adolescent américaine tourmentée, partie vider quelques bouteilles dans le voisinage en compagnie de sa meilleure amie. Une virée nocturne que les deux jeunes filles en fleur vont payer le prix fort en tombant sur une bande de morts vivants plutôt tactiles. Sarah est toutefois sauvée par un bien étrange personnage armé d'un sabre et dénommé Jacob. Un improbable croisement entre The Crow, Woochi le magicien des temps modernes et Michael Jackson (période Dangerous) qui lui apprend que les créatures, envoyées par un redoutable sorcier (Brad Dourif)  convoitent en fait un médaillon que son oncle disparu (Thomas Ian Nicholas) lui a offert. Sur ce canevas assez classique, Brian Metcalf la joue fine  et coupe son récit en deux. Nous suivrons d'un côté l'inévitable affrontement de Jacob et du Nécromancien, nous découvrirons de l'autre, le passé de l'oncle de Sarah, écrivain veuf, face au pouvoir destructeur et magique d'un vieux grimoire.



Passé du réalisateur aidant, le scénario de «Lord of the light» est aussi, voire surtout le parfait  prétexte pour un déluge d'effets spéciaux numériques. D'après l'aveu de Metcalf lui même, plus de 1000 plans d'effets visuels criblent sa bobine (ce que nous n'aurons pas trop de mal à croire). Problème, le budget de la chose ne permettant pas de faire de miracles à répétition, l'étalage de CGI, d'incrustations et d'effets en tout genre manque ici  un peu d'homogénéité. Dit autrement le meilleur côtoie le pire et si certains plans donnent à «Lord of the Light» des airs de superproduction hollywoodienne, d'autres le renvoient aussitôt dans le fond du panier de l'art vidéastique. On finit même par se dire que la bobine aurait gagné à se montrer graphiquement moins généreuse et l'ami Brian, plus réaliste. C'est d'autant plus dommage que la réalisation, un poil au dessus des standards de la production DTV actuelle,  tient plutôt la route à l'image de ses chorégraphies de combat signées Luke LaFontaine ( Beowulf, The Green Hornet, Iron Man, Buffy Contre les vampires.)




Reste que le spectacle offert par «Lord Of the Light» n'inspire jamais l'ennui , mieux se hisse sans trop de problème au rang de «Serie B divertissante». Difficile dans ce contexte de comprendre le rejet quasi unanime de la presse spécialisée américaine qui semble être passée à côté des qualités artistiques de ce premier effort bisseux et fougueux, certes très imparfait, mais nullement infréquentable. Condor ayant eu de plus la bonne idée de nous présenter la chose dans son format 2.35 d'origine (Le Zone 1 US des chez Liongates est parait-il honteusement recadré), Ecranbis signe cette chronique d'un 3/5 parce qu'elle le vaut bien.


Test Technique :


Condor Entertainment propose de découvrir «Lord of the light» dans son format scope d'origine avec une qualité d'image très correcte en dépit d'une compression parfois visible. Rayon audio, deux mixages DD5.1 sont disponibles. Le premier en langue française, le second en langue anglaise. Même si le doublage français ne fait pas honte, nous vous recommandons de vous tourner vers la VO sous titrée qui est globalement meilleure même si pas exempte de fantaisie (Le mixage des voix).  En guise de bonus, il faudra se contenter de 3 bandes annonces  qui se lancent automatiquement à l'insertion du disque.