Anthropophagous : Critique et test DVD



La nouvelle a fait, il y a quelques semaines, le tour de la bissosphère et l'effet d'un bombe. Antropophagous et Horrible, pépites transalpines du début des 80's, dont les éditions DVD françaises manquaient encore à l'appel, allaient enfin se frayer un chemin vers nos platines. Pour ne rien vous cacher, nous étions au courant depuis quelques semaines puisque "partenaire" de ces deux sorties attendues (avec nos collègues d'Horreur.com et Psychovision). Mais le mot d'ordre de l'éditeur «Motus et bouche cousue !» fut respecté à la lettre et nous restâmes muets comme des tombes. Les deux films étant disponibles depuis quelques jours à la vente par correspondance, Ecranbis.com rompt cette promesse de silence et attaque la visite par le monumental «Anthropophagous ». "L'homme qui se mange lui même" avertissait la jaquette VHS. Un art du narcissisme culinaire qui valait bien une chronique. A table !

Devine qui vient manger ce soir ?
Le bon sens dicterait sans doute que ces modestes lignes débutent par l'incontournable dépeçage des carrières de Joe D'Amato et Georges Eastman. Une autopsie de circonstance !  Ne croyez nullement que le temps où l’intérêt me manque. Mais comment sur ce site dont la tagline fut longtemps «Un autre regard sur le cinéma de genre» servir les mets déjà disponibles sur d'autres tables ? Impossible  ! S'égosille par email notre tyrannique rédacteur en chef qui se prélasse à longueur d'année dans le sud de la France en attendant que les chroniques tombent. Il faut également dire, qu'ayant, à force de copinage acharné, pu visionner avec un peu d'avance un entretien avec David Didelot (qui accompagnera la prochaine édition d'un autre d'Amato, chez un autre éditeur), bonus sans doute appelé à devenir une référence, je dû me rendre à l'évidence. Il  me fallait attaquer l'édifice par une autre pente, escalader ses reliefs par la voie plus hésitante et plus tortueuse de la cinéphilie. 

Pour la déco je mets 8, mais la viande manquait franchement de cuisson.
Pour comprendre le rapport que toute une génération (la nôtre) entretient avec Anthropophagous, il convient de remonter le temps jusqu'à l'ère préhisto-locative  et des temples de la cinéphilie que furent les vidéo clubs. Dans ces lieux de pèlerinage que nous traversions accompagnés de nos "Thénardiers" respectifs jusqu'à l'autel, pardon jusqu'au comptoir, nous admirions d'un œil furtif les vitraux disposés ci et là. Illustrations folles, titrages improbables, les icônes d'une culture  à venir ou plutôt  "encore sans nom", se bousculaient sur les linéaires. Mais il fallait attendre l'âge de la communion pour enfin goûter au corps et au sang du bis. En secret dans nos chambres, nous lisions l’évangile selon saint Marc Toullec en récitant les «notre Jean Pierre Putters» à la chaîne. Évidemment pour un petit garçon de 10 ans passant devant la jaquette d' Anthropophagous, l'idée même qu'un «type puisse dévorer ses propres entrailles» avait de quoi éveiller quelques questionnements. (La morale s’arrête-t-elle là où la faim dans le monde commence ?). Je ne cacherai pas plus longtemps que lorsque la péloche de D'Amato accepta d'écarter les jambes, je fus dans un premier temps un poil dépité et débité d'une location sur ma carte d'abonnement.

Il fait aussi son propre saucisson sec !

La réalité d'Anthropophagous, pour ne pas dire sa singularité, sa force, est sans doute d'avoir marqué une époque, un cinéma et une cinéphilie, sans être spécifiquement un film novateur ni même un bon film. Une belle brochette de touristes débarquent sur une île grecque déserte et se trouve poursuivie par un assassin sanguinaire... Script minimal trouvant à l'écran une illustration d'un classicisme extrême. Pas de quoi convoquer en mémoire les écrits d'Ariane Grimm (Je m'emmerde... Je m'emmerde!) mais assez pour douter de promesses faites par les visuels. Un film à voir la main sur la bouche, le doigt dans le culte ! Bon ce n'est peut être pas tout fait écrit comme ça, mais dans l'esprit, on y est. Et puis voilà le monstre, ce dégénéré, rendu fou par un soleil de plomb, ayant sacrifié à l'instinct de survie toute forme de morale et d'humanité. Voilà ces scènes chocs tant attendues et pour lesquelles ce bout de péloche fut sanctifié, celle du fœtus, celle de l'auto dégustation sans oublier les terrifiantes déambulations d'un Eastman maquillé à la truelle. Ah oui quand même ! se dit-on, même si avec le recul, les effets ont perdu un peu de leur superbe... 

Elle a visiblement les règles en tête (oui elle est un peu longue à venir... Mais elle est très bonne)
Au fond, Anthro... ( Pour les intimes) n'est que cela, un film d'épouvante à la facture conventionnelle mais lacéré par un concept ahuri et une poignée de séquences anthologiques.  Presque bizarrement  quelques 34 ans après sa réalisation, ce mariage de classicisme et de folie  fonctionne encore, avec une certaine forme de grâce, abandonnant le spectateur à une interrogation somme toute légitime. Y voit-on le meilleur ou le pire du cinéma gore italien ? Je préférais dire qu'on y voit un cinéma d’extrémité en vous laissant choisir le sens de la marche et de la démarche. Culte ? Le mot, victime d'une érosion continue et des vagues de critiques, accroches et jugements à l'emporte pièce , veut-il dire encore quelque chose ?  Quand tout est culte plus rien ne l'est. Incontournable... Oui certainement par contre.  Bref entre deux canettes de bière, le gonflage de la bouée canard des gosses et le tartinage de madame à la crème solaire premier prix, évadez-vous messieurs, vous l'avez mérité... Glissez un DVD d'Anthropophagous dans vos caddie virtuels. 

Georges découvrant son élimination de "Top Chef"

Le disque:

Cette première et peut être dernière (vu l'état actuel du marché de la vidéo) édition française d'Anthropophagous a le mérite de présenter une version complète du film (91 minutes) dans son format d'origine 1.66 (Master 16/9) avec une qualité d'image relativement correcte si l'on considère la rareté de l’œuvrette. (Vos levrettes sont-elles de plus en plus rare ? Vous voulez témoigner sur un webzine de qualité ? Contactez la rédaction d'Ecranbis.com).  Bach films a eu l'excellente idée de proposer des pistes en langues française, anglaise et italienne, accompagnées de sous titres français. Sur l'île au bonus: Christophe Lemaire présente, humour en bandoulière, la ration pelliculaire du jour, et l'on pourra découvrir une version alternative du générique ainsi qu'une bande annonce. Notons qu'un effort tout particulier a été fait sur la packaging puisque le disque nous arrive dans un beau digipack dont la face avant présente un gaufrage, cachant dans ses entrailles trois belles cartes postales collector dont une reprend les visuels d'une superbe affiche américaine. 15€ à commander sur Bachfilms.com en cliquant ici.









Horrible : critique et test DVD



Si la lecture de la chronique d'Anthropophagous ne vous a pas coupé l’appétit, soyez rassurés, il y a des restes. Pour ne rien vous cacher, j'avais misé sur la trêve vidéastique pour tirer le rideau numérique... En congés! Repassez en septembre ! Je me voyais déjà, détendu de la chronique, traînant en slip du soir au matin, m'affalant sur le premier canapé de passage, mon chat sur la tête.... n'ayant pour seule et unique souci, la rédaction de quelques menus écrits destinés à la publication des prochains numéros de Médusa fanzine et Vidéotopsie. Mais voilà, la cinéphilie ne dort jamais ! Huit heures du mat tapante, après une nuit folle, partagée avec une télécommande dont j'ai oublié le nom (C’était une asiatique, c'est la seule chose dont je me souviens), l'équipe de Bach Film au grand complet tambourine à la porte: «Débout ducon !». Pas le temps de poser le pied à terre, que la serrure cède... Plaqué au sol par Monsieur, frappé à coup de digipack par Madame, je me souviens soudainement avoir oublier de chroniquer quelques galettes... Horrible non ?
D'Amato a-t-il percé les mystères de la femme ?

1981, à peine remis d'Anthropophagous, le tandem d'Amato/Eastman revient, avec l'un des plus beaux visuels de l'histoire du cinéma fantastique italien sous le bras. Ce sera Horrible pour la France, Absurd pour l'Angleterre (où il fut classé dans la fameuse liste des Video nasties), Rosso Sangue pour les Italiens. Les trois appellations collant à merveille à ce produit du terroir transalpin, il n'est pas forcement nécessaire de trancher. Seul le retitrage «Monster Hunter» américain interroge. Les droits tombés outre-Atlantique dans les mains d'un certain Charles Band (Un mec pas très connu, pas la peine de retenir son nom), la chose gagnera un vrai titre à la con et  un visuel la faisant passer pour une prolongation de la nuit des morts vivants. Notez au passage que le film fait partie des fameuses "Big Box" soit disant perdues, miraculeusement retrouvées puis vendues à prix d'or par l'ex empereur ( 45$ pièce, 50$ avec dédicace de Band, c'est du bon boulot nourrir les gosses et éventuellement s'acheter une mobylette, pour les ballade du dimanche matin...avec...  mais je ne vais pas réécrire la chanson). A l'heure où j'écris ces lignes, 210 pigeons manquent d'ailleurs encore l'appel, à votre bon cœur messieurs dames.
Maintenant dès que je pécho une meuf, je la chauffe direct !
Monsieur Lemaire, à nouveau convoqué dans les bonus pour le plus grand plaisir des bisseux rigolards, ne se trompe pas. Horrible répond a un double cahier des charges... Profiter de la vague gore italienne et du succès d'Antropophagous tout en embrassant un genre en vogue : le slasher à l'américaine. Problème, le maigre postulat de départ, son psychotique échappé de l’hôpital, semant des cadavres comme le petit poucet sème des cailloux, peine à rendre le récit véritablement consistant et même apte à soutenir sa furie visuelle. Le petit flirt avec le fantastique voire la science fiction (notre tueur a acquis la capacité de régénérer tissus comme cellules et souffre par conséquent d'une forme aiguë d'immortalité), ne semble pas véritablement passionner D'Amato. En résulte une déambulation aussi sanglante qu'inexpliquée dans les galeries du macabre. Tête percée, passage au four... et j'en passe. Tout pour le plaisir des yeux , aussi crevés soient-il... 

Bernard, Il a un compas dans l’œil, dommage qu'il soit planté

Bizarrement, Horrible, bien qu'amputé d'un scénario à la hauteur, impose une ambiance voire un climat. Est-ce le talent de D'Amato de sans cesse perfuser son métrage en scènes choc ? Est-ce l'indiscutable présence d'Eastman qui suffit à faire naître l'angoisse dans nos petits cœurs de spectateurs ? Il s'avère bien difficile de répondre. Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ! Quitte à enfoncer le clou je ne suis pas loin de préférer les coups de sang d' «Horrible» aux tripes d'Anthropophagous. Sans doute par la gratuité du métrage et sa capacité à maintenir son propos dans le "dérangeant" ....  jusqu'à son dernier plan.

Reste à établir le lien supposé qu'Horrible entretient avec Anthropophagous le premier fut parfois présenté comme la suite du second. Outre le fait de remettre sur les rails le tandem D'Amato/Eastman, plusieurs indices pourront sans doute mettre le cinéphile attentif sur la bonne voie. Nous noterons pour commencer que notre maboule  se retrouve intestin en mains au début d'Horrible Comme cela était le cas à la fin d'Anthropophagous et surtout qu'il s'est échappé de Grèce. Preuve en est qu'il s'en passe décidément des belles à Mykonos  (si en plus de se la mettre, ils se la bouffent... ).
Quand on vous disait que c'était tiré par les cheveux...

Le disque :

L'édition Bach reprend «à priori» le même matériel utilisé par le Zone 1 américain (Mya) qui est la meilleure édition disponible à ce jour (du moins à ce que je sais). Le film est présenté dans un format approchant le 1.75 non anamorphique (4/3) et utilisant deux sources. D'un côté un transfert de qualité "à mes yeux" acceptable (admirez la prudence) mais il est vrai, flanqué d'une petite barre blanche sur le côté droit. Auquel a été ajouté, dans l'objectif de fournir le montage le plus complet possible, quelques scènes extraites de VHS. D'où les changements de qualité. (Comme sur le zone 1). On peut certes discuter de l'intérêt d'avoir monté ces séquences plutôt que de les mettre en bonus. Même si cela pose un problème d'homogénéité de la copie, je suis plutôt pour l'idée de l'insertion dans le film. On retrouve comme dans l'édition d'Anthropophagous des pistes française, italienne et anglaise, accompagnées de sous titres français. Dans le four à bonus, une présentation du film par Christophe Lemaire, une bande annonce et un diaporama. Le tout embarqué dans un digipack contenant 3 cartes postales collectors. A commander sur le site de Bach film pour le prix d'un conso à l'Amnesia du Cap d'Adge... 

Christophe tentant d'imiter l'affiche du film...C'est pas parfait !
Mais y'a quelque chose !


Varsity Blood: Preview



Attention braves et jeunes gens, «Varsity Blood» pointera le bout de son nez le 11 août prochain chez nos cousins d'Angleterre grâce à une édition DVD portant la griffe d'Image Entertainment UK, récente déclinaison et extension britannique d'Image Entertainment. Ne nous voilons pas trop la face, la probabilité pour que cette péloche atterrisse un beau jour dans nos bacs risque d'égaler nos chances de gagner la coupe d'Europe. Ce n'est pas pas perdu, mais confessez que ce n'est pas gagné ! Ecranbis.com sort par son conséquent d'une torpeur très estivale, abandonnant serviette de bain et beignets de plage, pour livrer un preview hexago-exclusif. Ce qu'on ne ferait pas pour toi lecteur ! On se le demande !


Donne moi un «D». Donne moi un «I». Donne moi un «E». Tantôt nymphe sautillante tantôt pouffiasse hystérique, la cheerleader, également taxée de «Pom Pom Girl» active son frais popotin des terrains de sports à nos écrans en rut ! Point d'équivalence de ce côté de l'atlantique où l'on se contente de classer l'animal dans la famille des majorettes ou du géranium. (C'est selon) La pom pom girl est donc sans grande discussion possible un étendard de chair, un bruyant et gloussant sommet de la pyramide de la jeunesse américaine. Édifice social dans lequel la sacro-sainte notion de «popularité» sert bien évidemment d'ascenseur...en panne. Mais sur le terrain du cinéma de genre, les symboles ont la vie dure et la mort certaine. Nos hôtesses de stade ne sont jamais les dernières à goûter au tranchant de la lame... En témoigne ce saignant «Varsity Blood», hommage certes un peu démuni mais totalement sincère au slasher movie des années 80.


Le script tient pratiquement sur un papier de chewing-gum. En pleine fête d'Halloween, période propice à la célébration des morts et à la perte de vie, les étudiants de l' Hogeye High School trouvent en la mascotte des Warriors (leur équipe de football) un bourreau implacable... La suite est pratiquement connue d'avance: entre diktat  du «Body Count», bowling humain et enfilade de perles gores. On ne le dira jamais assez: le Slasher est par nature un genre récitatif, un comptine adolescente et cinématographique normée à l’extrême. Varisty Blood joue donc la carte de révérences appuyées,du front à terre et offre à son tueur grimée en indien de pacotille le loisir de mettre à mort à la chaîne en se conformant aux codes de l'exercice. Ça décapite, ça saigne, ça écrase, ça trépane avec talent à défaut d'originalité. En ce l'effort de Jake Helgren, tout vidéastique soit-il, fait son petit effet. Dommage que le jeune réalisateur ait cru nécessaire d'adjoindre à son spectacle quelques douloureuses séquences de dialogues, transpirant de turpitudes adolescentes. Mais il faut bien satisfaire le public ostensiblement visé par ce genre d’œuvrette !



Pour le cinéphile éclairé, l'argumentaire tournera certainement plus autour de la présence de la scream queen canadienne Debbie Rochon. Un raison de plus de se coincer ce «Modern Slasher» dans la platine. Pour les autres, Varsity Blood, en dépit d'un budget qu'on imagine peu permissif, aussi serré qu'un string  et d'une touche très DTV, s'autorise des effets spéciaux particulièrement bien torchés et osés. Impossible de ne pas voir en ce festival de flèches  machettes, décapitations, une révérence aux travaux sanglants de Jason, Michael Mayers et autres croquemitaines masqués. Quelques jolies filles en prime ! Que demande le peuple ? Le service presse de l'éditeur ne nous ayant pas encore fait parvenir une version définitive et commerciale du disque, mais un screener, il nous est impossible d'en dire plus sur la qualité technique de la galette à venir ou sur son interactivité. Sachez cependant que le disque que nous avons pu visionner embarquait une copie fort honorable, à la définition honnête  Il n'y a donc pas de raison pour que le dvd attendu le 11 août prochain quitte les rails de l'excellence.



Bref, ceux qui arpentent le versant moderne du Slasher movie, sont priés de présenter les cartes bancaires. La chose devrait être commandable en ligne ainsi que dans toutes les boutiques proposant l'import .

The last horror film : critique et test bluray



Grosse actualité vidéastique de l'autre côté de la Manche, où l'éditeur 88 films vient d'annoncer une toute nouvelle collection de galettes (DVD et Bluray) entièrement dédiée aux classiques du Slasher. Ajoutons une très attendue édition haute définition de «The Toxic Avenger»  et nous en aurions presque oublié la sortie Bluray de «The Last Horror film», initialement prévue à la mi-juin mais visiblement décalée puisque nous avons reçu le matériel de test il y a quelques heures et au moment où nous écrivons ces lignes, le film reste en pré-commande sur les sites anglais. On s'est donc demandé un temps, si nous devions publier la présente chronique ou la retenir jusqu'à la disponibilité du disque... Après mure réflexion (on déconne on a tiré à pile ou face). Mais nous avons décidé de ne pas vous faire languir plus longtemps. La critique et le test Bluray de «The Last Horror Film» c'est maintenant et totale exclusivité (en «avant première» comme certain de nos confrère aiment l'écrire) française sur Ecranbis.com.

Edit : Au moment de la publication, 88 films a fait savoir que la date de sortie est fixée au 21 juillet 2014.


Il est des péloches qui, pour raisons diverses, invisibilité momentanée, déficit d'intérêt de la presse et du web spécialisé, cinéphiles tombés aux combats, sortent lentement mais sûrement des écrans radars. «The Last horror film» de David Winter en fait résolument partie. Il y a pourtant fort à parier que plus d'un de nos lecteurs, dont nous ignorons pas le passé de cassetto-junkie et de rats de vidéo club, se soient retrouvés au hasard de leur pérégrination en territoire magnétique face à l'une des multiples éditions VHS estampillées MPM production du film sous le titre «Les Frénétiques». Les souvenirs remontent à la surface de la mémoire... pour éclore sous forme de bulles nostalgiques. «The Last Horror Film» à ne pas confondre avec «The Last Horror Movie» (Faites gaffe, on vérifiera)  est à inscrire dans une sorte d'après «Maniac». Spinell, Joe de son prénom, immanquable second couteau New Yorkais vient de trouver dans l'effort de Lustig ce qui ressemble à un sommet de sa carrière. Parcours pelliculaire appelé à prendre fin avec les derniers souffles conjoints de l'acteur et d'une folle décennie.


L'idée fondatrice de «The last Horror Film», également connu sous le titre plus saillant de «Fanatic» est  sans doute, ne la cachons pas, celle de réunir un tandem. Celui de Maniac A ma droite Spinell, son cuir facial buriné et son regard fou, à ma gauche  la sculpturale Caroline Munroe,  ange aux cheveux bruns, mi James Bond Girl, mi Scream Queen. Mais ne nous laissons pas abuser par la perspective, que dis-je le trompe l'œil, offert par la face strictement exploitative de l'édifice. «Les frénétiques» est d'abord une délicieuse curiosité cinématographique, une «bizarrerie» carabinée jouant de la mise en abîme, du film dans le film et du rapport cinéphilique. La chose annonce ainsi (et quelque part) le Angoisse de Bigas Luna,  peut être également l'effort «Screamisant» de Wes Craven et pourquoi pas «La cité de la peur». Ou quand le cinéma d'horreur se regarde le nombril un couteau à la main !


«The Last Horror Film» commence, ça ne s'invente pas, dans une salle obscure. Sur l'écran, une blonde pulpeuse et dévêtue baignant dans son jus, vient de se faire mettre au courant sur le tard... Un assassin rode. La victime s'est fait grillée. Face à l'écran, Vinny Durand (Joe Spinell), chauffeur de taxi le jour , cinéphile compulsif la nuit, tremble pour de bon. Mais au delà de sa passion pour le 7e art, Vinny peut se vanter de connaître l'amour...à sens unique. Il est à Jana Bates (Caroline Munroe), splendide actrice de classe internationale ce que mon ami Stéphane E. ( Fondateur et rédacteur du sympathique site horreur.com) est à Tracy Lord. Et lorsqu'on connaît l'érudition du web éditeur pour l'ex-étoile du Hard US, ce n'est pas comme dit : Pas rien ! Découvrant que Jana s'apprête à trimbaler son évanescence et son jolie popotin sur la croisette en plein festival de Cannes, Vinny décide de prendre la Munroe par les cornes. Il saute dans le premier avion au départ de La Guardia direction le soleil de la Riviera un objectif en tête. La faire jouer dans un film qu'il projette de tourner.


Sur place, notre chauffeur apprenti cinéaste déchante un peu. Il y a bien le ciel , le soleil, la mer et une poignées de cagoles en strings. Mais approcher une telle célébrité n'est pas offert au premier venu. Étrangement (ou pas), l'ambiance festivalière va céder la place au cauchemar. Tourné à même le pavé lors du sacro-saint Festival de Cannes, «Les Frénétiques» se payent le luxe d'attraper Adjani, Mastroianni dans le cadre. Des participations involontaires mais autorisées par la dimension documentaire du métrage.

Pour le reste, le film de Winters (Space Mutiny) adopte le langage du cinéma horrifique américain du premier tiers de la décennie tout en caressant son vocabulaire à venir. Sale ambiance, onirisme appuyé sur fond musical pré- synthrock, réalisme granulaire flirtant avec l'arty embrassent la superficialité suintante du repère à bling bling Cannois. Arrivée d'un  train en gare de La Ciotat , départ en TGV de la gare de Cannes ! Toute l'histoire du cinéma en un allé retour. Quand on vous disait qu'avec la SNCF tout était possible ! Mais passons, je m'égare. Peut être trop nonchalant dans son développement mais suffisamment étrange pour capter l'attention, The Last Horror Film  abandonne ses dernières minutes à un volte face pour le moins inattendu. Dernier coup de couteau à son auditoire quelque peu médusé. Voilà donc le genre de spectacle délicieusement  bizarroïde offert par le visionnage de ce Bluray de bonne facture. Très recommandable !




Le disque:

La carton placé avant le lancement du film, avertissant que le master a été réalisé à partir de plusieurs sources (dont des negatifs) et qu'en dépit des efforts consentis par l'éditeur, la copie n'est pas parfaite... fait craindre le pire. Mais il n'en est rien. The Last Horror Film nous parvient dans un beau bluray dont le master au format 1.85 offre une définition très honorable. (mis à part quelques inserts) Quelques coup griffes ci et là et quelques «légers sauts» ont sans doute motivé l'éditeur à ce genre de prise de précaution. Attention aucune option française n'est proposé par le disque. Mais on se consolera avec une section Bonus remplie jusqu'à la gorge. Jugez sur pièce :

-Une introduction par Lloyd Kaufman
-My Best Maniac: Un entretien avec Luke Walter, un ami proche de Joe Spinell
-Un entretien avec William Lustig (Réalisateur de Maniac)
-Un entretien avec Caroline Munroe (questions/réponses)
-Des spots TV du film
-Des bandes annonces éditeur
-Le court métrage Maniac 2


Notez enfin que le disque est ZONE ALL ! à commander en cliquant sur : The last horror film sur Amazon.co.uk

88 films annonce une collection Slasher classics


L'éditeur Londonien 88 Films a annoncé hier par communiqué de presse,  le lancement d'une nouvelle collection Slasher Classics dédiée comme son intitulé l'indique à la face tranchante du cinéma d'exploitation. Les 4 premiers titres de cette collection seront Unhinged (annoncé dans un DVD remasterisé), Don't go in the Wood (en Bluray),  Mother's day (en Bluray) et Graduation day (en Bluray). Chaque titre devrait être accompagnée d'une jaquette réversible, d'un livret et de bonus. Aucune date n'est pour l'instant avancée, excepté pour Mother's Day dont la sortie devrait effective pour le début d'année 2015. 88 films a de toute façon, déjà du pain sur la planche puisque nous attendons de pied ferme leur édition de "The last horror movie", "The dead next door"  et "The Toxic Avenger"'. Restez en ligne, on en reparle très vite.