The Monster: Critique et test DVD


Disponible depuis quelques semaines déjà, «The monster » de Bryan Bertino avait échappé aux griffes de l'Ecranbis.com. Ou comment une banale histoire de correspondance manquée et d'enveloppe perdue, nous avait tenu à l'écart d'un des films fantastiques les plus intriguant du dernier trimestre 2017. Dans le flots de bonnes résolutions qui accompagne l'aube de la nouvelle année, on s'est juré que désormais nous insisterions auprès des éditeurs dès lors qu'une galette manque à l'appel, et ce quitte à passer pour des monstres. Et d'un monstre, il est en justement question aujourd'hui dans nos colonnes numériques...

"Là dans les profondeurs boisées, sous une brumes délicates que les phares d'automobiles peinent à lacérer, se cache le véritable prédateur. "

Une route de forêt plongée dans le noir, sous une pluie battante. Le décors presque unique de The Monster a de quoi glacer le sang du rat des villes. A mille lieux des jungles urbaines, là où la nature n'a jamais cédé un centimètre de droit, mais tout juste concédé une ligne de goudron, dans ce «trou du cul du monde» fantasmé par les uns, réalité pour d'autre, le cinéma de genre s'amuse a planter les récits comme on plante des clous. Dans une séquence qui rappelle le cultissime X-Tro, le nouveau jet de Bryan Bertino met l'homme ou plus exactement la femme face au loup. Mais que cela soit dit la pauvre bête n'est ici qu'une victime parmi tant d'autres. Là dans les profondeurs boisées, sous une brumes délicate que les phares d'automobiles peinent à lacérer, se cache le véritable prédateur. Cet inconnu dont il faudra de longues minutes avant de découvrir un centimètre de griffe puis un silhouette. Au cinéma lorsqu'il s'agit de mettre en scène le corps , celui de la créature, il est usuellement montré sous la forme d'un effeuillage savant... Et sa révélation coïncidant souvent avec la mise à nue d'un récit, fait office de point d'orgue.

"...aux arts digitaux, Bertino a semble-t-il préféré les anciennes méthodes, le costume et l'animatronique. Peut être histoire de rendre le cauchemar plus palpable à défaut de plus réaliste. "



A l'heure du numériques, c'est à dire alors que tout est montrable et en haute définition s'il vous plaît, l'antique recette fait encore des émules. D'ailleurs, aux arts digitaux, Bertino a semble-t-il préféré les anciennes méthodes, le costume et l'animatronique. Peut être histoire de rendre le cauchemar plus palpable à défaut de plus réaliste. Enfermé dans une voiture, une mère et sa fille vont donc passer une nuit, sous la lumière d'un unique réverbère, observant les victimes d'un monstre de moins en moins invisible. Le scénario relativement simpliste est digne d'un épisode de la quatrième dimension et l'on sent rapidement qu'étirer le run time est devenu la principale obsession du scénariste. Aux explications diverses et justifications possibles, «The monster» préfère l'ancrage de son récit dans le sac de nœuds de la vie. Famille dysfonctionnelle, mauvaise mère et alcoolique , les flashbacks s’accumulent un peu. On s'en serait presque passé car, le film de Bryan Bertino trouve sa splendeur dans un face à face esthétisé entre une petit chaperon pas vraiment rouge et un loup qui n'en est pas un.


"le film de Bryan Bertino trouve sa splendeur dans un face à face esthétisé entre une petit chaperon pas vraiment rouge et un loup qui n'en est pas un."

Dans ce duel où l'animal peut parfois faire preuve d'une intelligence très humaine, et l'humain retrouve son instinct animal, dans cette inversion des rôles fascinante et effrayante. Il faut ajouter à l'addition, une photo subtile traçant l'habitacle des véhicules et les visages par des filets de lumières, donnant tout à voir sans en montrer beaucoup. Si The monster n'est pas le Chef d’œuvre promis par la jaquette, il vaut pour ses efforts graphiques, sa dernière demi heure, sauvage et revigorante, la ballade en foret. Alors tant pis pour le chef d’œuvre que l'on nous a fait miroité, on se satisfait pleinement d'un conte horrifique tourné avec intelligence et un sens indiscutable du cinéma. Après The strangers, Bertino marque encore des points. Espérons que ses prochains efforts mettent un peu moins de temps à nous parvenir.


Un œil sur le disque :
Une édition dépouillée mais techniquement au niveau. Le film est présenté dans un master 16/9 respectueux de son format cinémascope 2.35 d'origine. Pour les plaisirs sonores, du français et de l'anglais en DD5.1 et DTS 5.1. Notons la présence de sous titres français.


I.A.


Bach films : Triple Review !



On ne vous cachera pas que l'année 2017 fut quelque peu éprouvante pour l'Ecranbis.com, aussi on ne mouillera pas les mouchoirs au moment de tourner la page. Nous vous souhaitons bien sûr une heureuse année 2018, riche en plaisirs cinéphiliques et en trouvailles culturelles. D'ailleurs, nous profitons de ce redémarrage éditorial pour nous acharner sur la dernière cuvée Bach Films. Trois bobines avaient échappé à nos platines en décembre, elles passent aujourd'hui sur billard de l'Ecranbis.


Le loup-garou de Washington

La lycanthropie s'écrit en lettre capitale ! Avant Le loup garou de Londres et celui de Paris, la plus poilante des créatures engendrées par la littérature fantastique nous avait envoyé une carte postale de Washington. En 1973, le cinéma américain accouche par l'intermédiaire de Milton Moses Ginsberg d'un métrage définitivement curieux puisque renvoyant sa bête et son récit lycanthropique dans l'arrière plan d'une satire politique. Bien plus que les métamorphoses datées mais joliettes d'un Dean Stockwell en homme loup , nous retiendront un coup de griffes acérées, plantées dans la chair du cirque démocratique. La présidence évoquée n'est peut être pas très éloignée de celle de l'actuel président Trump, elle même étonnamment proche de celle de notre ex président des bisous.

"un métrage définitivement curieux puisque renvoyant sa bête et son récit lycanthropique dans l'arrière plan d'une satire politique"

 Le message pas très caché de ce Werewolf of Washington tient beaucoup moins du « Gare au loup !» que de l'appel à l'abstention. En d'autres termes, lors des prochaines élections, restez chez vous et regardez «Le loup garou de Washington», vous ne gagnerez pas forcement grand chose mais au moins vous n'aurez pas perdu votre temps. Très inattendue, cette édition DVD permettra à ceux qui étaient passés en pleine ère de la VHS, à côté de cette pépite , de se faire les dents. Dans les bonus, un autre monstre attend le cinéphile: Teenage Monster de Jacques R. Marquette, série B datant de l'année 1957. Deux films pour le prix d'un. Voilà ce qu'on appelle une galette au poil ! 


Le justicier et la reine des crocodiles.


Autre bizarrerie notoire, «Le justicier contre la reine des Crocodiles» (Golok Setan/ Koral le Justicier) a le mérite de marier heroic fantasy et art martiaux, sous le soleil radieux du cinéma indonésien. Un métrage littéralement fou plein de coups de pied dans la tête, d'hommes crocodiles, de rochers volants, de rayons lasers et de scènes gores ,sans oublier, une indispensable reine aussi nymphomane que maléfique. Le film de Ratno Timoer rappelle à pratiquement à chaque scène que le fossé culturel n'est nullement une vue de l'esprit. Difficile pour le spectateur occidental de véritablement goûter à ce spectacle gargantuesque.

«Le justicier contre la reine des Crocodiles a le mérite de marier heroic fantasy et art martiaux, sous le soleil radieux du cinéma indonésien"

 Tout juste est-on convié à une stupéfaction très naturelle. Car oui de toute évidence, il paraît fort difficile de faire le tri dans une telle pagaille conceptuelle et visuelle. Il faudra donc se contenter d'en prendre plein les mirettes et plein le cerveau frontal sans se poser trop de questions. Histoire de permettre le voyage retour, Bach films s'est autorisé à doubler le programme , proposant dans les suppléments un second film «Au pays de la magie noire» (1975). «Oh Coquin de sort ! » comme on dit chez nous ! 

Silent Night Bloody Night

Celui-ci n'est pas à confondre avec «Silent night, deadly night» , et est connu pour avoir été le tout premier film distribué par la Cannon sur le territoire US. Une exploitation sur le tard, deux années après sa production, un tour des drives-in de la belle Amérique et une chute dans le domaine public... Le destin de ce petit slasher, froid comme la mort, peut paraître à première vue peu enviable. Pourtant , riche d'une ambiance crépusculaire et «creepy» , le film de Theodore Gershuny va connaître le succès sur le tard, profitant de l'age d'or de la vidéo locative pour entrer, sans frapper dans le culte.

" Une vraie histoire de dingues !"

Bien plus subtile que ne le laisse présager ses quelques premières minutes, «Silent night, bloody night» a le mérite de jouer la carte du climat jusqu'à un dénouement particulièrement gratiné. Une vraie histoire de dingues, me souffle-t-on dans l'oreille. Allez, assez de spoilers, si guetté par la crise, vous ne pouviez vous offrir qu'une seule galette sur les trois, nous ne saurions que trop vous recommandé de vous jeter sur cette dernière. D'autant plus qu'elle est présentée dans un master au format et accompagnée de l'excellente démo « Des gants sur la nuque », réalisée par David Marchand.



*Ces trois disques sont disponibles un peu partout sur internet au prix de 9€99 le disque double programme. notamment sur le site de l'éditeur : http://bachfilms.com/

I.A.






Subspecies : Critique et Test DVD





Beaucoup moins connue en France que la saga «Puppet Master», la série «Subspecies» est l'une des nombreuses franchisettes lancées sous l'étendard Full Moon par ce coquin de Charles Band. Aux sanguinolentes commandes de cette vampirerie filmique d'anthologie, nous retrouvons une autre étoile de la galaxie «Empire», un fidèle du prince du «low budget» : le réalisateur scénariste Ted Nicolaou. Profitons de l'édition DVD du premier volet chez nos amis de Bach films pour plonger dans la face sombre de la Roumanie et du cinéma de genre... Tout un programme !


"Subspecies dont l'idée sort tout droit du cerveau fumant du grand Charles sera le premier film américain réalisé en Roumanie après l’effondrement du régime Ceausescu"
Dis donc,tu connais pas la lime à ongles toi ?

Ne vous fiez aucunement à son nom, Ted Nicolaou est américain. Il étudie à l'université du Texas et débute au milieu des années 70 comme technicien son sur l'une des bobines les plus marquantes de la décennie, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. C'est en qualité de monteur et en 1979 que notre homme entre dans la famille Band. Il travaille en effet sur deux petits films : Tourist Trap (Le piège) de David Schmoeller et The Day Time Ended (La jour de la fin des temps) de John Bud Cardos. C'est le début d'une longue et surtout prolifique histoire d'amitié. Dans les années 80, les bobines majeures de l'Empire Pictures passent par les mains expertes de Ted. L'alchimiste, Trancers (Future cop) réalisé par Band Lui même, Ghoulies, Zone Troopers, Robojox, The Dungeonmaster. C'est d'ailleurs sur ce dernier film à sketches que Charles Band lui laisse une chance de passer à la réalisation. Il rebondira deux années plus tard en mettant en scène un film qu'il a lui même écrit et qui constitue sans aucun doute l'une des plus belles réussites d'Empire : le délirant Terrorvision dans lequel une famille venant d'installer une antenne parabolique flambante neuve, commence à recevoir d'étranges programmes extraterrestres. (toujours aussi incroyablement et injustement inédit en Zone 2) Il se fendra également en 1988 du script de L’Assaut des Killer Bimbos, petite comédie improbable désormais considérée comme culte.

"David Allen, le monsieur effets spéciaux d'Empire/Full Moon est appelé au secours et débute un curieux travail de sauvetage. Il confectionne de petites créatures animées en stop motion ou de façon traditionnelle  et récupère les prises tournées en Roumanie"

attachée et la miche à l'air ... Merci qui ? 


Mais il lui faudra attendre l’avènement de la Full Moon pour s’asseoir à nouveau derrière une caméra. Subspecies dont l'idée sort tout droit du cerveau fumant du grand Charles sera le premier film américain réalisé en Roumanie après l’effondrement du régime Ceausescu. Un tournage qu'on dit compliqué, dans un pays troublé, avec des techniciens ne parlant pas tous très bien anglais (ou pas du tout) et surtout peu familiers des effets visuels dont le film est censé regorger. Les plans mettant en scène les petites créatures du film seront initialement réalisés sur place avec des acteurs Roumains en costume dans des décors de grande taille. Mais le résultat, très perfectible, (à voir dans les bonus du disque, c'est édifiant) ne satisfait heureusement personne. David Allen, le monsieur effets spéciaux d'Empire/Full Moon est appelé au secours et débute un curieux travail de sauvetage. Il confectionne de petites créatures animées en stop motion ou de façon traditionnelle (par des tiges pour les séquences lives) et récupère les prises tournées en Roumanie. Il ne gardera que les débuts ou fin de séquences correspondant au décors sans figurants pour incorporer par Chroma Key (Ecran bleu) ses propres bestioles.

- Vous avez un très beau cou !
- Vous êtes espagnol ?


Bizarrement, dans le résultat final, les petits monstres qui ont donné tant de mal à la production n'auront qu'un rôle très secondaire. Ils n'y apparaissent même que très brièvement. Plutôt que de glisser dans la bobine monstrueuse, Subspecies accroche ses spectateurs aux baskets de deux étudiantes américaines (Michelle et Lilian) débarquant en Roumanie pour en étudier le folkore et les légendes. Elles y rejoignent une enfant du pays : Mara. Nos 3 jeunes filles en fleurs (ou en feu, on ne sait pas trop) ignorent encore que non loin de là, dans le lugubre château du non moins lugubre roi vampire Vladislas, Radu (son fils maudit et banni) est venu après des années d'exil mettre la main sur une relique magique et ancestrale : la pierre de sang. Emprisonné par Vladislas dans une cage de fer, Radu s'arrache trois doigts qui se transforment instantanément en créatures démoniaques. Libéré par ces petits démons, Radu assassine son père sauvagement (Œdipe quand tu nous tiens!). Dans le même temps, nos trois innocentes rencontrent une jeune homme séduisant et mystérieux, le beau Stephan qui n'est autre que le frère de Radu... Un vampire bien intentionné qui n’hésitera pas à affronter son frère pour sauver les jeunes femmes... et accessoirement la relique.


"Subspecies présente un récit de suceur de sang classique, fait de pieux plantés dans le cœur, de morsures et de cercueils."

Qui a éteins la lumière ? 


Vous l'aurez sans doute compris en parcourant le synopsis ci dessus , Subspecies présente un récit de suceur de sang classique, fait de pieux plantés dans le cœur, de morsures et de cercueils. Élément notable et concédons le amusant, deux visions du mythe vampirique s'affrontent dans ces mêmes 90 minutes. Radu, être monstrueux, blanchâtre, à la silhouette inquiétante et aux interminables griffes évoque sans retenue le Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau. Ted Nicolaou multiplie par ailleurs les clins d'oeil, laissant traîner l'ombre des mains de Radu sur les murs et la peau de ses victimes. Son frère Stephan est lui plus Draculesque, au sens romantique du terme, un jeune homme, grand, brun et séduisant (Angel de Buffy ou Twilight avant l'heure). A ce propos très manichéen répondent en chœur une réalisation appliquée profitant des extérieurs roumains,  quelques jolies séquences d'effets visuels et les joli minois de ses jeunes actrices principales. Pas de quoi faire une entrée fracassante dans l'histoire du fantastique, me direz vous. Mais reconnaissons à ce Subspecies, premier du nom, une grande qualité. Celle de délivrer un spectacle bisseux diablement amusant. Le plaisir de revoir (même furtivement) Angus Scrimm, l'éternel Tall Man du chef d'oeuvre de Coscarelli : Phantasm , en prime !


Il n'en faudra en tout cas pas plus pour que Full Moon mette en chantier une suite tout aussi mordante... et dans laquelle Ecranbis.com ne manquera pas de planter ses canines... Oh vous succubes de l'enfer vidéastique, ne vous éloignez pas trop de nos colonnes démoniaques et numériques.


Un œil sur le disque: 


Aucun éditeur français n'avait jusqu'ici montré le moindre intérêt pour ce film, ce DVD Bach film est donc une vraie bonne nouvelle. Les indécrottables amateurs de Full Mooneries carabinées peuvent donc se ruer sur la chose.Le disque n'utilise pas le dernier transfert FHD réalisé pour l'édition Bluray du film mais on ne fera pas la fine bouche. En guise de supplément  on a même droit à The Devil Bat avec Berla Lugosi




Eegah et L'infernale poursuite: Critiques et test DVD



Et voici la troisième et ultime chronique de l'Ecranbis.com consacrée au dernier jet éditorial de Bach films et à sa collection Freaksploitation. Un dernier tour de piste en compagnie des monstres les moins sacrés (quoique...) du septième art. On vous parle de l'amour fou d'un géant préhistorique pour une ravissante adolescente mais également d'un homme sans jambe mais pas sans surprise, le tout avec humour et mauvais esprit. Si les digipacks flamboyants de Eegah et l'infernale poursuite vous faisaient de l’œil, vous êtes tombé du bon côté du web...Ne touchez à rien, on s'occupe de tout.

"Eegah, un titre un peu ridicule pour une déclinaison préhisto-contemporaine de la Belle et la bête"
La même année que le glorieux « Carnival of souls » ( dont nous vous parlions il y a peu) vint le moins glorieux Eegah. Titre évidemment ridicule pour une déclinaison préhisto-contemporaine de la Belle et la bête. Dans laquelle, Roxy, fleur de l'amérique profonde, voit débarquer dans sa vie en plein désert et en pleine nuit, un homme sauvage de deux mètres. «Ohrrr Il est cromagnon ! » se dit-elle courant expliquer sa rencontre du mauvais type à son paternel qui se trouve être le réalisateur du film. C'est ce qui s'appelle faire une pierre deux coups. Le vieux s'élance à la recherche de cette curiosité générique mais tarde à revenir. Tant et si bien que Roxy et son fiancé rocker du dimanche partent à son secours. Roxy enlevée retrouve son papa poule et parvient à sympathiser avec Eegah, l'homme préhistorique mais celui-ci semble avoir quelques idées coquines derrière la tête et le feu au calbute. Roxy va-t-elle passer à la casserole ? Vous le saurez en regardant Eegah!

"Très curieux, parfois un peu long mais toujours complètement braque, le métrage vaut surtout par la présence de l'imposant Richard Kiel."



Très curieux, parfois un peu long mais toujours complètement braque, le métrage vaut surtout par la présence de l'imposant Richard Kiel. Le géant ne tardera pas à refaire parler de lui dans un rôle mordant, celui de Requin dans deux aventures cinématographique de l'agent britannique 007 «L'espion qui m'aimait» puis «Moonraker»... Fort de son propos azimuté et de sa réalisation lourdingue, Eegah a au fil des années acquis le statut de nanar culte et se trouve même être souvent citer parmi les plus mauvais films de la création. Une raison de plus de se jeter sur cette galette réjouissante et très inattendue.


Dans un genre différent, l'infernale poursuite nous projette dans les derniers tours de bobines des sacro saintes seventies. Le pitch tient pratiquement sur un ticket d'autoroute: Deux policiers se retrouvent à enquêter sur un dealer de drogue, un certain Mr d'Angelo dont l'homme de main n'a pas de jambe ( sic!) mais deux fusils scotchés au fauteuil roulant. Ricou Browning, qui fut la Creature from the Black Lagoon dans le film éponyme et réalisateur de seconde équipe sur deux James Bond ( Jamais plus jamais, Opération Tonnerre) prend les commande de ce polar misant sur handicap de son personnage titre ( du moins du titre original américain, Mr No Legs, littéralement Monsieur Sans Jambes) et sur le concept scénaristique de la poursuite.

"En plus de quelques scènes aussi mémorables que ridicules, L'infernale poursuite parvient à installer le plus insoutenable des suspens. Le spectateur va-t-il survivre à ce visionnage ?"


En plus de quelques scènes aussi mémorables que ridicules, L'infernale poursuite parvient à installer le plus insoutenable des suspens. Le spectateur va-t-il survivre à ce visionnage ? Si on le visionne 3 fois à la suite devant son miroir, est-ce qu'Olivier Bach apparaîtra dans notre dos ? Qu'est-ce que je vais manger ce soir ? Quel age ont les frères Bogdanov ? Bref, tandis que la puissance nanarde dégouline de l'écran, L'infernale poursuite incite au voyage intérieur. Le doublage français est à la hauteur du chef d’œuvre...Nhésitez pas à vous faire une compilation des meilleurs moments en MP3, ça peut vous sauver un tout aussi infernal périple sur l'A7 entre Lyon et le Grau du roi.

" ...la puissance nanarde dégouline de l'écran !"




Un œil sur les disques :
Tous comme les autres titres de la collection Freaksploitation , Eegah et l'infernale poursuite bénéficie de digipacks jaunes de chez jaunes, de master 4/3 qui suffiront sans doute à satisfaire les amateurs de curiosité. L'infernale poursuite est proposé accompagné d'une piste française, ce qui n'est pas le cas D'Eegah, proposé en VOSTF. Dans les suppléments une dose de Bier, un dose de tambours de Fu Manchu ! Y' pas à dire, on est gâtés !


Les monstres du Kung FU, Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin : Critique et test DVD


Oyé...Oyé ! Braves Bisseux, aux portes de Noël, profitant de la féerie ambiante, Bach Films a décidé de faire de la concurrence au vieux bonhomme rouge (Pas Mélanchon, l'autre...) et de garnir les pieds de nos sapins de galettes que nous n'avions pas demandé. Mais qu'on prendra quand même! Pour la nouvelle année, une nouvelle collection et des galettes quasi foraines... Cul de jatte, manchot, géant... et j'en passe sont convoqués sur nos petits écrans pour un Freaksploitathon épique. 

De quoi réparer les méfaits d'un visionnage massif de téléfilms sirupeux, envahissant les programmes TV chaque année à la même époque. L'équipe d'Ecranbis.com, amputé de son rédacteur en chef, s'est fendu d'une série de chroniques évidemment partiales, bêtes et méchantes pour fêter l’événement. On commence aujourd'hui avec Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin...et Les monstres du Kung Fu. Accrochez-vous à vos slips, ça va branler dans les bambous !

"Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin souffre d'un titre à rallonge mais pas seulement puisqu'il est également imprécis."

Sortie en VHS chez Fil à films dans sa «Série Karaté», Les 7 Successeurs du super maître de Shaolin souffre d'un titre à rallonge mais pas seulement puisqu'il est également imprécis. Oui sur les 7 incroyables artistes martiaux promis par cet interminable titre, vous devrez vous en mettre sur l'oreille ou ailleurs ( Je sais que certaines de nos lectrices et de nos lecteurs ont l'imagination fertile , envoyez nous vos selfies, on est curieux) Le titre anglais «Six Heroic Figures» avait donc vu plus juste... Peu importe, cette prodigieuse petite production Taïwanaise du début des années 80 nous place face à un vieux maître de Kung Fu ayant la particularité de dormir les yeux ouvert mais également de réfléchir avec ses pieds En effet afin d'accomplir la plus périlleuse des missions, il ne trouve pas meilleure idée que de convoquer tous les estropiés et infirmes ayant un jour eu le privilège de suivre ses précieux enseignements.

" Ne vous fiez pas aux apparences, car nos valeureux et hardant guerriers ne sont pas diminués d'un poil, ils maîtrisent l'art ancestrale du Kung Fu et sont prêts à se battre jusqu'à la mort"


Ainsi un bossu, un manchot, un aveugle, un canard boiteux, un attardé mental mais également une jeune femme belle et muette (la femme parfaite donc) vont constituer une armée de bras cassés chargée de porter un décret impérial de l'autre côté du pays et vont devoir composer avec le tyranique et sale Lo ( Oui je sais elle est un peu lourde). Ne vous fiez pas aux apparences, car nos valeureux et hardant guerriers ne sont pas diminués d'un poil, ils maîtrisent l'art ancestrale du Kung Fu et sont prêts à se battre jusqu'à la mort [Spoiler]Ce qui tombe bien [/spoiler] Les scènes de combats semblent interminables, les dialogues ( Merci le doublage français) sont indigestes, le master fait ce qu'il peut, Christophe Bier convoquet dans les Bonus n'a pas grand chose à dire sur le film et d'ailleurs nous non plus ! Mais qu'est ce qu'on se marre ! Achetez le en double, vous pourrez le voir en stéréo ! 

Toujours à la croisée des chemins entre le cinéma à tatannes et la Freaksploitation, voici venir «Les monstres du Kung Fu» qui connu une ribambelle de titrages farfelues à travers le monde  : The Crippled Masters, Miracle Kung Fu, Il colpo maestro di Bruce Lee. Mr Bier dans les suppléments évoque même un Manchot et cul de jatte passent à l'attaque … Ce Métrage Made in Hong Kong a la particularité de choisir pour héros un tandem d'artistes particulièrement marquant. 

En effet le premier n'a (presque) pas de bras, le second n'a (presque) pas de jambes. Oui je sais c'est (presque) incompréhensible.Mais ces mutilations n'ont pas ôté à ces frères de douleurs l'envie d'en découdre. Ils vont apprendre que l'un dans l'autre, ou plutôt l'un sur l'autre (je ne voudrais pas créer de faux espoir à des lecteurs ayan prist le Bis d'Ecranbis pour ce qu'il n'est pas), il leur sera possible de poursuivre l'odieux responsable de leur destin et de prendre une revanche digne de ce nom sur ce bourreau infâme !

"Ce métrage Made in Hong Kong a la particularité de choisir pour héros un tandem d'artistes particulièrement marquant. En effet le premier n'a presque pas de bras, le second n'a presque pas de jambes !"


"Howard Vernon assure le doublage du vieux mystique chargé s'enseigner aux deux malheureux l'art de combattre en tandem"

Il va sans dire que le seul intérêt de ces «Monstres du Kung Fu» tient aux particularités anatomiques de ses interprètes et la façon peu commune dont elles se complètent. Autrement dit passée la surprise, l’intérêt retombe un peu. Les amateurs de Cinéma Bis seront heureux d'apprendre qu'Howard Vernon assure le doublage du vieux mystique chargé s'enseigner aux deux malheureux l'art de, pardonnez le Ségonlisme, la complétitude. Bref, un disque à priori réservé aux amateurs de curiosités notoires mais qui pour sa folie conceptuelle mérite que les autres y jette un coup d’œil ! 



Un oeil sur les disques :

Ces deux titres sont issus de la même collection et embrassent par conséquent le même type de packaging: Un digipack aux couleurs "tape à l’œil". Les films sont présentés dans des masters 4/3 moyens mais sont la rareté de ces pépites fait avaler la pilule. Vous ne trouverez de toute façon pas mieux. Pour le plaisirs ds portugaises, du doublage français d'époque en mono. La partie supplément offre un épisode des Tambours de Fu Manchu ainsi qu'une présentation des films par Christophe Bier en personne.