Les vampires du Dr Dracula : critique et test DVD



A peine remis des vacances, le moral en berne, le bronzage déjà en fuite, le bestiaire vidéastique français nous donne de ses nouvelles. Du requin et de l'araignée chez le crocodile, du lézard chez le chat, de la bête à poils et à quenottes chez l'Ours. Sept péloches providentielles et animalières à offrir vos platines affamées ? Ou à se mettre... sur l' oreille ? Pour vous aider à ne pas choisir, Ecranbis.com vous fait passer les cartouches ... en lançant les galettes vers les cieux. Pool ! La cible du jour pointe du doigt l'autre versant des Pyrénées, terre de soleil et de castagnettes, dont les multiples paradoxes pourraient (cinéphiliquement du moins) se résumer en un avertissement: Un Franco peut en cacher un autre ! Point de Jess au programme du jour mais "La Marca Del Hombre Lobo" , que je traduirais littéralement par "la marque de l'homme loup" et qui trouva un titre d'exploitation franco-germanique moins poilu mais à priori plus poilant : Les Vampires du Docteur Dracula. C'est d'ailleurs sous cette appellation apte à séduire les mordus de fantastique, que ce Naschy historique pointe le bout de sa malédiction en DVD. Chronique d'un zone 2 signée Artus films et inaugurant une collection nouvelle baptisée "Cine De Terror"!

Olé !

 Qu'on se le dise, le vaillant effort d'Enrique Lopez Eguiluz a la qualité d'être triplement introductif. (Oui tu as bien lu, coquine !). En 1968 tandis que la bruyante jeunesse de l'hexagone cherchent les pavés et accessoirement la merde (CNRS avec nous ! CNRS avec nous !), la pelis de cine de terror  devient un filon dont "les Vampires du Docteur Dracula" est en quelque sorte la première pépite. Mais bien plus qu'un simple film fondateur, la bobine a le mérite de lancer coup sur coup un de ses personnages récurrents:  le comte Waldemart Daninsky et l'un de ses interprètes réguliers en la personne de Paul Naschy. Si la renommée de cet ex haltérophile n'a pas forcement pris la plus universelle des tournures. L'homme restera cher au cœur des bissophiles et peut être faute de concurrence réelle, l’indétrônable icône du gothique Sangria. Ce n'était pourtant gagné, ricaneront les langues de puta ! Destin, accident ou main de dieu... ce qui poussa Naschy à imprimer la pellicule, dépassait sans discussion possible les limites de la logique humaine.

Non non, Jacinto t'en fais pas trop, je te jure !

De fait c'est surtout par une faute de goût toute teutonne, que notre homme deviendra le premier loup garou polonais d’Espagne. Lon Chaney aurait, nous dit-on, été pressenti pour incarner la bête à poil, mais l'état de santé de l'acteur ne lui permettant plus les cadences infernales d'un tournage, il déclina donc. La production germanique, certainement avisée en pleine de fête de la bière, eut l'idée scabreuse de confier le rôle au scénariste lui-même. Keine Problem, du bist ein shöne Loup garou ! Ja ! Ja ! Ja ! La réponse allemande tenait sans doute autant du pragmatisme enjoué que de la proposition à l'aveugle. Naschy avait le parfait physique du mafieux de second plan , le profil de la brute épaisse et la silhouette de l'homme de main . Il n'était en outre pas plus acteur que Plastic Bertrand chanteur. Mais peu importe, par la magie du cinéma, le leveur de poids deviendra leveur de poule. Et ce, au risque d'une première apparition déguisée parfaitement risible au volant d'une décapotable fendant la nuit. Ou comment le bouffon vert est passé au rouge ...

Attention, le bouffon vert est passé au rouge !

Le postulat scénaristique autorisant ce genre de mascarade tient un peu de la paella et de la merguez. Une histoire de mélange dont la saveur dépend beaucoup plus des épices ajoutées et de la cuisson que des ingrédients servant de matière. Non content de nous servir un tiède triangle sentimental  (le jeune Rudoplh aime la jeune Yacynthe, la jeune Yacynthe aime le vieux compte Daninsky), Naschy s'autorise un loup garou réveillé par un couple de gitans.... L'inévitable morsure de son héros, ses imparables transformations nocturnes comme l'arrivée en ville d'un mystérieux tandem de scientifiques. Couple dépêché au chevet de notre noble loup qui se révélera être aussi échangiste que suceurs... De sang. Ajoutez un doublage français aberrant, occultant certaines répliques et condamnant donc quelques personnages à jouer les poissons rouges, tout en justifiant sans grand finesse le retitrage draculesque du métrage. Objectivement tout ici semble voué à prendre l'eau, le surjeu des acteurs, les sautillantes et grognantes apparitions de la bestiole, le sommaire de son maquillage. Un spectacle qui prend même des airs de comédie involontaire lorsque la plus sincère des scènes poétiques se voit malencontreusement anéantie... par la chute d'un vase, qui ne fait ne fait même pas l'effort de se briser.

Rêve de dentiste...

 A cet égarement continuel répond une cinématographie experte, puisant son esthétisme dans le gothique italien et britannique. Tourné en Scope et même en relief ( ce qui explique les quelques effets de projection tombant bien évidemment à plat en 2D) , les vampires du Docteur Dracula s'habille d'une photographie brillante et inspirée. Il est peu dire que le fond ne rejoint pas ici la forme. les deux pôles s'écartant même à chaque plan un peu plus. Mais ne nous y trompons pas, la qualité de ce premier Naschy est justement là, dans ce paradoxe finalement très espagnol qui préfigure, à mes yeux du moins, l'avenir d'une du 7e art ibérique. un cinéma montrant plus qu'il ne raconte. Et pourquoi après tout, devrions nous ranger le plaisir des mirettes aux rayons des extases secondaires... Je vous le demande. A l'abri de ce questionnement, je ne m'interdit pas de considérer "Les Vampires du Dr Dracula" comme une œuvre fascinante.

La fille était belle, la photo l'est toujours...


Le disque :

Les Vampires du Docteur Dracula nous parviennent dans une copie impeccable, et scopée 2.20 (master évidemment 16/9) accompagnée de mixages français, espagnol et de sous titres. Dans la crypte au bonus, un diaporama d'affiches et de photos et les bandes annonces de la collection "Cine de terror". Pour en apprendre un peu plus sur le genèse du film, il faudra se reporter à l'excellent et long bonus d'Alain Petit embarqué sur le disque du "Bossu de la morgue". 13€90

Give away : L'arène



Attention les amis. Vous pourrez découvrir L'arène  en BLU-RAY , DVD  et VOD le  le 27 aout 2014 ! Pour dignement fêter cette sortie, Wild Side Vidéo nous a fait une proposition que nous ne pouvions refuser : offrir 3 DVD  du film à  nos lecteurs. C'est donc avec plaisir que nous vous invitons à nous envoyer par mail la réponse aux questions suivantes: Quel personnage incarne Zoë Bell dans L'arène? Combien de lecteurs d'Ecranbis.com vont-ils participer à ce "give away"?   Nous recontacterons les 3 plus perspicaces d'entre vous pour obtenir une adresse postale et leur envoyer un exemplaire de ce sympathique film fantastique. Alors envoyez vos réponses à ecranbis@yahoo.fr pour tenter votre chance ou cliquez sur le bouton ci dessous...(Vous avez jusqu'au 10/09/2014 minuit)

ecranbis@yahoo.fr


« Après « Boulevard de la Mort », « Planète Terreur » et « Django unchained », l’actrice et cascadeuse  Zoë Bell, également doublure d’Uma Thurman dans les deux volets de « Kill Bill », revient en tant que personnage principal dans un cocktail explosif d’action ! Jamie a été kidnappée. A son réveil, elle se retrouve emprisonnée dans un bunker, avec 48 autres femmes et devra combattre à mort, sous peine de voir sa famille exécutée… » Disponible en DVD, Blu-Ray et VOD dès le 27 aout  .


 

Conditions :

Une seule participation par personne et par foyer.
Give away réservée à la France Métropolitaine.
Le give away prendra fin le 10/09/2014 à 23:59:59.
Le règlement n'a pas été déposé chez un huissier car il n'y a pas de tirage au sort, la question  servant à départager les bonnes réponses.
3 gagnants se verront attribuer  un DVD offerte par Wild side , ils seront contactés par Email et disposeront de 48h pour fournir par retour de mail  une adresse d'expédition.
Le délai d'envoi est variable
Ecranbis.com n'est pas responsable de la non réception des lots, les lots perdus ou retournés ne seront pas réexpediés
Ecranbis.com s'engage à ne pas transmettre les coordonnées des participants à d'autres personnes ou sociétés.

The Crater Lake Monster : Critique et test DVD


Étonnante douceur d'un mois de septembre, nos cheveux dans le vent, regards perdus dans un apocalypse rougeoyant, crépuscule de feu nous faisant croire que l'été défunt brûle encore de toutes ses flammes à l'autre bout de l'horizon. Au loin, un dinosaure fait trempette, plus près, les amoureux s'enlacent, narguant d'innocents baisers le plus ordinaire des désastres... La barque de leur été prend l'eau de toute part. L'affiche de «The Crater Lake Monster» parle mieux de la fin des vacances que la larme discrète roulant sur la joue des jeunes filles lorsque vient l'heure de rendre ses premiers émois aux vagues. Patte de nez à ce lugubre retour à la réalité, le chat qui tousse (On lui avait bien dit, depuis le temps qu'il fume, ça devait arriver) revient aux affaires avec une nouvelle série de digipacks estampillés «Collection Exploitation Cinema » ... entre anglicisme et dyslexie donc. Ecranbis.com s'est envoyé la galette entre deux crises de banana spleen.

C'est officiel Jean-Pierre Marielle et David Guetta ont bel et bien fusionné...
Modeste production chapeautée par Crown Internationnal Pictures, tournée avec peau de lezard et 100 000 billets verts (selon les organisateurs, un peu moins selon la police), The Crate Lake Monster aurait pu glisser comme milles autres spectacles pour drive-in, sous le tapis de l'oublie... Laissant pour dernières et seules traces tangibles quelques photos d'exploitation, une paire d'affiches et un master dont l'image brouillardeuse, recadrée à la hache, suffirait à ravir quelques archéologues monstrophiles completistes. Les dieux de la vidéo en décidèrent autrement. Le catalogue de la Crown tombé dans l'escarcelle de Mill Creek Entertainement, The Crate Lake Monster se retrouva embarqué de force dans plusieurs packs, compilation boulémico-filmique dont l'éditeur américain s'est fait une petite spécialité. Il faudra également ajouter à l'addition un Bluray double programme pour lequel le film de William R. Stromberg fut marié de force au Galaxina de William Sachs. De l'autre côté de l'Atlantique une édition manquait encore à l'appel. Pour une fois, un chat noir devait nous apporter une bonne nouvelle.

Je te rappelle dans un moment, je vais passer sous un dinosaure.

Quelque part entre le nord de la Californie et le sud de l’Oregon, une équipe de scientifiques découvrent dans un labyrinthe sous-terrain de surprenantes peintures rupestres. Ces œuvres arrachées au passé décrivent d'épiques combats entre une armée de guerriers et un plésiosaure, pendant qu'un ancêtre de Bernard Henry Levy déclame du haut la colline, en pointant la créature du doigt du savoir, «En tant que représentant autoproclamé de la tribu, je suis favorable à une intervention contre la grosse bébête.... là bas » Bon ok j'en rajoute un peu... C'est vrai ! Il n'a pas peut être pas dit "là bas"...  Nos trois explorateurs du dimanche pensent alors détenir la preuve que l'homme a bien partagé une partie de son histoire avec les monstres reptiliens connus aujourd'hui sous le nom de … dinosaures. Qui à l'époque se prononçait «ahhhhhhhhhh» ( en expirant et de la terreur plein les yeux, allez y essayez) ce qui permettait en même temps de donner l'alerte. Une fois saisi par l'animal , il était possible de rajouter le son « Rggg » pour former le mot «ahhhhhhhhhrggg» à traduire par quelque chose tenant du «Je risque d'être un petit peu en retard à midi , commencez à faire le feu sans moi ».


Sur la plage Marseillaise, la police municipale est à nouveau prise à partie

Passons sur ce petit cours de langue primitive qui m'a  bien évidemment été dicté par un souci d'exactitude scientifique et historique. Au même moment, un météore traverse les cieux et vient s'écraser à proximité, dans une grande et providentielle flaque. En résulte la destruction des vestiges et de leurs graffitis préhistoriques. Si nos chercheurs ont échappé à la mort, la faune locale, elle, ne tarde pas à faire les valises. Un campeur disparaît puis un pêcheur ... Quelque chose décidément ne tourne pas rond à Crater Lake.

«One of the worst giant monster flicks of all time» écrit George R. Reis pour le site américain DVD Drive-in, «le film qui n'a pas inspiré Steven Speilberg» lui répond l'éditeur en ricanant . Dans le ciel du cinéma bis, toutes les mouettes semblent d'accord. Le visionnage de «The Crater Lake Monster» tient à minima du flirt avec le bizarroïde et dans ses pires circonvolutions de l'étreinte nanarde. Pourtant le métrage est cinématographiquement plutôt coquet, certes trempé dans le jus des seventies. Attention donc au risque d'allergie à la moustache, aux rouflaquettes, aux tempes crépues et aux coupes playmobile.  Il y a aussi et sans doute, même pourrais-je écrire surtout, ces séquences d'animation image par image tournées nous dit-on en Fantamotion, technique reprenant à priori tous les éléments de la Dynamation de Ray Harryhausen, le copyright en moins (d 'ailleurs cette chroniques est écrite en radinvision puisque l'éditeur a eu l'outrecuidance d'essayer de nous corrompre avec une galette de test).

Mais y'a pas lezard !

Les apparitions monstrueuses ne furent d'ailleurs pas l' œuvre du premier pékin venu, mais réalisées par  David Allen (Futur architecte des cauchemars de Charles Band) secondé par Phil Tippet. Mais ces touches de poésies visuelles parfois hésitantes ont surtout la mauvaise idée d'être contrariées par un récit décousu main. "The Crate Lake Monster" connaît en effet de saisissants moments d'égarement, frôlant la comédie lourdingue sur fond musical sirupeux... lorsqu'il ne s'agit pas d'accompagner dans un enchaînement de plans parfaitement inutiles, les errances tout aussi indues de ses personnages. Le niveau de ringardise affiché par cette ballade bucolique, le fait qu'elle joue plus volontiers la montre que le monstre lui confère une saveur très particulière. Celle  d'une délicieuse parenthèse enchiantée, sublime à sa manière et drôle par accident. C'est dire si la chose est recommandable !


Le disque :
 

"Fais du digipack, ça cartonne !" Après Artus et Bach films, c'est au tour du Chat d'abandonner le bon vieux boîtier Amaray au profit du tendance emballage plat. On notera au passage que la chose est d'un point de vue graphique remarquablement conçue et laisse même entrevoir dans ses volets intérieurs, une des futures sorties de l'éditeur. Le film est lui présenté au format 1.85 (16/9) dans une master superbe accompagné d'un seul et unique mixage V.O. sous-titré  avec soin. En guise de suppléments, des bandes annonces et une présentation du film par Eric Peretti. Le tout est à commander sur la boutique en ligne de l'éditeur (www.scope35.fr) histoire de ne pas nourrir le monstre de la mondialisation et ses amazon(e)s tentatrices... Un peu de nationalisme économique merde ! 

Un bien beau menu qui donne envie de rembobiner à l'infini...
 

L'invasion des araignées géantes : Critique et test DVD


Si le bisseux a l'extase facile devant l'affichiste et sa capacité à élever l'arnaque au rang d’œuvre d'art, il peine le plus souvent à reconnaître le douloureux labeur du «titrise», ce génie anonyme apte à embraser l'imagination d'une simple combinaison de mots, rappelant qu'aux royaumes du vendeur de bobines, un trait d'esprit vaut parfois tous les coups de crayons. Il y a le titre résolu (Jamais plus jamais), l'indécis (Jamais plus encore), celui qui ne mélange pas tout (Les uns et les autres), l'évité de justesse (Les dents de la mer deux...ième partie), celui qui n'a pas pu freiner (Saw 6), le franc du collier (Dogs), le franc du colon (Ginger par derrière), celui après on court (The running man), celui qui nous tombe dessus sans qu'on lui demande (Météor). Il vole parfois d'un film à l'autre, se posant sur les jaquettes comme un papillon sur la fleur mouillée par la rosée du matin. Il passe comme un herpès de lèvre en lèvre, de traduction littérale en traduction latérale. Gloire ! Oui je le dis Gloire à cette science du verbe, aussi basse en soit la justification et aussi mercantile en soit l'essence.

Bonjour, on passe pour la rénovation des toitures...

Aux jeux olympiques de la promesse, «L'invasion des Araignées géantes» a tout pour plaire. Une affiche qui fait le tapin et un titre qui annonce le tarif. Déjà sorti en tout début d'année, dans un master à côté de la plaque, le carton plein de Bill Rebane revient dans nos salons pour un nouveau tour de piste. The Giant Spider Invasion y perd son poilant doublage français mais gagne quatre précieuses minutes de runtime, permettant à l'éditeur de taxer son effort de «version inédite» . Au menu de ce plat de Drive-in, des arachnides doublement particulières puisque nos velues demoiselles, non contentes de souffrir de gigantisme, présentent la singularité d'être non pas tombées de la toile mais des étoiles. Il n'en faudra pas plus pour semer la zizanie dans une petite ville perdue des entrailles de l'Amérique.
Alors la blondasse, on se fait une toile ?

A l'instar des ses bébêtes cosmiques et comiques, Rebane, Bill de son prénom, Letton d'origine, aurait échoué sur les terres de l'oncle Sam, ses rêves pré pubères et cinématographiques sous les bras. La légende dit le gamin passionné par la comédie musicale et le western, rien ne le prédisposait donc au bowling exploitatif. C'est pourtant bien les quilles d'un cinéma indépendant et fauché, qu'il va renverser durant deux décennies bien remplies. Tournant le dos aux sirènes d'Hollywood, il s'installe dans Wisconsin d'où il enverra quelques cartes postales bisseuses remarquables. Un courrier cinéphilique du cœur, duquel s'extrait sans trop de mal notre «Invasion des araignées géantes» entrée depuis dans le culte (aie! non pas par là) pour cause de succès imprévu. Emboîtant le pas de la monstermania post Dents de la mer, le film cartonne dans les drive-in où il rapporte plusieurs dizaines de millions de dollars, lui permettant ainsi de se classer dans le top des péloches les plus rentables de l'année. 

C'est désormais officiel, le fist n'a plus de limite...

En plein age d'or de la vidéo locative, sa cassette s'arrache et la télévision américaine en fait un classique des secondes parties de soirée. Objectivement, pas une seule génération de Yankees  n'a pu échapper à The Giant Spider Invasion, pas même la dernière portée qui découvrira l'œuvrette dans un épisode spécial du show sarcastique «Mystery Science Theater 3000». En Gaule, la chanson est un peu plus triste puisque depuis sa sortie sur les écrans en 1976, notre Rebanerie s'est fait discrète au point d'être souvent confondue avec d'autres films d'araignées. La faute en revient certainement à une édition VHS ayant eu la mauvaise idée de le retitrer «Spider, L'horrible invasion» au risque d'abandonner le vidéophile à une certaine confusion. L'horrible invasion est également le titre du trippant Kingdom of the Spiders de l'ami John Bud Cardos.


Fréquemment cité, pour ses propriétés nanardesques, L'invasion des araignées géantes vaut surtout pour deux choses. La première est son armée de vétérans à moitié en vacances dans la Wisconsin (Alan Hale Jr, Barbara Hale, Steve Brodie) La seconde est indiscutablement sa splendide araignée montée sur un châssis de Coccinelle. Une créature mi ringarde, mi stupéfiante entrée en fanfare au panthéon de l'effet spécial. Franchement décousue, mais toujours sympathique, cette série B des seventies ravira sans doute plus d'un amateur de vieilles casseroles et de poêles rouillées. Les autres sont priés d'y aller mollo, ce genre de came cinématographique là nécessite de l’entraînement !

Notes : Pour la petite histoire, nous avons eu vent l'an passé d'une bien triste nouvelle. L'armature métallique de l'araignée, utilisée durant le tournage et depuis entreposée dans une grange par le réalisateur, a mystérieusement disparu. Aussi, si un de ces quatre matins, vous voyez passer une araignée géante sur votre pelouse ou sur votre épouse, n'hésitez pas à contacter la rédaction. Nous transmettrons votre signalement aux autorités compétentes.


Le disque :

Cette nouvelle galette zone all permet de découvrir «Giant Spider Invasion» dans un master sans grande surprise 1.33 (De l'open matte s'autorisant le passage quelques micros dans le cadre). Un transfert certes pas miraculeux mais qui surplante sans aucun problème la précédente mouture, en terme de définition, colorimétrie et de fluidité. C'est déjà ça !  Une seule piste audio anglaise originale est proposée mais elle est accompagnée de sous-titres français. Petit bémol, ceux-ci s'avèrent non débrayables (Bah alors les gars, qu'est-ce qui se passe ?). Dans la toile des bonus, une petite entrevue avec un Bill Rebane visiblement au bout du rouleau (6 mn environ en VOST), une bande annonce et le court métrage «A louer» (Le comble pour une galette réservée à la vente) de James L. Frachon avec Laurent Deutsch. Un bout de péloche qui a eu le talent d'être primée à Gerardmer. Roulez Jeunesse ! 

Le menu


Comparaison gauche (ancienne édition AlexxProd) droite (nouvelle édition Crocofilm)
cliquez pour voir en grand.


100 tears: Critique et test DVD



Ça commence à «100 tears» (cent-tears ah ah) la quille pour votre serviteur qui avait misé sur cet été en demi teinte pour se détendre la plume et l'esprit. Peine perdue, entre les envois presse impromptus et les devoirs fanzinesques (On vous l'annonce, il y aura de l'Ecranbis dans les prochains numéros de Medusa et Vidéotopsie), il fut difficile de véritablement décoller de la planète Bis. C'est fois-ci c'est la bonne, Ecranbis.com baisse le rideau pour quelques jours et on se quitte avec une saignante descente en rappel sur les falaises du 7e art ! «100 Tears» est disponible depuis plusieurs mois dans le trippant catalogue d'Uncut Movies... Voilà qui valait à minima une chronique ! 

Bonjour les z'enfants !


Mark et Jennifer, tandem de joyeux pigistes cantonnés dans la rédaction pour torches culs, rêvent de prendre l'ascenseur éditorial. Conscients qu'une enquête journalistique digne de ce nom vaut tous les trampolines, passe-droit et gâteries du monde, les deux zouaves décident d'explorer le fabuleux monde des tueurs en série. Mais la thématique est vaste, l'offre pléthorique, le choix cornélien : Les sœurs sadiques ? La famille cannibale du Kentucky ? Le mutilateur de Coney Island ? Ils accrocheront finalement leur espoir à un plus classique mais tout aussi prometteur «tueur à la lame», barge au hachoir dont la particularité est de toujours «faire le clown». La dead Line est fixée, le dead count peut commencer ! Et ça part plutôt bien pour nos mirettes et ces Mulder et Scully d’opérette. Le mystérieux assassin vient précisément d'entamer une nouveau tour de piste dans un centre de desintox' et ses victimes s'en fendent encore la gueule !

Le tueur a visiblement pris son pied...


Arrivés au matin sur les lieux du crime, Mark et Jennifer découvrent que la police scientifique a fait le ménage ( en oubliant une tête au four et une pauvre gamine apeurée ! Ah ces fonctionnaires... ) mais aussi que les corps de deux pensionnaires manquent encore à l'appel ! C'est normal, notre clown blanc amateur de rouge sang, leur a offert un numéro à mourir de rire dans un hangar désaffecté. Une enquête digne des meilleurs épisodes de notre regretté commissaire Lansky va mettre nos investigateurs prodiges sur la piste d'un certain Luther Edward Baxter plus connu sous le sobriquet de Gurdy.

Joyeux représentant des arts du cirque, squattant en bonne place le cœur des chiards, le clown  (et son imagerie burlesque) a pris depuis l'apparition de son alter ego maléfique dans la littérature, le cinéma et la rubrique fait divers (John Wayne Gacy), un sacré coup de hache entre les deux oreilles ! Sur les routes de l'imaginaire, paradent désormais un cortège de grotesques créatures plus aptes à faire peur qu'à faire rire. Où comment la culture populaire nous rappelle que rien n'est jamais définitivement tranché ! Sans doute plus connu pour ses talents d'artisan SFX ( The Toxic avenger 4, Nikos The impaler et plus récemment encore The Theatre Bizarre) que pour ses qualités de cinéaste, Marcus Kohr livre en guise de second jet, un devoir bipolaire. «100 tears» fait la brasse dans un bassin thématique à l'eau translucide. On voit le fond ! Et le fond justement (une vague histoire de fesse vieille de plusieurs décennies qui refait surface dans un bouillon de sang) n'inspire pas forcement le plongeon. 

Les filles,  c'est la prise de tête...

C'est dans sa forme, nettement plus récréative, que ces quelques 92 minutes reprennent du poil de la bête et du nez rouge. Ta-da ! 100 Tears à l'instar de son phénomène de foire se montre généreux en tripailles, décapitations au hachoir géant et autres œil arraché à coup de quenottes. Le tout emballé avec soin dans les feuilles d'un script indélicat et de dialogues fendarts. Cet humour noir ou rouge sang, c'est selon, la traversée du cadre d'une Raine Brown en pleine possession de sa folie, nous feraient presque oublier la légère touche vidéastique se dégageant du métrage. Cette tuerie ( au sens plus propre que figuré) a donc de quoi titiller l'amateur de gore là où ça fait mal. Attention les filles, ce n'est pas pour vous. Ou si ça vous a plus, écrivez nous, on a plein de jeunes et beaux lecteurs un peu dérangés à vous présenter.

Tous les mois c'est la même histoire, Sylvie...



Le disque :

Encore une fois rien à redire sur les qualités techniques de la galette qu'Uncut Movies a édité en France. 100 Tears vous est présenté dans un master 1.77 16/9 honnête en version originale et version originale sous titré. Sous le chapiteau au bonus, une fin alternative et une parade de bandes annonces La chose est commandable au prix de 16€95 en ce moment même sur le site de l'éditeur : http://www.uncutmovies.fr/ Attention l'édition est limitée à 1000 exemplaires !


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