Le Sang du Vampire: Critique et test DVD


Parmi les trois films d'épouvante anglais exhumés par Artus films ce mois de juin, Le sang du Vampire (Blood Of the Vampire) présente un intérêt cinéphilique à part puisque nous découvrons par le biais de cette nouvelle édition DVD, et ce pour le première fois depuis le doux de temps des magnétoscopes, l'effort  d'Henry Cass dans une version intégrale. Les éditions Américaine, Anglaise et plus récemment Allemande n'embarquaient en effet qu'un cut expurgé de tout écart visuel bridant quelque peu l'audace de cette intrigue vampiro-scientifique. L'existence même de deux montages distincts, le premier conçu pour ne par effaroucher ces messieurs de la censure britannique, le second pour ravir les spectateurs du continent, explique-t-elle à elle seule une étonnante différence de considération de part et d'autre de la Manche ? 


En tous les cas si «Blood Of The Vampire» est rarement cité comme étant une œuvre majeure du répertoire fantastico-gothique par nos cousins grands bretons et américains, la bobine revêt en France un caractère plus «indispensable»  (peut-on aller jusqu'à prononcer le mot «culte» ? Ne comptez pas sur moi pour lancer le débat...). Sa sortie vidéastique française dans une version «Uncut» réjouira ceux qui, pour jeter un oeil à la chose, n'avait comme unique choix que celui de céder au chant magnétique des sirènes de la VHS. (Pour les amateurs deux cassettes existent, la première chez RCA diffusion, la seconde chez fil à films). Artus films propose donc ce mois ci en DVD une copie complète mais composite, puisque réalisée à partir de plusieurs sources. Le procédé pose inévitablement une question d' homogénéité qualitative mais présente paradoxalement l'avantage de ses inconvénients. Les plans remontés étant de moindre qualité et facilement identifiables, nous avons l'opportunité de voir un cut continental dans lequel rien ne manque tout en ayant une excellent idée de ce que devait être le montage exploité en Angleterre et aux États Unis.


1958, Après avoir ressuscité Frankenstein, la Hammer et Therence Fisher déterrent un autre monstre classique du cinéma Hollywoodien. Dracula revient lacérer l'imaginaire et la grande toile sous le trait d'un certain Christopher Lee. «Horror Of Dracula» sortira le 16 juin de cet année, soit à peine plus de deux mois avant que «Blood Of The Vampire» ne pointe le bout de sa première bobine. Le deux films ont en fait quasiment été produit simultanément. Le tournage du «Sang du Vampire» a même commencé avec un peu d'avance sur celui du «Cauchemar de Dracula» (le 21 octobre 1957 alors que celui du premier film de vampire estampillé Hammer ne débutera que le 17 novembre de cette même année). Les deux jets, outre leur vampirique propos et leur contemporanité partagent une troisième qualité. Celle de porter à l'écran un scénario sorti de l'imagination de Jimmy Sangster. L'une des forces vives de la Hammer Films (The Curse of Frankenstein, The Revenge of Frankenstein, Jack the Ripper, The Brides of Dracula, Dracula: Prince of Darkness... )


Bien que paraphés de la même plume ou pour le dire autrement bien que partageant le même sang (celui de ses pauvres victimes), les scripts de «Horror Of Dracula» et "Blood Of the Vampire» abordent de façon radicalement différente la thématique du vampirisme. Le premier attaque le sombre édifice par sa face littéraire, mythique et légendaire, le second escalade le concept par la voie scientifique (science fantasmée, quasi romantique, mais science quand même). Bizarrement, Il y a beaucoup plus du Frankenstein de Mary Sheiley que du Dracula de Bram Stocker dans le Sang du Vampire. Le suceur de sang, créature de la nuit et insatiable prédateur aux dents longues y brille par son absence ou du moins existe-il de façon parabolique à travers le personnage du Dr Callistratus dont le corps réclame transfusion sur transfusion pour échapper à la mort. Un postulat aussi moderne qu'enchaîné à son «héros négatif » : Médecin chercheur , présumé vampire, exécuté d'un coup de pieu, ressuscité et maintenu en vie par sa propre science. Callistratus campé par un Donald Woklfit Lugosien  est au moins autant la créature que son créateur... Et quelque part la première victime de sa folie.


Pour le reste le film d'Henry Cass semble délicieusement ancré dans son époque. Décors somptueux et  gothique, homme de main difforme, chiens enragés, tombes vides, jolies demoiselles poitrine gonflée, belles enchaînées aux murs ... prêtes à tourner de l'oeil à défaut de pouvoir tourner les talons. Toujours dans les arguments charnels de ces 84 minutes, les connaisseurs  reconnaîtront sans doute dans la rôle de la fiancée de «John Pierre» (Pernow ?), une certaine Barbara Shelley appelée à devenir une régulière du cinéma fantastique. Vu plus de 50 ans après sa réalisation, «Le sang du Vampire» tire  sans doute un peu trop à blanc pour glacer le sang, mais reste un beau film fantastique qui trouvera sa place sur l'étagère de toute collectionneur un tant soit peu déviant.


Le disque :

Artus films nous propose de jeter un œil au Sang du Vampire dans une copie certes perfectible, mais qui a au moins le mérite d'exister. Elle est accompagnée de pistes audio française et anglaise ainsi que de sous titres français. Le mixage français est quelques fois un peu douloureux mais encore, il convient de prendre la rareté du film et sa présentation intégrale en considération.  Dans la geôle à bonus: Diaporama, bandes annonces de la collection. Vous aurez  également l'honneur de partager la cellule d'Alain Petit durant une grosse trentaine de minutes pour une excellente présentation du film. 12€90 sur le site d'Artus Films dès aujourd'hui, et le 4 juin prochain dans le commerce.




Horror Hospital : Critique et test DVD



Une Frankeinsteinerie par le producteur d'Inseminoid avec l'Alfred des Batman Burtonniens, ça vous dirait ?  Ecranbis.com continue d'explorer l'arrière salle du cinéma fantastique anglais en surfant sur la brillante et naissante collection «British Horror» d'Artus Films. Après «La nuit des Maléfices» et avant «Le sang du Vampire», c'est au tour d'Horror Hospital de passer sur le billard pour une ablation du review... Sans anesthésie, il va de soi.   

«La police, si on allait lui raconter cette histoire, elle dirait sûrement qu'on l'a inventé». Ne riez pas, la réplique que je m'autorise ici à reproduire a le double mérite de conclure l'effort d'Anthony Balch tout offrant un résumé assez réaliste de son propos. Dans les suppléments de la galette, Alain Petit prévient d'ailleurs... les géniteurs de la chose eurent l'idée de ce titre fourre tout sur la terrasse d'un café Cannois sans avoir le moindre la moindre ligne de synopsis en tête. Anecdote que nous n'auront aucun mal à croire tant cette heure et demie horrifico-britannique brille par sa nature de mille feuilles bizarroïde. Dit autrement:  A défaut de grande idée directrice, Horror Hospital tente d'en faire cohabiter quelques unes plus modestes dans son récit à tiroir. Et ça commence plutôt fort, par l'improbable apparition d'un voiture James Bondesque modifiée pour la chasse à l'homme. Lame affûtée sur flan, sac récepteur à l'arrière, la berline du Dr Storm est à la guillotine ce que Gilette est au rasoir. Deux pauvres patients en fuite (Ah non pas l'hôpital) en font les frais. Décapités d'un coup de volant, ils réussissent à marquer un panier de la tête. Une vraie accroche pour le regretté « Infos du monde" ou le regrettable  "Nouveau Détective" fleurons français du journaliste d'investigation.


L'instant d'après nous voilà accrochés aux baskets d'un certain Jason Jones, sorte de transposition grand bretonne de Cricri ( personnage phare de l'oeuvre Max Pecassienne) qui après avoir été violenté par un chanteur de rock travesti décide de prendre des congés mérités. A l'agence de voyage «Vacances au poil !», un certain Pollack (Dennis Price) subjugué par la braguette du jeune homme lui conseille de séjourner à Brittlehurst, une clinique de remise en forme miraculeuse. On en sort dit on le cerveau lavé dans un corps propre. Sur le trajet, Jason rencontre Judy qui vient justement visiter sa tante, ex tenancière de bordel teuton, reconvertie dans la secteur «Santé» après avoir croisé le chemin d'un toubib sans scrupules, le Dr Storm. Sur place nos deux tourtereaux découvrent un curieux manoir gardé par une milice de gorilles casqués et des patients aux regards vides portant d'énormes cicatrices sur le front. Il ne tarde pas à apprendre que le machiavélique médecin, ancien disciple de Pavlov (ça conditionne !), a fuit la Russie de Staline pour poursuivre les expérience de son maître. La nuit venue, il opère à la chaîne les jeunes gens dans l'objectif fou de se constituer une armée d'esclave qu'il pilote à coup d'équipements électroniques, voire sans (Et la commande vocale fut !). Mais une autre menace plane au dessus cet hôpital et les bois environnants, une créature Frankensteinienne attendant dans l'ombre son heure pour frapper...


Difficile pour le cinéphile de savoir par quelle bout prendre cette aventurette fantastique. Même panique chez les distributeurs qui multiplièrent vainement les étiquettes et les titrages. Horror Hospital deviendra ainsi  «La griffe de Frankenstein» en France, «Computer Killer» ou «Docteur Bain de sang» en Amérique, ou plus suprenamment «Diario proibito di un collegio femminile» chez nos voisins italiens.  Même Artus a semble-t-il hésité puisque le catalogue papier trônant  fièrement dans les boîtiers de la collection présente le film sous le même visuel mais avec le titre français d'exploitation : «La griffe de Frankenstein». Flou artistique quand tu nous tiens, aux errances scénaristiques de l'effort de Balch répond un flottement tonal certain...  

Oui ! Horror Hospital développe un langage ouvertement horrifique et médicogore mais il est également traversé par une inattendue loufoquerie. Il ne faudra par exemple pas s'étonner le jeune Jason tenant de fuir le décadent manoir du Dr Storm, profiter d'un passage en cuisine pour s'empiffrer goulûment. Cette dimension drolatique plus ou moins maîtrisée finit par donner à la bobine la saveur d'un épisode de Scooby doo ... Pour adultes, il va sans dire car la chose se permet quelques dérapages charnels, parfois délirants (Les tentatives infructueuses d'accouplement entre deux lobotomisés qui ont visiblement perdu le mode d'emploi) ou ouvertement Sadiens. (On comprend furtivement à la fin que le Dr Storm utilise les jeunes femmes qu'il a opérées dans d'inavouables jeux pervers).



Storm, parlons-en, puisque ce docteur Maboul constitue le plat de résistance de ce repas fantastique. Michael Cough, plus de 180 films au compteur et une fin de carrière marquée par des apparitions  Burtonniennes (Batman , Batman le défi, Sleepy Hollow et la voix du Dodo dans Alice au pays des merveilles), offre son inquiétant faciès à la science. Superbe prestation, même si le final révélant que le chirurgien azimuté est aussi une sorte de simili frankenstein, offre à Horror Hospital une incohérence supplémentaire. On veut bien avaler que Storm portait un masque mais pourquoi s'est il trimballé en fauteuil roulant une heure et demie durant ? La réponse ne viendra pas, du moins pas du film qui s'achève sur l'inévitable résurrection du monstre et d'une main surgissant des sables mouvants. (Qui sont comme chacun le sait monnaie courante dans la campagne anglaise).

Fauché, farfelu, cinématographiquement un peu à l'ouest et définitivement «Weird», La griffe de Frankenstein n'est peut être pas une pépite du cinéma fantastique européen mais constitue en tous les cas une vraie curiosité.  Amateurs de plaisirs vintages, vous avez l'autorisation de trépaner vos comptes bancaires.


Le disque :

Artus propose de découvrir « Horror Hospital » dans une copie relativement honorable au format 1.77 d'origine en langue française et anglaise accompagnées de sous titres français. Dans les sous sols : L'hôpital de l'horreur, autopsie du film pratiquée au scalpel par le Dr Petit (33 minutes, réanimation incluse). le recours à l' imagerie médicale ( Affiches et photos en diaporama). Enfin les bandes annonces des sévices à venir dans la collection "British Horror"...  12€90 la consultation, les cartes vitales ne sont, nous dit-on, pas acceptées. Merci. A commander dès aujourd'hui sur le site l'éditeur ou début juin dans le commerce.

La nuit des maléfices : critique et test DVD


 Au mois de juin , Artus films traverse la Manche et se penche sur les chefs d'œuvres de l'épouvante anglaise avec une toute nouvelle collection titrée non sans pragmatisme «British Horror». La Griffe de Frankenstein (Horror Hospital), La Nuit des Maléfice et le Sang du Vampire ouvrent le bal. Une immanquable occasion d'explorer la face sombre du cinéma Grand Breton. Au menu zéro mariage et beaucoup d'enterrements. Ecranbis.com qui speak l'anglais very well, yes I am... assure les visites … 



Au 17ième siècle, dans un petit village perdu dans les profondeurs de la campagne anglaise, un certain Ralph Gower laboure un champs lorsqu'il met à jour un étrange et monstrueux crane en décomposition. Effrayé le jeune homme court annoncer sa découverte au juge local et ce dernier consent à venir examiner la sanglante trouvaille. Mais arrivé sur place, plus la moindre trace de créature dans les sillons. Pourtant quelque chose a bien été réveillé ce jour là et peu à peu le petit village sans histoire glisse dans la terreur et la folie. Une future mariée perd la raison la veille de son mariage, son fiancé en pleine crise d'hallucination s'en coupe la main droite (On vous laisse juger de la symbolique),  Angelique Black la plus pieuse des jeunes filles de la région s'offre dénudée au vicaire, les disparitions se multiplient et de bien curieuses cérémonies païennes sont organisées dans les bois. Là, près d'une église en ruine, on interrompt les coïts à coup de ciseaux (coitus interruptus cisaillus) en invoquant le malin... De retour de Londres, le juge décide de chasser la bête, ses immondes serviteurs et ce quelque en soit le prix... 

 

Le moins que l'on puisse penser, sorti de ces quelques 92 minutes, c'est que l'incompréhensible titrage français de l'effort de Piers Haggard ne fait pas honneur à son scénario. Le discours horrifique de «Blood On Satan Claw » ( littéralement «Du sang sur les griffes de Satan») ne se drape nullement d' obscurité ou pour le dire plus simplement, son fantastique récit se déroule essentiellement de jour. Mais Peu importe ! Lancée au milieu de années 60 sur les rails de l'horreur bon marché , La
Tigon British Film Productions de Tony Tenser entend tenir tête à la Hammer et L'Amicus. Est-ce alors le psychédélisme ambiant ? Le délicieux parfum hallucinogène des seventies ? Le Néo paganisme est dans l'air du temps et la sorcellerie squatte l'imaginaire. Au cinéma le «folk horror» sous genre puisant son discours dans l'occulte carabiné fait son apparition accouchant de ses premiers classiques (The Wickerman pour n'en citer qu'un... Un titre qu'il fallait... Osier). Un phénomène non exclusivement anglais puisque la même année que notre «Blood On Satan Claw », de notre côté de la Manche, un certain Mario Mercier se fendra de «La Goulve» suivi de près par «La Papesse». Deux pépites bizarroïdes à tendance soixante-huitardes hallucinées... à visionner si possible sous contrôle médical.



L'attrait cinéphilique de notre nuit des maléfices est bien entendu multiple mais puisqu'il nous faut bien commencer quelque part, commençons par les deux figures qu'il oppose face comme derrière la caméra. D'un côté la blonde Angel Black (Campée par Linda Hayden en début de carrière la belle venait venait d'apparaître dans «Une messe pour Dracula» sous l'étendard de la Hammer. ), de l'autre, un juge sans pitié (Patrick Wymark, lui en bout de course, l'acteur passera malheureusement de l'autre côté du miroir avant même la sortie du film sur les écrans anglais.). La sorcière, éternelle tentatrice, fille et épouse du diable, fruit et chair du péché, face à la rigoureuse droiture de l'homme et son expression ultime, brutale, punitive: La Justice. On ne manquera pas de voir cette nuit des maléfices à travers le prisme de la parabole misogyne et de la fable anti féministe. C'est à dire une analyse récurrente du mythe de la sorcière. D'autant plus qu'ici, le juge n'a rien de l'inquisiteur sans pitié de «The Witchfinder General» ou du sadique magistrat de «The Bloody Judge » Rugueux, déterminé mais définitivement du bon côté de la fable, Patrick Wymark affrontera le mal en le regardant dans les yeux... glaive à la main. C'est quand même autre chose que le mur des cons, me souffle mon chat toujours très au fait de l'actualité …


On verra également dans cette heure et demie, quelques visions brumeuses de bobines à venir. Le rassemblement d'enfants autour d'un démon d'origine agricole préfigure sans doute les «Children of the Corn» de Stephen King. Tandis que l'incarnation poilue, griffue et encapuchonnée du malin rappelle avant l'heure les créatures de M. Night Shyamalan et de son «Village» d'Amish bloqué dans le temps (The Village... Mais pas People, ne confondez pas). Pour le reste la nuit des maléfices est parcourue
par une certaine austérité cinématographique mettant par un jeu d'opposition très en valeur ses quelques séquences esoterico- horrifiques ou coquinettes. On s’étonnera enfin de l'esthétique florale des dites scènes de sorcellerie, ré-appropriation d'un des symboles du mouvement Hippie ? Versant démoniaque du Flower Power ? Va savoir... Le fantasticophile collectionneur est, quoi qu'il en soit, invité à invoquer le dieu CB en dansant nu autour du site d'artusfilms.com... Et envoyez nous vos photos, on aimerait bien voir ça...




Le disque:

Artusfilms vous propose de découvrir «La nuit des maléfices» dans une belle copie au format 1.85, accompagnée de mixages français et anglais, ainsi que de sous titres. Cet inavouable plaisir est accompagné d'une présentation du film par Alain Petit titré «Le Sang et le diable» (29 minutes), d'un diaporama d'affiches et de photos, des bandes annonces de la collection... Ainsi que d'une petite surprise. Un court métrage signé Thierry Lopez en personne (son huitième en fait) et dont le message pourrait se résumer à : La guerre, ça te change un homme... On ne vous en dit pas plus ! A vos platine ! 12€90 ( et ça les vaut) sur artusfilms.com dès aujourd'hui et à partir du 4 juin dans le commerce.

Alain Petit, l'homme qui affronta Ogroff !

Capture d'écran Hyrcania de Thierry Lopez



Demon Hunter, la bande annonce


Cosette versus les démons ? En plus d'être chanteur dans un groupe de rock et se la toucher en tatanes (comprendre en arts martiaux), Rene Perez (aucun lien de parenté avec Ramone) fait des films. Et quand il fait des films ça donne Demon Hunter. Le pitch parle de lui même : Cosette est une jeune femme et elle a un gros problème. Elle est maudite. Les démons sont après son âme. Mais un jour, elle rencontre un prêtre qui lui annonce que la malédiction peut être rompue. Pour cela, notre blonde héroïne devra trouver deux talismans, les combiner et ainsi renvoyer les démons en enfer. Elle a bien changé Cosette ...

Dead mine: Critique et test DVD



Réalisé pour HBO Asia par une compagnie Singapourienne et Indonésienne répondant au doux nom d'Infinite Studios, Dead Mine (à ne pas traduire par tête de mort … Merci) tentera de faire son trou dans le planning des sorties vidéastiques et printanières françaises le 15 mai 2013. C'est E-One (côté édition car le distribution est, elle, assurée par Wild Side vidéo) qui donne le coup de pelle et avertit le chaland : certains secrets doivent rester enfouis. Esprit de contradiction oblige, Ecranbis.com a creusé une soirée entière, avec les ongles s'il vous plaît et vous déterre une chronique dont vous nous direz des nouvelles…

Bravo l'éducation ! Lorsque son père rentre à la maison un magnétoscope sous le bras et la cassette d'Halloween dans l'autre, le petit Steven Sheil tombe dans la bassine de l'horreur. Devenu instantanément fan, notre sale gosse poursuit sa descente aux enfers en usant des copies VHS d'Evil Dead, Poltergeist, L'exterminateur. Des plaisir vidéovores interdits, à moitié démagnétisés et délicieusement 4/3, dont il garde des souvenirs émus. Quelques années plus tard, en 2008 pour être précis, et après s'être fait la main sur un premier court métrage horrifique titré Cry, Sheil récite sa passion pour le cinéma dingue en se fendant d'un petit survival familial et déviant : Mum & Dad. La bobine aura de ce côté-ci de la Manche le double honneur de constituer la sélection vidéastique du magazine Mad Movies et d'enrichir le catalogue d'Opening.


Autrement dit ...  Rien ou alors pas grand chose ne pouvait laisser croire que notre jeune cinéaste anglais se retrouverait quatre ans plus tard aux commandes d'une production fantastique asiatique, au propos assurément plus mainstream et au budget nettement plus confortable. Et qu'on se le dise le scénario de Dead Mine est du genre «mytheux» mais pas miteux. Nous voilà suspendu à une «vraie légende». Celle du général Yamashita, un militaire Japonais prévoyant, qui aurait profité de la seconde guerre mondiale pour mettre quelques économies à l'ombre ou plutôt quelques lingots sous le soleil des Philippines. Inévitablement,  un jeune et riche chasseur de trésor a la mauvaise idée d'envoyer une équipe composée de chercheurs et de soldats dans les profondeurs boisées de l'Indonésie.

Alors qu'ils retrouvent l'entrée d'une base souterraine censée abriter le précieux butin, ils sont attaqués par un mystérieux commando d'hommes armés. L'entrée de la mine effondrée, notre petite bande  n'a plus qu'une seule solution, explorer le dédale de couloirs pour éventuellement trouver une autre sortie. Ils ne tardent pas à découvrir que de curieuses expériences et recherches scientifiques ont été conduites par l'armée japonaise il y a 80 ans...Quelque chose pourrait avoir survécu... Aïe !


Amateur d'interminables couloirs, de galeries obscures et de déambulation à la lampe torche, chaussez vos rangers ! Le Dead Mine de Steven Sheil joue la carte du trip claustrophobique et pédestre. Face nos héroïques militaireux, un mort vivant se trimballant sous un masque à gaz (raaah fais pas ta timide le cadavérique!) , des créatures évoquant, sans doute possible, celle du chef d'oeuvre de Neil Marshall : «The Descent» sans oublier une réjouissante armée de samouraïs zombifiés. N'en jetez plus, s'écrie le spectateur, face à un argumentaire fantastique plus dispersé qu'expansif. Mais Neil n'entend visiblement pas (non mais allo quoi ?) et s'ingénie à empiler les concepts coûte que coûte. Évidemment Dead Mine y gagne une certaine richesse situationnelle mais perd, juste retour de manche, en profondeur. Survol quand tu nous tiens, s'esclafferont les mauvaises langues... dont nous ne faisons pas (encore ?) partie.


Car oui de l'autre côté de la route, Dead Mine caresse le cinéphile où ça fait bien... C'est à dire au yeux, bande de petits vicelards ! Photographie haut de gamme, scope redoutable. En bon fan de «Big John» et de la gestion méticuleuse de l'espace, Steven Sheil pose sa caméra où il le faut, donnant à ses décors exigus  une profondeur  toute  Carpentienne. L'hommage s'arrêtera toutefois à ces considérations, car le montage des scènes d'action cède, lui, aux sirènes de l'Epilepto-therapie. Ah ces jeunes ! Les effets spéciaux supervisés par Dayne Cowan ( Scott Pilgrim, Harry Potter, Blade 2, Batman Begins) et Robert Giddens (The Hole, Detention) tiennent la route. On saluera au passage des maquillages plutôt sympathiques signés Orlando Bassi (Doomsday , Deep Water un Yuzna en relief connu chez nous sous le titre Amphibious 3D).


Dead Mine, bonne pioche ou coup de pèle, on ne sait pas trop. Si le spectacle proposé nous aura occupé l'heure et demie sans que l'ennui ne viennent frapper à la porte, difficile d'être  pour autant transporté. Dit autrement, en dépit de ses qualités visuelles Dead Mine manque peut être un peu d'élan, de souffle ou d'intensité. Impression que la multiplication artificielle  de ses arguments fantastiques ne parvient jamais totalement à renverser. Reste un belle brochette de mort-vivants nippons et un DTV horrifique qui ne fait pas  grise mine... C'est déjà ça de pris.  


Le disque:

La galette simple définition que nous avons pu glisser dans notre platine propose un master au format scope plutôt flatteur même si la compression est assez visible, conséquence directe d'un récit plongeant ses personnages dans une pénombre bleutée.Il faut dire que l'on touche ici aux limites du support DVD et ce qui passait sans accroc sur nos bonnes vieilles CRT peine désormais à faire illusion une fois upscallé sur une dalle HD. Bref, même si on n'a pu le tester on vous conseillera de vous tourner vers la version Bluray. Rayon plaisirs auditifs, des mixages Dolby Digital 5.1 en français, anglais, allemand ainsi que leur pendant stéréo. Rien à redire de ce côté. Du travail honnête. On notera la présence de sous titre français allemand et néerlandais. Dans la cave à bonus :

-Des entretiens avec l'équipe du film (36 minutes)
- Un making of "A l'intérieur de la mine" (13 minutes)
- Des scènes coupées (3 minutes)

et enfin la prometteuse bande annonce de "Pusher".