La nuit des diables: Critique et test Bluray



Après «Le Venin de la peur» et «Exorcisme tragique», Le chat qui fume offre un visa pour la haute définition à «La notte dei Diavoli/La nuit des diables». Au programme, une œuvre quasi testamentaire pour un Giorgo Ferroni (Le moulin des supplices) en bout de bobine pour ne pas écrire en fin de parcours. Une ballade tantôt horrifique, tantôt mélancolique trempant un récit librement inspiré de Tolstoï, dans les profondeurs boisées d'un «trou du cul du monde» grisailleux et arraché au temps. Mais également une édition 3 disques, massive et que l'on aurait pu croire quelque peu disproportionnée si le spectacle délivré ne constituait une prise de choix pour les amateurs de mauvais genre. Chose promise, chose due, l'Ecranbis.com tire sa révérence estivale sur ce dernier papier diaboliquement bis, singeant l'aussi épique qu'ubuesque sortie d'un accordéoniste auvergnat et présumé leveur de princesse sur le point d'un céder place... « Au revoir »

  "Une ballade tantôt horrifique, tantôt mélancolique trempant un récit librement inspiré de Tolstoï, dans les profondeurs boisées d'un trou du cul du monde grisailleux et arraché au temps."

 Retrouvé désorienté en plein campagne Nicola ne parvient plus à assembler le puzzle de sa vie mais ses pensées sont toutefois régulièrement traversées par des image insensées et écœurantes. Les carabins s'inquiètent, les infirmières s’émeuvent, mais rien n'y fait, le jeune homme ne sait plus trop où il campe, ni même si il est venu en tente ou en caravane. L'arrivée d'une pimprenelle à priori à amoureuse à son chevet va toutefois l'aider à remettre de l'ordre dans ce passé fuyant. Il se revoit traversant les bois à toute allure et par une péripétie automobile, atterrir dans une ferme isolée. Recueilli pour la nuit par une famille de peczous aux croyances quasi moyen-ageuses, Nicola prend son mal en patience et se décide pour tuer le temps d'entreprendre la fille cadette de la famille: La douce Svenka, qui précisément a l'air de s'emmerder un peu et ne cache guère son impatience de rencontrer le loup, voire de le suivre à la ville pour faire les soldes.

«La nuit des diables  prend des airs de poème pelliculaire...et de songe éveillé"

Les yeux doux s'échangent, les corps se frôlent, sous le regard impassible d'une frère très occupé à grimper sa veuve de tante et d'un patriarche décidé à mettre fin à un terrible fléau transformant les membre de la famille en créatures démoniaques. Mi morts, mi vivants...Un peu vampire mais sans les dents. (La rime est offerte) Malheureusement avant que les réparations de la voiture de Nicola soient terminé (Vous connaissez les promesses de garagiste ?), la mort va frapper.


"Une film d'atmosphère donc, un film crépusculaire également"

Formidablement classique dans son propos mais paradoxalement aussi très moderne dans la forme de son récit (le choix d'une narration en flashback et d'une fin frôlant le twist de peu), «La nuit des diables » prend des airs de poème pelliculaire...et de songe éveillé.De fait, le jet de Ferroni marque au moins autant par ses incursions( au passage parfaitement gratuites voire illogiques) dans le gore et l’érotisme que par la profonde tristesse qui se dégage des décors, et peut être de ses personnages égarés entre la vie et la mort. Une film d'atmosphère donc, un film crépusculaire également puisque «La nuit des Diable » restera l'une des dernières cartouches du cinéma fantastico-gothique transalpin Au fond, il n'est pas interdit d'y voir disparaître une forme d'imaginaire traditionnel, folklorique...Bientôt supplantée par une horreur plus moderne, parfois plus citadine mais toujours plus frontale...Et déjà en partie et de façon prémonitoire contenue dans «La nuit des diables »


"...et l'une des dernières cartouches du cinéma fantastico-gothique transalpin"

Au rayon des choses remarquables, Gianno Garko et sa moustache poilante tente d'échapper au Western spaghetti, genre lui même déclinant. On murmure qu'Agostina Belli n'a jamais été plus belle à l'écran ( D'ailleurs dans les bonus, elle est encore comestible... Quoi ? Faites pas les choqués ! C'est bon la vieille ! ) et Carlo Rambaldi , qui une décennie plus tard s'inspira de Régine pour créer l'E.T. De Steven Spielberg, s'est vu confier la réalisation des effets spéciaux. C'est dire si vous auriez tort de ne pas troquer un peu de votre temps de baignade pour cette ballade en territoire fantastique. En tous les cas, si votre porte monnaie ne vous permet pas de faire coup double, c'est sur celui ci qu'il faut miser.



Un œil sur le disques :

Nous parlions d'édition massive et il faut bien avouer que «Le chat qui fume» a sur sa dernière ration vidéatisque placé la barre haute. Un digipack 3 disques (1 Bluray et 2 DVD) proposant le jet de Ferroni dans un master 1080p impeccable et dans son scope d'origine. Pour le plaisir des cages à miel, de l'italien et du français en DTS HD Master audio et Ac3, ainsi que des sous titres français. Côté suppléments, c'est l'ivresse. Le contenu se passe littéralement de commentaires :

Présentation du film par Olivier Père, interviews d'Agostina Belli, de Gianni Garko, Cinzia de Carolis, Giorgo Gaslini, Nino Celeste. Un début alternatif français, un livre audio, un rip de la VHS française et des fillms annonces. C'est orgiaque !






Le Grand Tournoi/ The Order : Critique et test bluray



En juillet, Metropolitan DVD (Distribution Seven 7) met «Jean Claude Van Damme» à l'honneur. L'éditeur français s'est fendu de deux Bluray «double programme», le premier réunissant «Black Eagle, L'Arme Absolue» et «Full Contact», le second s'entichant de «The Orde » et du «Grand Tournoi». C'est d'ailleurs de ce deuxième disque dont nous parlons aujourd'hui dans ce qui est sans doute l'une des toutes dernières chroniques de ce premier semestre 2016. Dans les semaines qui viennent, Ecranbis.com baissera le rideau.

Dans la deuxième partie des sacro-saintes 90's, Jean Claude Van Damme accède pour la première fois à la réalisation avec "The Quest» devenu «Le Grand Tournoi» sur le territoire français. Le film échappe aux artifices de l'action flix et de la série B pour se parer d'un drap quasi Hollywoodien. La production au budget relativement confortable (30 millions de dollars américains) s'autorise une guest star de premier ordre en la personne du britannique Roger Moore (James Bond), des shooting locations à l’exotisme délicieux et du carton patte à tous les étages. Ce n'est pas le faste, mais le cœur et l'application y sont. Car non content d'en mettre plein la vue, «Le Grand Tournoi» joue la carte d'un esthétisme emprunté aux blockbusters, scope rutilant, composition de plan brillante. Faut-il y voir le coup de génie du débutant ou l’œuvre de Peter McDonald (Réalisateur de Rambo 3) ici crédité en qualité de producteur executif ? Roger Moore décrivant un tournage chaotique et un Van Damme dépassé par le situation penche en tous les cas pour la deuxième proposition. 

"Dans la deuxième partie des sacro-saintes 90's, Jean Claude Van Damme accède pour la première fois à la réalisation" 


Le récit original signé Frank Dux et Jean Claude Van Damme trempe d'abord dans le film d'aventure à la Indiana Jones, rappelant par son ton les deux «Allan Quatermain» un peu calamiteux produits par la Cannon dans les années 80. Jusqu'à ce que le scénario retrouve les rails du film de combat dans une dernière demi heure, quasi exclusivement offerte à l'affrontement de brutes épaisses sur un set et des décors splendides. On y retrouve donc un peu (beaucoup) de Bloodsport et déjà un peu des innombrables tentatives d'adaptations cinématographiques de jeux vidéos (Tekken, Mortal Kombat...). Produit hybride par excellence, «Le Grand Tournoi» a tout d'un comic book filmé. Dans cette quête déshabillée de message et de symbolique, tout n'est que dorures , apparat et coup dans la gueule. Un film de surface donc, traversé plus qu'habité par des personnes caricaturaux. Le ton presque enfantin du spectacle, la grandiloquence forcée de certaines scènes prêtent parfois à sourire. Mais il serait malhonnête d'écrire que l'on s'y ennuie, ne serait-ce qu'une seconde. Les inconditionnels du belge virevoltant y trouveront en tous les cas plus que leur compte.

"...le scénario retrouve les rails du film de combat dans une dernière demi heure, quasi exclusivement offerte à l'affrontement de brutes épaisses" 




A quelques encablures de là, le cap d'un nouveau millénaire franchi, Jean Claude Van Damme se retrouve à l'affiche de «The Orde ». Sheldon Lettich, réalisateur de «Full Contact» et «Double Impact». Le film se trouve produit par la branche friquée (mais toujours plus qualitative) de la Nu Image. Millenium oblige, «The Order» profitera d'un tournage bulgare dans les studios Nu Boyanna acquis par la firme à Sofia mais également des décors israélites, entre Jérusalem et Tel Aviv. Le résultat constitue peut être l'un des plus égarements de la carrière de JCVD. Sur fond d'un quête mystique préfigurant un peu le «Da Vinci code», Lettich brode une historiette gentiment soporifique dont le tonalité oscille perpétuellement entre premier et second degré. Cette difficulté à doser humour et action, concilier la comédie et le sérieux des enjeux de l'intrigue, ruine instantanément le propos... A tel point que les critiques n'hésiterent à s'essayer aux jeux de mots hilares et à sous titrer la tentative d'une tag line ironique « Les aventures de Rabbi Jean Claude » .

"...un des plus égarements de la carrière de JCVD"




Il faut bien le dire, il n'y a dans « The Order » pas grand chose à sauver. Et en tous les cas pas une facture frisant par instant le téléfilmique.

Un oeil sur le disque:
Deux films mais pas l'ombre d'un bonus. On se consolera avec des masters haute définition dans les clous en Flat 1.85 pour "The Quest" et scope pour "Le grand tournoi". Pour le plaisir des cages à miel, des pistes DTS HD Master Audio en langue français et originale anglaise. Des sous titres français sont disponible.










Black Eagle, l'arme absolue/Full Contact : Critiques et test Bluray


"Double Van Damme !" ... L'éditeur Metropolitan DVD ( Distribution Seven) semble avoir fait sienne l'accroche de "Double Impact". Deux Bluray 2 films mettant en vedette l'acteur belge atteindront les linaires des vos vidéostores préférés le 4 juillet prochain. Ecranbis.com était sur le coup...  Et on commence avec "Black Eagle, l'arme absolue" et "Full Contact"

L'épave d'un bombardier américain gisant au fond de la mer méditerranée renferme un système électronique de défense sophistiqué permettant aux missiles d'atteindre leur cible avec une ultime précision. La CIA dépêche «Black Eagle » un de ses meilleurs agents sur place mais le KGB espére également mettre la main sur le bijou technologique. Black Eagle va devoir affronter, une arme humaine nommée Andrei. 


"Black Eagle, l'arme absolue s'accroche de fait plus aux coups de tatane de Sho Kosugi, longtemps resté le ninja attitré de la glorieuse firme Cannon. "

A la fin des années 80, Jean Claude Van Damme n'est pas encore star et mais ses prouesses acrobatiques impriment déjà les écrans et les rétines. Sa filmographie pré Bloodsport, bobine virage dans la carrière de l'acteur belge, est marquée par deux traversées du cadre. Karaté Tiger (un sous Karaté Kid) et Black Eagle, l'arme absolue. Deux rôles secondaires qui se répondent presque et dans lesquels, Jean Claude campe l’ennemi impassible et sans état d’âme, la machine à tuer venue du froid. L'anti communisme et l'anti sovietisme sont depuis plus d'une décade dans l'air du temps. Ces films que l'on pourrait sans doute qualifier de mineurs embrasseront un succès populaire à contre temps, c'est à dire une fois l’athlète mis sur orbite. Black Eagle, l'arme absolue s'accroche de fait plus aux coups de tatane de Sho Kosugi, longtemps resté le ninja attitré de la glorieuse firme Cannon. 


" Le film côtoie le fond de panier de la série B, allant jusqu'à rappeler les bananeries d'un Cirio H. Santiago. Rétrospectivement et contre toute attente, c'est peut être ce qui rend le spectacle savoureux".

Visiblement pas très à l'aise dans cette histoire d'espionnage vague et perdu en plein décors Maltais, Sho Kosugi montre très vite les limites de son jeu d'acteur. Jean Claude Van Damme lui vole pratiquement la vedette et Black Eagle, l'arme absolue prend des airs de passage de relais. La présence physique du belge, la modernité de ses figures crèvent littéralement l'écran. Eric Karson ( réalisateur d'Octagon, la fureur du juste ou encore Le camp de l'enfer) est aux commandes mais à l'image du bombardier américain coulé en pleine méditerranée proposé par le script, Black Eagle, l'arme absolue prend l'eau de toute part. Le film côtoie le fond de panier de la série B, allant jusqu'à rappeler les bananeries d'un Cirio H. Santiago. Rétrospectivement et contre toute attente, c'est peut être ce qui rend le spectacle savoureux. 


"Lionheart devenu sans que l'on comprenne pourquoi Full Contact pour le territoire français, met la barre plus haut. "

 Tourné quelques années plus tard par le scénariste de Rambo III et Bloodsport, « Lionheart » devenu sans que l'on comprenne pourquoi «Full Contact » pour le territoire français, met la barre plus haut. On y suit les péripéties de «Lion» , légionnaire en faction à Djibouti. Son frère brulé à mort (ou presque) par des dealers de drogue, le jeune soldat abandonne ses frères d'armes et tente de revenir en Californie pour y retrouver sa belle sœur et sa nièce. Manque de chance, le bateau sur lequel il embarque ne le mène que sur la côté est. A New York City plus précisément où il découvre que les combats sanglants dans les parking de Manhattan peuvent rapporter un peu d'argent. 


"Full Contact, aussi sympathique soit son propos, reste un action flix basique et sans grande subtilité"

Le récit développé autour d'une idée de JCVD lui même hésite entre bons sentiments et coups bien sentis. Étonnamment, les scènes de combats n'occupent qu'une petite partie du métrage. Filmées de près, sans chichi... Dans « Full Contact » la souplesse du belge virevoltant n' est pas vraiment mise à l'épreuve (Contrairement l'affiche d'époque où Jean Claude se fend de son fameux grand écart).Van Damme s'y révèle même bon comédien et dévoile pour le plaisir des dames un fessier musculeux. Pas de quoi pour autant qualifier le film pour la prochaine Saint Valentin, car il faut bien le dire «Full Contact», aussi sympathique soit son propos reste un action flix basique et sans grande subtilité. Les fans de Jean Claude Van Damme seront comblés... mais risquent d'être les seuls. 



Un œil sur le disque:

Pas de suppléments en vue, mais des masters haute définition de qualité (Plein cadre 1.78) accompagnés de pistes originales (sous titres optionnels) et française .

Blue Jean Cop / Le scorpion rouge : Critique et test Bluray


Cet été , Carlotta Film un offre un passeport pour la haute définition à huit films ayant marqué les années «VHS». Alors que «Frankenhooker» et la trilogie des «Basket Case» sont attendus le 24 août, une première salve de bluray est sur le point de faire apparition sur les linéaires de vos vidéostores Après Maniac Cop et «The Exterminator, le droit de tuer»... Votre site préféré continue sa une série de papiers "Double Programme" spécial «Midnight Collection» par "Blue Jean Cop" et "Le Scorpion Rouge"

Robert Dalton , avocat New Yorkais sur le départ,  se trouve chargé  d'une dernière affaire et  de la défense d'un dealer accusé d'avoir assassiné un policier dans Central Park. Dalton se tournant vers Richie Mark, un flic aux méthodes atypiques , ne tarde pas à découvrir les drôles de manières des  petites mains du NYPD,  de leur accointance avec la pègre,  ceux que l'on nomme les "Blue Jean Cops" pour ne pas dire ripoux. Mais on ne lève pas ce genre de voile sans en payer le prix...

"New York City, jungle urbaine magnétique est toujours en toile de fond,  mais Blue Jean Cop, comparé aux précédents jets du cinéaste bénéficiera d'un budget à la hausse"

Quatre années après que le cinéaste se soit associé avec Leonard Shapiro pour fonder la Shapiro-Glickenhaus Entertainment (SGE), James Glickenhaus revient à la réalisation avec un "Shakedown" plus connu sur les marchés internationaux (et en France d'ailleurs) sous le titre Blue Jean Cop. New York City, jungle urbaine magnétique est toujours en toile de fond,  mais Blue Jean Cop, comparé aux précédents jets du cinéaste (The exterminator ou Le soldat) bénéficiera d'un budget à la hausse et d'une distribution  plus "bandante". Un Peter Weller sortant du tournage de Robocop, Sam Elliott (Mask) , Paul Bartel ou encore Antonio Fargas. La réalisation s'est aussi considérablement affinée. Blue Jean Cop baigne dans une photographie le plus souvent sublime, explorant avec égal bonheur les entrailles de Manhattan , le comptoirs de ses pubs et la pelouse d'un central park que jonchent les pipes à crack.

"...si vos finances ne vous autorisent qu'un seul achat sur cette première grappe de Bluray Midnight Collection, c'est sur Blue Jean Cop qu'il faut miser !" 


Glickenhaus, producteur , scénariste et réalisateur livre une œuvre hybride, hésitant entre le polar carabiné et l’ersatz fauché de "Lethal Weapon".Les chaudes  nuits de la grand pomme, ses putes, ses dealers et ses flics ripoux d'un côté, de l'autre le goût des répliques bien senties et d'un spectaculaire quasi Hollywoodien. Un  grand écart magnifiquement exécuté si l'on excepte un final abracadabrantesque, surréaliste et desservi par des incrustation en Blue Screen horriblement datées. Peu importe, ce petit polar injustement tombé dans l'oubli est à classer parmi les meilleurs fruits de la série B américaine des années 80. Autant dire que si vos finances ne vous autorisent qu'un seul achat sur cette première grappe de Bluray "Midnight Collection", c'est sur Blue Jean Cop qu'il faut miser ! 





Machine à tuer, agent spécial Soviétique, Nikolai, reçoit pour mission l'assassinat d'un chef rebelle africain menaçant les intérêt du régime communiste. Mais sur place, le soldat se trouve assailli par le doute.

Apparu au cœur des années 80 dans deux franchises fameuses (James Bond et Rocky), Dolph Lundgren tente de faire une place parmi les gros bras d'Hollywood. En 1987, la Cannon lui sert sur un plateau le rôle de «Musclor» dans l'adaptation cinématographique des « Maitres de l'univers » mais l’insuccès critique et commercial du film viennent quelque peu plomber les espoirs du jeune comédien qui retrouve toutefois un rôle principal et pratiquement un rôle titre avec un film de moindre envergure mais resté fameux. Ce sera « Red Scorpion » ou « Le Scorpion Rouge » en France. Jospeh Zito est aux commandes. Le cinéaste n'est pas prolifique mais on lui doit déjà un épisode de la franchise Vendredi 13, et surtout deux action flix qui ont marqué la décennie, deux des plus emblématiques apparitions cinématographiques de l'acteur Chuck Norris : Missing in action (Portés disparus) et Invasion USA.

"Le cinéma de Zito apparaît dans Le scorpion rouge sous son meilleur jour. Un cinéma frontal, basique, déshabillé de subtilité mais incroyablement efficace."


Le cinéma de Zito apparaît dans «Le scorpion rouge » sous son meilleur jour. Un cinéma frontal, basique, déshabillé de subtilité mais incroyablement efficace. Tout est pratiquement dans l'image qui imprime successivement l'écran et la rétine, dans la jouissance qu'elle procure. Évidemment, l'idéologie est partout, l'anti communisme s'affiche avec un ferveur rétrospectivement presque dérangeante. Dans l'affront suprême que constitue le retournement d'un agent d'élite soviétique, on retrouve un peu du « Firefox » de Clint Eastwood. L'idée d'une machine de guerre se retournant contre son camp. Mais l’âpreté de l’exécution et le primaire du discours virent à la caricature. Il est peu dire que Le scorpion rouge trempe dans le jus de son époque. 

"l’âpreté de l’exécution et le primaire du discours virent à la caricature. Il est peu dire que Le scorpion rouge trempe dans le jus de son époque."

Initialement budgété à hauteur de huit millions de Dollars américain, la production épique et nous dit-on rocambolesque (Faute d'autorisation, l'équipe de tournage du se rabattre de nouvelles shooting location au dernier moment) finira pas coûter le double. Ce qui ne serait rien si l'on avait appris que l' Afrique du Sud, en pleine Apartheid n'avait généreusement mis la main à la poche pour soigner son image internationale. Délicieusement datée et généreuse, cette pétaradante série B est depuis entrée dans le culte et installa pour de bon Lungren dans un cinéma d'action américain parfois ( pas toujours) fauché, en qualité de star de seconde zone. Inversement pour Zito, elle prit une qualité quasi crépusculaire. Après le tournage du «Scorpion rouge», la réalisateur disparaît des écrans radars pour ne réapparaitre timidement qu'une décennie plus tard avec deux sous produits à la réputation téléfilmique.



Un œil sur les disques :


Toujours pas de mauvaise surprise de la part de Carlotta Films et de la Midnight Collection, Blue Jean Cop et  Le scorpion rouge sont présentés dans de beaux transferts haut définition 1080p au format flat  1.85 pour le premier , plein cadre 1.78 pour le second, accompagné de pistes DTS HD Master audio stéréo pour les version originales et monophonique pour la version française. Notons la disponibilité de sous titres français et la présence au menu de bande annonce en HD.

The exterminator /Maniac COp : critique et test Bluray



Cet été , Carlotta Film un offre un passeport pour la haute définition à huit films ayant marqué les années «VHS». Alors que «Frankenhooker» et la trilogie des «Basket Case» sont attendus le 24 août, une première salve de bluray est sur le point de faire apparition sur les linéaires de vos vidéostores. Blue Jean Cop, Le Scorpion Rouge, Maniac Cop et «The Exterminator, le droit de tuer»... C'est d'ailleurs par ces deux  films que votre site préféré s'attaque à une série de papiers "Double Programme" spécial «Midnight Collection».


«A la guerre, vous devez tuer pour rester vivant, dans les rues de New York, c'est souvent la même chose». En 1980, l'affiche de «The exterminator » surfait la vague du Vigilante Movie. Un courant né une décennie plus tôt... Un exercice tenant pratiquement du grand écart entre un cinéma d'exploitation racoleur et un cinéma politique, voire idéologisé. Puisque la justice des hommes ne peut que faillir, puisque la justice divine ne répond plus aux prières, l'homme,abandonné à son sort et à sa condition, seul face à lui même, n'a plus qu'un chemin devant lui . Se retrousser les manches et appliquer la loi du talion. Le genre, poreux par nature, se nourrit aussi bien du western et que du comics, de l' insécurité réelle ou fantasmatique qui s'est installée dans les jungles urbaines. Des villes étranges où la modernité glaciale répond aux quartiers en ruine. En matière d’effarant taux de criminalité, l’Amérique est à l'avant garde, New York au sommet du monde.

"Le film de James Glickenhaus raconte aussi une Amérique d'après guerre et peut aussi trouver sa place dans le tiroir du cinéma Vietnam. "



Le film de James Glickenhaus raconte aussi une Amérique d'après guerre et peut aussi trouver sa place dans le tiroir du cinéma Vietnam. Son héros, John Eastland (interprété par Robert Ginty) est avant même d'être un justicier expéditif, un soldat. Dressé pour tuer, confronté à l'horreur des enfers verts et dont le retour au pays rime avec petits boulots mal payés et humiliations... 150 000 vétérans américains engagés sur le conflit auraient mis fin à leur jour suite après avoir goûté aux joies du «Home Sweet Home». Pratiquement trois plus que le nombre de soldats tombés au combat. Une statistique glaçante et un traumatisme qui trouvera écho dans le cinéma populaire. Pendant plus d'une décennie, l’Amérique tentera de panser ses blessures, le cinéma jouera le rôle de défouloir.
 
"Tourné sans véritable génie mais avec un goût certain pour la violence et le voyeurisme, The Exterminator réussit à installer un atmosphère, dévoilant un far west moderne, crasseux à souhait que traverse un bourreau à gueule d'ange. Le film est indiscutablement le fruit d'une époque." 


Tourné sans véritable génie mais avec un goût certain pour la violence et le voyeurisme, The Exterminator réussit à installer un atmosphère, dévoilant un far west moderne, crasseux à souhait que traverse un bourreau à gueule d'ange. Le film est indiscutablement le fruit d'une époque. Dit autrement, visionné à l'aube de l'été 2016, le jet de Glickenhaus apparaît moins choquant ou poignant que dans nos souvenirs embrumés de clients de vidéo club. C'est un fait ! Le message reste lui intacte. La fin ouverte, laissant son flic sur le carreau et John Eastland en scelle, martèle que face au crime, la police et à travers elle la société ne peut que faillir. Entre glorification du ménage par le vide et vision quasi anarchiste d'un justicier juge et bourreau... The Exterminator porte le coup là où ça fait mal.

"Entre glorification du ménage par le vide et vision quasi anarchiste d'un justicier juge et bourreau... The Exterminator porte le coup là où ça fait mal."

Au rayon des choses remarquables, Robert Ginty trouve son premier grand rôle au cinéma. On croise également Christopher George (Frayeurs, Le sadique à la tronçonneuse, Graduation day) et l'athletique Steve James ( Les guerriers de la nuit) qui sera appelé à traverser le cadre de bon nombre de séries B fameuses dont le "Vigilante" de Lustig, "American Warrior" un et deux ou encore "Le ninja Blanc".


Un œil sur le disque :

Carlotta fidèle à son habitude livre un disque classieux. Le film est présenté dans un master Haute définition 1080p au format plein cadre 1.78. ça fourmille un peu mais nous n'avions jamais vu «The exterminator » dans de meilleures conditions. Pour le plaisir des oreilles, des pistes monophoniques anglaise et française encodées en DTS-HD Master Audio ainsi que des sous titres français. On regrettera peut être l'absence de sous titre anglais et une section supplément limitée à une bande annonce haute définition.


 Réalisé huit ans plus tard par William Lustig (Maniac, Vigilante), Maniac Cop tente d'enfoncer le clou du cynisme dans le cinéma d'un cinéma sécuritaire, ou insécuritaire...C'est selon. Non seulement, la police ne peut plus rien pour vous, mais elle compte désormais dans ses rangs un psychopathe balafré aux airs de croquemitaine. Oui il y a dans Matt Cordell , flic exemplaire mais un poil expéditif, déclaré mort après son incarcération à Sing Sing et revenu faire couler le sang dans la grande pomme, un peu de Michael Myers des «Halloween», du Freddy Krueger des «Griffes de la nuit» ou encore du Jason des «Vendredi 1 »... Pratiquement invulnérable, le flic maniaque se relèvera durant deux séquelles ( Maniac Cop 2, Maniac Cop 3), ramené à la vie par sa soif de vengeance et l’insatiable appétit de producteurs ayant flairé le bon filon.
  
 " Réalisé huit ans plus tard par William Lustig, Maniac Cop tente d'enfoncer le clou du cynisme dans le cinéma d'un cinéma sécuritaire, ou insécuritaire...C'est selon."


Slasher de seconde zone, très «B» mais indiscutablement culte, Maniac cop doit aussi au polar et au Thriller dont il reprend les codes de façon quasi caricaturale. Le commissaire noir américain bougon, la fliquette mignonne (Laurene Landon), le vieux loup (Tom Atkin) et l’innocent condamné dont le rôle revient à un Bruce Campbell tentant de donner un peu d'élan à sa carrière poste Evil Dead. Globalement la direction d'acteur est défaillante, s'égare parfois à la limite du risible, le budget ostensiblement étriqué semble n'avoir pas permis tout ce que Lustig avait en tête. Mais le film lacéré de carte postales New-yorkaises, nocturnes et sublimes vaut essentiellement par la force de ses images. La figure de l'ordre devenu facteur de désordre dans la plus fantasmatique des jungles urbaines. Un inversion de canevas toute entière annoncée dans une scène devenu fameuse où une jeune femme agressée par deux malfrat se précipite sur un agent de police qui lui donne la mort. Dans les arrières plans, Manhattan la crasseuse, ses lumières s’abîmant dans la gris ténébreux de ses artères. Un magnifique tour de passe passe puisque l'équipe de tournage n'a pu posé ses valises que trois jours à New York.. Mais le cinéma n'est-il pas l'art du faux ? 

"Slasher de seconde zone, très B mais indiscutablement culte, Maniac cop doit aussi au polar et au Thriller dont il reprend les codes de façon quasi caricaturale." 


Un œil sur le disque :

Le disque propose de redécouvrir Maniac cop dans un master1080p au format Flat  1.85 et à la haute définition réjouissante. Côté audio, une piste française DTS HD Master Audio monophonique et des pistes originales anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0.  Des sous titres français et une bande annonce (HD) sont disponibles.