Blair Witch: critique et test Bluray




Entré en production puis tourné dans le plus grand secret, sous un titre provisoire (The Woods) pour ne pas éveiller les soupçons des fans, Blair Witch cuvée 2016 nous avait pris par surprise au retour des vacances. Le coup de com orchestré par Lionsgate était maîtrisée mais la mini hype qui grossit entre l'annonce du subterfuge (au Comic-Con de San Diego) et la sortie effective de la bobine ne dura qu'un mois. Ce deuxième et tardif prolongement de l'effort zélé de Myrick et Sanchez devait se faire cueillir par la presse spécialisée... Blair Witch eu beau récolter huit fois sa mise de départ (45 millions de dollars de recettes dont 20 millions sur le territoire nord américain, pour un budget initial de 5 millions seulement) , l'effort fut considéré comme l'un des flops de l'automne. Il faut dire que Lionsgate confessa s'être délesté de 20 millions de dollars supplémentaires pour la seule promotion du film.

"Entré en production puis tourné dans le plus grand secret, sous un titre provisoire (The Woods) pour ne pas éveiller les soupçons des fans, Blair Witch cuvée 2016 nous avait pris par surprise au retour des vacances."

 « Cinq millions de dollars c'est peu... Mais c'est beaucoup pour ce qui est donné à voir... » Ricanait-on en sortie de séance. Car oui, les géniteurs du «Blair Witch Project 3» n'ont pas lésiné sur les moyens, allant jusqu'à reconstituer la maison abandonnée du 1er film (depuis détruite par un propriétaire qui, nous dit-on, ne supportait plus les «va- et vient» des fans). Pour les intérieurs, un décor gigantesque et à trois niveaux fut construit en studio. Un travail de titan réalisé à partir de photos retrouvées sur internet. Chaque pierre et lambeau de papier peint est à sa place. Un soin identique sera porté à la ballade bucolique qui occupe 80% du métrage. Les sentiers empruntés par l'équipe de tournage furent séparés des sentiers empruntés par les acteurs pour conserver à la branche près, la qualité «sauvage» des décors. 

"les géniteurs de Blair Witch  n'ont pas lésiné sur les moyens, allant jusqu'à reconstituer la maison abandonnée du 1er film (depuis détruite par un propriétaire qui, nous dit-on, ne supportait plus les «va- et vient» des fans)."


Problème... de ce méticuleux travail aux frontières du « Fan film » et de la révérence, pas grand chose n'imprime l'écran ou plutôt le traverse de manière trop furtive. La faute à la forme même du métrage, aux codes et aux  tics du «Found Footage». Au final et d'un point de vue plastique, pas grand chose ne sépare son « jet » des dizaines répliques fauchés qui atterrir sur les chariots de nos platines DVD, dans le sillon du «Blair Witch Project » , premier du nom. C'est finalement surtout à la force d'un montage malin signé Louis Coiffi (Carnosaur 3, la série Dexter) que ce troisième opus marque des points. Une question de rythme qui fait justement défaut à bon nombre de bobines du genre. Ici pas de temps perdu, Wingard expédie la présentation de ses personnages en moins d'un quart heure. Le message est bien reçu. Les véritables stars du film restent la forêt, la mythologie Blair Witch et sa sorcière volontairement invisible, même si précisément ce Blair Witch 2016 nous laisse furtivement entrevoir quelque chose. Il faudra jouer de la télécommande et du bouton pause pour se faire sa propre idée..

" Le message est bien reçu. Les véritables stars du film restent la forêt, la mythologie Blair Witch et sa sorcière volontairement invisible, même si précisément ce Blair Witch 2016 nous laisse furtivement entrevoir quelque chose"


 A l'autre bout du tunnel et du métrage, 10 minutes aux allures foraines. La conclusion du jet de Wingard se donne des airs de train fantôme et joue de toute les cordes (Claustrophobie, Boo effects à gogo... ). Histoire de mettre les nerfs à rude épreuve. C'est réussi. A l'instar du « The Visit » de M. Night Shyamalan , «Blair Witch» parvient à contredire l'évidence. Le genre ou plutôt l'exercice de style a beau avoir été abîmé par 18 années d'exploitation , il n'a peut être pas encore tiré ses dernières cartouches. Ce que paye le film, c'est au final surtout la posture un poil «geek and snob» de ses géniteurs, tentant de contourner, voire d'éjecter «Book of Shadows» de la mythologie Blair Witch. Au moment même ou le film de Joe Berlinger connaît une forme discrète de ré évaluation. Gosh …Bad Timing... 

"Loin d'être un coup de maître, mais loin de la purge annoncée, Blair Witch ne méritait en tous les cas les torrents de boue qui accompagnèrent sa sortie en salle... Ce conte d'Hansel et Gretel modernisé ne s'égare pas en chemin


Loin d'être un coup de maître, mais loin de la purge annoncée, « Blair Witch » ne méritait en tous les cas les torrents de boue qui accompagnèrent sa sortie en salle. Cet "Hansel et Gretel modernisé" ne s'égare pas en chemin et les fans de ce qu'il faut désormais appeler franchise peuvent donc ramener leurs guêtres sans craindre la gueule de bois. Pour les autres, l’œuvrette semblera certainement plus dispensable. C'est l' jeu ma pauvr' Lucette !

Un œil sur le disque :


Comme d'habitude, Metropolitan Video/Seven 7 s'est fendu d'un bluray techniquement haut de gamme même si «Blair Witch», pour cause d'exercice de style, ne profite pas pleinement de la haute définition. Le Master 16.9 présente le film dans son jus. Comprendre un Academic Flat 1.85, accompagné de pistes française et anglaise spatialisées avec sous titres français s'il vous plaît. La bonne nouvelle vient d'une section bonus particulièrement dense avec une série de longs documents, certes un peu auto satisfait mais nettement plus instructifs et intéressants que les featurettes expéditives accompagnant de plus en plus souvent les productions américaines actuelles.



Les collines nues: critique et test DVD


Artus films aura attendu le mois de février pour livrer sa première galette. L'éditeur français, droit dans ses bottes, poursuit une exploration du western américain et commence l'année 2017 avec une œuvrette relativement obscure et peu documentée, tombée à pic dans le domaine public outre atlantique : «The Naked Hills » qui vient trouver dans son titrage français (Les collines nues) une traduction litterale. Ecranbis.com ouvre le chemin...


"Planté au beau milieu des fifties, Les collines nues apparaît d'abord comme un western économe recentré sur la destinée de deux papillons de nuit pris dans la lueur des réverbères."

Planté au beau milieu des fifties, Les collines nues apparaît d'abord comme un western économe recentré sur la destinée de deux papillons de nuit pris dans la lueur des réverbères. L'énième récit d'une ruée vers l'or ou d'une fuite en avant... Les collines de Californie en point de mire, la soif de l'or pour motivation.

  Évidemment, la dimension parabolique du récit ne tarde pas à émerger. Métal précieux ou dieu dollar, au fond peu importe, c'est bien le rêve américain qui est ici dans la balance. Mirage justifiant tout et son contraire... Là où rien n'est impossible, au fond rien n'est impensable. Les deux hommes ne tardent pas à découvrir que tout décors a son envers et à l'instar d'Hollywood ou Wall street, le miracle californien peine un peu à cacher l'évidence. A l'homme honnête, trois vie ne suffiront pas à devenir riche. La réussite connaît ses raccourcies et ceux ci passent nécessairement par des routes mal éclairées. L'argent sale est une affaire de mains propres. Si le cinéma Américain se met à causer comme Mélanchon, le monde est mal barré...se dit-on... 

"Évidemment, la dimension parabolique du récit ne tarde pas à émerger. Métal précieux ou dieu dollar, au fond peu importe, c'est bien le rêve américain qui est ici dans la balance. "



Par la juxtaposition de deux destins, Les collines nues se donne  souvent l'apparence d'un conte moral, rappelant avec fermeté et insistance son spectateur à l'ordre. L'espoir a parfois le parfum d'un venin. Au fond, débarrassé des oripeaux du Western , le chemin de Tracy est celui qu'emprunte tout homme rêvant  de caresser la lune. Et même lorsque la chance tourne, que la colline livre enfin le trésor de ses entrailles... Cette éclaircie se paye au prix du sang, d'un amour déçu...Celui d'une petite employée refusant de blanchir les liasses de monsieur... et celui d'un fils que Tracy n'a pas vu grandir. Noir c'est noir... Cette petite production indépendante a le mérite de choisir son camp... Même son happy end fait la gueule ! Si je puis dire... 

"Le film confirme l'extra ordinaire capacité de l'Amérique à raconter sa face sombre, à faire jaillir ses doutes et produire son auto critique, sous la forme d'un cinéma populaire, sous le prétexte du cinéma de genre. "



Côté facture, l'effort ne brille pas particulièrement mais Shaftel s'applique à tenir la barre. Classique , modeste, son jet se traverse avec plaisir (Peut être parce que la dite traversée n'est pas très longue... ) Mais c'est surtout par l’inattendu de sa proposition, prenant le modèle américain (enfin l'idée  que l'on se fait du modèle américain) à revers, que le métrage marque des points et confirme l'extra ordinaire capacité de l'Amérique à raconter sa face sombre, à faire jaillir ses doutes et produire son auto critique, sous la forme d'un cinéma populaire, sous le prétexte du cinéma de genre. Rien que pour ça, ça vaut le coup d’œil.


Un œil sur le disque :

Artus films livre «Les collines nues » dans une édition épurée. Une copie correcte baignant dans son ratio 1.37 d'origine, accompagnée d'une simple piste audio anglaise et de sous titres français. Dans la mine aux bonus, un diaporama et des bandes annonces. Ok donc  !

Assault on precinct 13: Critique et test Bluray


Histoire de fêter dans dignement le quarantième anniversaire d'Assaut, l'éditeur britannique «Second Sight » livre un Bluray d'anthologie. Une édition dite «Limited » massive pour un métrage culte, profitant d'un nouveau tranfert Haute résolution restauré, embarquant la bande originale du film sur un CD séparée et 5 cartes collector. C'est disponible depuis déjà quelques jours outre manche et bien entendu dans les quelques boutiques françaises ( réelles ou en ligne) pratiquant l'import. Ecranbis.com qui ne manque jamais une occasion de chanter les louanges de « Big John » a sauté sur l'occasion et livre un papier emballé ! 

"Une entrée magistrale, en quelque sorte, dans l'histoire du cinéma par la porte du low budget."

Sur la papier, et peut être sur le papier seulement, Assaut sur le central 13 est le second long métrage de John Carpenter. Dans les faits pour ne pas écrire dans les cœurs, il est pratiquement le premier. Le premier tourné en Panavision , le premier à porter l'empreinte visuelle et sonore «Carpenter» comme un étendard... Une entrée magistrale, en quelque sorte, dans l'histoire du cinéma par la porte du low budget. Une œuvre étrangement carrefour devant autant au western, à la chute du Fort Alamo, à Rio Bravo, à la blacksploitation, au polar suintant le vigilante, le street gang movie... tout caressant l'inexplicable...

 "Un film longeant les frontières du fantastique sans jamais sauter le mur mais rappelant autant «La nuit des morts vivants» qu'il n'annonce ou prédit «Zombie»"

 Un film longeant les frontières du fantastique sans jamais sauter le mur mais rappelant autant «La nuit des morts vivants» qu'il n'annonce ou prédit «Zombie» … Il suffit de voir ses corps muets presque sans visages s’agglutiner aux portes, traverser les fenêtres pour s'en convaincre... Tendre l'oreille pour entendre Ethan Bishop offrir quelques mystérieuses explications solaires à une hémorragie criminelle en cours touchant une cité des anges désincarnée, absente, vide, déserte et crépusculaire. Le commissariat N°13 se pourrait-il être le dernier îlot de vie dans un Los Angeles glissant dans les ténèbres ? Tout comme l'église à al modernité glaçante de «Prince Of Darkness » Il faudra attendre la fin du métrage pour que Big John se raccroche aux branches de la raison et circoncise son apocalypse à un pâte de maison. 

"Il y a aussi dans Napoleon Wilson déjà un peu de ces anti héros que le cinéma Yankee s'offre inlassablement comme un miroir, un négatif , incarnant la fascination/ répulsion que l’Amérique exerce sur elle même.  "



Ne cherchez pas, tout le cinéma de Carpenter est là... Un univers traversé les yeux mi clos , à travers le cache du scope donc, l’élasticité des espaces et des distances, l'art du mouvement, l'illusion de la simplicité ou de la sophistication, on ne sait plus trop. Il y a aussi dans Napoleon Wilson déjà un peu de Snake Plisken , un peu de John Nada, de Jack Burton, de James « Desolation » Williams, de ces mauvais garçons aux mains sales, mais à l'esprit vif et aux répliques boxantes. Ces anti héros que le cinéma Yankee s'offre inlassablement comme un miroir, un négatif , incarnant la fascination/ répulsion que l’Amérique exerce sur elle même. Comme souvent chez Carpenter, la jeunesse, qu'Hollywood a pris astucieusement pour sujet et pour cible, n'a pas le droit de citer. Juste celui de se prendre une balle, gratuitement et pratiquement à bout portant… (ou celui d'incarner le mal dans quelques bobines à suivre) . Une scène plus que jamais ahurissante et transgressive. 

"...la femme, ce personnage aux contours incertains, à la psyché insaisissable que Carpenter dessine avec inquiétude et hésitation, chatte sauvage ou chatte d’appartement, assurément et toujours féline  "



Et puis il y a la femme, ce personnage aux contours incertains, à la psyché insaisissable que Carpenter dessine avec inquiétude et hésitation, chatte sauvage ou chatte d’appartement, assurément et toujours féline .Laurie Zimmer y fait sa premiere apparition cinématographique, à quelques pas d'une disparition totale et mystérieuse des écrans radars. Un étonnant et splendide documentaire français dans la partie supplément du disque 'Do you Remember Laurie Zimmer ? » se lance à sa poursuite dans l'interminable banlieue que constitue Los Angeles.Et puis il y a dans « Assaut » comme l'essentiel de la filmographie de « Gros John « , ce personnage qui ne traverse jamais le cadre, ce narrateur sans mot... Une bande originale électronique, minimaliste, répétitive et entêtante, tournant le dos aux mélodies et aux envolés lyriques, calme mais sûre d'elle, quasi mécanique à l'instar d'un montage que Carpenter signe sous pseudonyme. Le score d'Assaut sur le central 13 appelle presque celui de « Escape from New York ». 

"Assault on precinct 13 résiste aux assauts du temps, aux visionnages répétés, affiche sa modernité et sa qualité de Classique du cinéma US à chaque tour de bobine"



Étrangement, Assault on precinct 13 résiste aux assauts du temps, aux visionnages répétés, affiche sa modernité et sa qualité de «Classique du cinéma US » à chaque tour de bobine, sa nature double d’œuvre aboutie et de point de départ...Vous avez dit «Masterpiece » ?


Un œil sur le disque :

Il faudra être vigilant car Assault on precinct 13 nous parvient dans deux éditions Bluray aux visuels identique. La différence se joue sur quelques add-ons bienvenus ( La cd de la bande originale et des cartes collector) uniquement disponible dans la version dite «Limité». Le contenu du Bluray est lui identique. Le film est restitué dans son jus (c'est à dire son scope 2.35) d'origine dans un master frolant la perfection. Côté plaisir des cages à miel, deux mixages en langue anglaise. Le premier en DTS HD Master Audio 5.1, le second en dual mono PCM. Des sous titres anglais accompagne la danse... Côté suppéments, l'ivresse guette avec : 



- Retour sur le central 13 : Une nouvelle interview de l'acteur Asutin Stoker
- Produire « Assault » : Une nouvelle interview du producteur executif Joseph Kaufman
- Tourner avec John : Une nouvelle interview de Tommy Lee Wallace
- Captain voyeur : un cours métrage d'étude de John Carpenter (8 minutes environs)
- Do you remember Laurie Zimmer ?( Documentaire français)
- Un interview de John Carpenter et Austin Stoker
- « The Sassy one », un document avec Nancy Loomis Kyes
- Un commentaire audio avec John Carpenter
- Un commentaire audio avec Tommy Lee Wallace
- La bande annonce d'époque
- Les spots radio.


31 : critique et test Bluray




« Rob Zombie a de bonnes idées mais c'est souvent celles des autres » me glissait récemment , entre deux verres, un cinéphile taquin dont je tairais ici le nom. Lorsque c'est drôle et méchant, c'est souvent que c'est un peu vrai. Très pressé de se trouver un nouvel idole, la presse et le web spécialisé ( on se met volontiers dans le lot) en a peut être un peu trop fait (comprendre autant que sur «The Theatre Bizarre») sur le pauvre Rob Zombie. Papiers dithyrambiques, fleurs, pommades, prosternations, cris de collégiennes et déclarations enflammées...On a peut être vu très tôt, trop tôt, comprendre à peine «La maison des milles morts» ayant imprimé nos écrans, un sillon, une carrière, que dis-je , une «œuvre» se dessiner. Mais à moins de vouloir confondre obstinément renouveau ou redite, ceux qui ont objectivement cherché une œuvre fondatrice dans la dite filmographie, ont surtout fait choux blanc. Deux bobines arche-boutées sur le Redneck Movie à la Texas Chainsaw Massacre, deux autres accrochées aux baskets d'Halloween et une de plus piochant sans retenue dans 40 ans de satanisme déposés sur pellicule...

"31  nous parvient par la bande, c'est à dire par le marché de la vidéo domestique. Sans que le moindre observateur ne s'en émeuve, preuve que l'effort, au vues de ses ambitions et de son résultat, est au fond à sa place."

Tout tout pour ma Sheri, ma Sheri...

Ce lancé de pétales de roses était d'autant plus discutable qu'il annonçait pratiquement la disgrâce à venir. Curieusement celle-ci vint lorsque Rob Zombie accéda à l' indépendance. C'est à dire au moment où l'on aurait pu attendre du musicien cinéaste, ses jets les plus personnels pour ne pas écrire intimes. Au milieu des sacro saintes 80's, lorsque Carpenter, John de son prénom, s'échappe de l'Alcatraz Hollywoodien, il accouche de «Prince Of Darkness» et de  "They Live". Lorsque Rob Zombie claque la porte de Dimension Films, il s'en va réaliser «Lords of Salem» puis «31». Faut-il poursuivre la démonstration ?  Sans énorme surprise, puisque ce fut également le cas pour «Lords of Salem», «31» nous parvient par la bande, c'est à dire par le marché de la vidéo domestique. Sans que le moindre observateur ne s'en émeuve, preuve que l'effort, au vues de ses ambitions et de son résultat, est au fond à sa place.

"31 est un teen movie avec des vieux, un tournée Hache , fendre et tête de bois"

Doomhead, une vrai publicité vivante pour son dentiste
 Une nouvelle fois Zombie exhibe sa belle et compagne (Sheri Moon Zombie) aux yeux des spectateurs, rappelant l'obsession d'un Franco pour Lina Romay ou de Nicolas Sarkozy pour Carla Bruni.(C'est au choix, mais le choix est vite fait). Une nouvelle fois, Zombie malaxe cinéphilie sincère et influences diverses pour accoucher d'une sac de nœuds typique. Un peu de Running Man par ci, un peu d'Hostel par là, un peu de Texas Chainsaw Massacre aux entournures … et du torture porn à tous les étages. Un canavas classique. A la différence près qu'au lieu d'envoyer une poignée de gosses délurés à la mort, le cinéaste s'autorise, sans pour un autant  faire évoluer son propos, un cast étrangement plus mur.  De là à écrire que « 31 » est un teen movie avec des vieux, un tournée « Hache , fendre et tête de bois", il y a un pas. Reste que cette originalité générationnelle sauve finalement les meubles. Le reste est une vague histoire d'esthétisme, de plans semblant sortir tout droit de vidéo clips métal, le tout contenu dans un scope contredisant une pâte vidéastique  HD  très prononcée.

"Un peu de Running Man par ci, un peu d'Hostel par là, un peu de Texas Chainsaw Massacre aux entournures … et du torture porn à tous les étages"

Vous avez dit clippesque ?
  Passées quelques effusions gores peut être plus timorées que prévu et quelques fesses ayant traversé le cadre ( Dont celles de la pauvre Ginger Lynn dont on aurait préféré garder quelques torrides souvenirs adolescents) «31» se montre économe et se  borne même à dérouler une partition  très mécanique et sans doute trop artificielle pour véritablement embarquer son spectateur dans ce qu'il lui a  été vendu comme «un enfer sur terre ». On finit par se dire que la longuette séquence introductive en noir et blanc annonçait presque la couleur... Rob Zombie aux commandes ou pas, "31" est un énième torture porn DTV, certes pas désagréable mais à réserver à un public très ciblé.  Dit autrement , les indécrottables fans de Zombie et sa greluche peuvent donc s'y frotter sans craindre d'y laisser des plumes...Les autres sont priés de s'en tenir loin". La mention "réservé à un public averti" trônant au dos de la jaquette n'a jamais été plus à propos.

"Les indécrottables fans de Zombie et sa greluche peuvent donc s'y frotter sans craindre d'y laisser des plumes...Les autres sont priés de s'en tenir loin"

L'éditeur a eu la bonne idée de nous dispenser de véritable supplément au profit d'une second film «Lord Of Salem» sur un disque Dvd supplémentaire. Presque aussi imparfait, mais nettement plus trippant, ce précédent jet Zombiesque encore attaché au soutien gorge de la belle Sheri, a au moins le mérite de quelques savoureux dérapage stylistique et de convoquer en mémoire le cinéma de Polanski , Jodo, Kubrick et (si vous avez beaucoup fumé) Lynch. On prend !

Aristocratie, oisiveté, perversité et symboles sataniques font toujours bon ménage dans le cinéma de genre...

Un œil sur le disque:

Seven 7 livre un disque de bonne tenue présentant "31" dans son scope d'origine (Ratio 2.40) et un master HD 16/9 sympathique accompagné de mixages DTS-HS Master Audio 5.1 en version originale (sous titres disponibles) et en version doublée en français. Le second disque, simple définition embarquant "Lords of Salem" présente un master à la compression visible (Ah les dalles HD ne font pas de cadeaux) mais loin d'être indigne. La chose est annoncée pour le 2 janvier 2017 

La plage sanglante : Critique et test DVD



Dans la série roulements de tambours et un dernier coup pour la route, Ecranbis.com livre sa dernière chronique de l'année 2016. On aimerait vous promettre une année 2017 radieuse, des galettes comme si il en pleuvait, une gaule formidable et une banane atomique, mais on va prudemment se contenter de vous transmettre nos meilleurs vœux. On en profite tout de même pour vous causer d'un titre annoncé depuis belle lurette puis repoussé aux calanques grecques. La plage sanglante a finit par atteindre nos côtes grâces aux efforts du plus écailleux des éditeurs français. Une rondelle tombée dans nos mimines poilues, pas plus tard que ce matin... et un spectacle à regarder tartiné de crème solaire, les Ray Ban sur le nez pour rester dans l'ambiance...



" Une réplique aux dents de la mer, tendue comme un miroir au concept de Jaws"

En Californie, une femme disparaît mystérieusement en promenant son chien sur la plage. Mise en abyme involontaire et/ou providentielle, le « Blood Beach » de Jeffrey Bloom a lui aussi disparu de nos écrans radars. Mieux cette réplique aux dents de la mer, tendue comme un miroir au concept de Jaws (La menace se terre dans le sable et non plus dans l'eau vous suivez toujours ?), tourmente les cinéphiles de tout poil et de toute nation depuis l’avènement du support optique. Un Zone 1 traînant une réputation de bootleg, un disque teuton s’échangeant à prix d'or et de slip à slip, non il n'est pas aisé de poser le regard sur cette série B devenue culte à la force de son invisibilité et de son affiche.... Une nymphe le corps pris dans le sable fin , les arguments mammaires en évidence, les bras en croix à la façon du général, le four ouvert... comme les coquines à cartable découvrant la nouvelle collection printemps été de chez Jennifer... 

"A défaut d'entrain, La plage sanglante mise donc sur le classicisme et sur l'ambiance. Il n'en faudra pas plus pour provoquer l'extase du cinéphile nostalgique, tout heureux d'exhumer quelques souvenirs locatifs embrumés." 

Regarder sa meilleure amie gloutonner l'homme invisible à la plage...ça c'est fait !
Jeffrey Bloom traîne son concept une petit heure et demi, faisant preuve d'une générosité très relative et d'un sens du rythme discutable. Peu importe le film trouve ses qualités dans une facture très début 80's et un goût certain pour la photo glossy (ça rayonne comme dans un rêve). A défaut d'entrain, La plage sanglante mise donc sur le classicisme et sur l'ambiance. Il n'en faudra pas plus pour provoquer l'extase du cinéphile nostalgique, tout heureux d'exhumer quelques souvenirs locatifs embrumés. D'autant plus que la chose nous parvient dans une édition relativement satisfaisante qui reprend à priori ( du moins à en croire le générique ) le master du DVD allemand. L'image est très acceptable.  Il faudra  par contre composer, faute de mieux avec du 4/3 tout en précisant qu'il semble ici s'agir d'un Open matte. Du moins c'est ce que laisse penser la comparaison avec la bande annonce cinéma embarquée sur le disque. On ne perd donc pas véritablement d'image...C'est déjà ça.

La plage ...C'est l'Open Matte...

Insert non identifié absent du DVD français
La légende entourant l’existence d'une version «uncut » de la plage sanglante.

Reste à décortiquer la légende entourant l’existence d'une version «uncut » de la plage sanglante. Plusieurs sources semblent faire référence à un montage alternatif incorporant des plans supplémentaires. Ce montage aurait été utilisé pour la VHS allemande du film mais également pour une version en langue anglaise qui a été mise en ligne. D'après le blog français "Dead Still Alive" qui a pu échanger avec Jeffrey Bloom par email, ces plans n'auraient été tourné ni par Jeffrey Bloom, ni lors du tournage de "Blood Beach". Nous sommes donc face à des inserts  d'origine non identifiée et dont le seul but est de rendre les attaques plus graphiques. Il est a noter que ces plans sont absents de ce disque français. 


Un œil sur le disque :

Cette édition français embarque des pistes audio française, anglaise et espagnole, accompagnées de sous titre français. Rayon bonus: un séquence coupée, les bandes annonces TV et cinéma et un diaporama. 
ça...ça doit faire mal !