Histoires fantastiques : Saison 2



Si la prime saison d'Amazing Stories ( Histoires fantastiques) avait eu l'honneur de deux éditions DVD françaises (Chez Universal puis chez « MEP - Mes éditions préférées» ), la seconde saison n'avait, elle, pas encore trouvé le chemin de nos platines. Miracle ! Le 22 février 2017, Elephant Films en proposera un coffret intégral massif, regroupant les 45 épisodes des deux saisons sur 8 disques. Ecranbis.com saute sur l'occasion pour compléter un dossier ouvert il y a maintenant de longs mois. Pour tout savoir sur le genèse de la série et sur la saison 1, on vous recommande chaudement de cliquer ici. Pour la seconde saison, ne touchez rien vous êtes sur la bonne page. Suivez le guide !

La Bague (The Wedding Ring)
Lois, serveuse dans un restaurant miteux et Herbert, employé d'un musée de cire s’apprêtent à fêter leur anniversaire de mariage. Sans un dollar en poche et en panne d'idée, Herbert décide de dérober une bague au musée sans savoir que sa propriétaire n'est autre que la Veuve noire. Lorsqu'il passe l'anneau au doigt de Lois, la serveuse timide et sans histoires se transforme en véritable femme fatale... Un premier épisode caustique et réjouissant réalisé par Dany DeVito sur une idée originale de Steven Spielberg, avec Dany DeVito mais également Rhea Perlman sa compagne à la ville.

La Formule magique (Miscalculation)
Phil, étudiant nerd tente de percer les secrets de la séduction lorsqu'il découvre en cours de chimie que le mélange de deux substances inconnues donne vie aux personnages de magazine. Il s'enferme dans sa chambre universitaire espérant une fin d'après midi torride en compagnie de la playmate du mois, mais ses premières tentatives de dosage s'avèrent catastrophiques. Ce segment louchant un peu sur le «Weird Science » de Hugues et s'offrant un clin d'oeil amusé à « La femme de 50 pieds »fut écrit par Michael McDowell, le scénariste de Beetlejuice. Tom Holland (Vampires...Vous avez dit vampire) fut appelé à la réalisation. Le rôle principal est lui offert à un John Cryer( Mon oncle Charlie) alors âgé d'une vingtaine d'années. A ne pas louper !

Samedi magique (Magic Saturday)
Marky, Un petit garçon, voyant son grand père malade, lui propose d'utiliser une relique et un formule magique pour échanger leurs corps.Mais alors que le vieillard fait des prouesses sur les terrains de baseball, Marky, affronte dans le corps de son grand père un malaise cardiaque. Très « Spielbergien » dans l'âme, Samedi magique n'est sans doute pas ( et loin s'en faut) le meilleur épisode de la saison 2, mais on y croise tout de même Jeff Cohen (le gamin grassouilet de Goonies)



Un vrai cauchemar (Welcome to my Nightmare)
Harry, un jeune binoclard est obsédé par les films d'horreur au point d'en oublier de vivre. Alors que la petite voisine vient le visiter pour l'inviter à son anniversaire, le jeune homme prétexte la pose d'un appareil dentaire. Face aux moqueries familiale, Harry claque la porte de la maison pour aller au cinéma. Il va se retrouver en plein dans une scène du film Psychose. Un épisode clin d’œil au chef d’œuvre d'Alfred Hitchcock réalisé par un spécialiste de la série tv américaine : Todd Holland ( Malcom, Friends, My So Called Life) avec l'apparition dans un petit rôle de Christina Applegate. Un segment original et attendrissant.

Vous avez intérêt à me croire (You Gotta Believe Me)
Earl se réveille en pleine nuit après un affreux cauchemars. Il a rêvé d'un crash d'avion sur sa maison et de silhouettes fantomatiques s'extrayant d'une carlingue en flammes. Hanté par cette vision, il décide d'aller jusqu'à l'aéroport pour empêcher le décollage du dernier vol de la nuit, une correspondance pour Dallas. Mais le personnel de la compagnie aérienne et les passagers le prennent pour un fou. Un destination finale avant l'heure, torché par le futur réalisateur de Waterworld et Robin des Bois(avec Kevin Kostner). Très classique mais efficace.

Le Grand Truc (The Greibble)
Joan Simmons, milf américaine parfaite profite de l'absence de son fils pour faire le ménage par le vide dans sa chambre. Elle jette un livre mettant en scène une curieuse créature nommée le Greibble. C'est à ce moment , que ce monstre gentil et vorace apparaît dans le salon familial pour dévorer tout ce qui lui passe à porter de dents. Désespérée, Joan tente de l'abandonner dans la décharge de la ville. Le grand retour de Joe Dante avec un épisode cocasse à mi chemin entre Gremlins et Explorer, qui permet à Rob Bottin d'accoucher d'une superbe créature en animatronics. Comme toujours chez Dante, Dick Miller traverse le cadre. Le scénario tiré d'une idée originale de Spielberg est signé par la main de Mick Garris qui réalisera l'épisode suivant.



La Chaise électrique (Life on Death Row)
Durant une tentative d'évasion , Eric David Peterson, condamné à mort est touché par la foudre. Conséquence inattendue, le détenu a désormais le pouvoir de guérir toutes les blessures et maladies d'une simple apposition des mains. Le directeur de la prison va tenter de convaincre le gouverneur de gracier Peterson. C'est un peu la ligne verte et c'est joliment troussé par un Mick Garris très appliqué. Un épisode qui ne paye pas de mine mais qui est parfaitement ( et sans jeu de mot) exécuté. Le rôle du condamné à mort est tenu par Patrick Swayze

La Mauvaise Tête (Go to the Head of the Glass)
Un couple de lycéens décide d'utiliser la magie noire contre un professeur de littérature tyrannique, Mr Beanes. Le sortilège fonctionne et ils découvrent l'enseignant raide mort dans son manoir. Pris des remords les deux tourtereaux tentent d'inverser le rituel mais une question de photographie déchirée va avoir une fâcheuse conséquence. Celui-ci fut exploité en salles en France avec deux autres segments. Il est à noter que l'épisode est disponible en supplément en version longue et en VOST. Le professeur qui perd la tête est interprété par Christopher Lloyd et la réalisation est confiée à Robert Zemeckis qui s'offre des effets spéciaux portant la griffe de Stan Winston. La mauvaise tête se classe sans trop de problème dans les meilleurs épisodes de la série.

Un puits d’or (Thanksgiving)
En creusant un trou pour y trouver de l'eau, Dora une jeune fermière et son beau père Calvin découvrent un passage vers un autre monde. Grâce à une corde , ils débutent un échange d’objets et de nourriture avec les habitants du centre de la terre. La moindre offrande est récompensée en or et bijoux. Todd Holland est de retour avec un épisode très original au final d'un cynisme savoureux. David Carradine est de la partie. A voir absolument.



Le Plus Gros Potiron (The Pumpkin Competition)
Depuis 22 ans dans le comté de Yarborough, le concours du plus gros potiron fait rage. Elma Dinnock , vielle et riche propriétaire n'a jamais gagné le premier prix. Mais cette année la visite d'un mystérieux scientifique pourrait changer la donne. Contre une somme rondelette, il lui offre une formule chimique de son invention. Un potiron gigantesque apparaît dans le jardin d'Elma. Polly Holliday ( la madame Deagle de Gremlins) fait des merveilles dans cet épisode écrit par le scénariste de Mutant (Celui de Bud Cardos). Norman Reynolds, production designer sur une floppé de Blockbusters rutilants (Le retour du Jedi, Les aventuriers de l'arche perdue) assure la mise en scène.


Et si jamais… (What If…?)
Jonah Kelley , un petit garçon de cinq ans est ignoré par deux parents jet-seteurs. Triste à mourir, il ère dans une maison au modernisme glacial. Le scénario de What If a été écrit par la sœur de Steven Spielberg (Anne Spielberg). Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'agit là d'un segment d'ambiance au propos par instant indéchiffrable. Un segment à part donc pour ne pas écrire bizarre ! 

Mémoire éternelle (Eternal Mind)
Un scientifique parvient à transférer sa mémoire et son âme dans un ordinateur, devenant ainsi immortel. Mais cette nouvelle condition lui paraissant insupportable, il réclame qu'on efface son programme. Un épisode certes minimaliste (comprendre enfermé dans une laboratoire) mais qui annonce une vague à venir, celle  du cinéma cybernetique ( Le cobaye, Arcade et plus tard Matrix) avec un Jeffrey Jones convaincant. Recommandable même si assez oubliable.



L'Auto-stoppeuse (Lane Change)
Charlène, directrice d'une agence de petit annonce traverse la campagne américaine de nuit sous la pluie lorsqu'elle croise la route d'une femme âgée faisant de l'autostop. Durant le voyage, une relation de confiance se créée entre les deux femmes et Charlène livre ses doutes, ignorant que cette nuit va changer sa vie à jamais. Un épisode ultra classique très « Quatrième dimension » dans l'âme. Et peut être trop prévisible pour susciter un réel enthousiasme.

Un flic en moins (Blue Man Down)
Duncan Moore, flic ancienne école, voit son jeune partenaire tué lors du braquage d'une superette. Choqué, il reprend le service et forme à contre cœur, un nouveau binôme avec une nouvelle officier nommée Patty O'Neil. Lors d'un contrôle routier, il reconnaît l'assassin de son coéquipier.Un segment Polar aux portes du fantastiques, réalisé par Paul Michael Glaser ( Starstky dans la série « Starsky et Hutch ») avec Max Gail. La musique est signée Brad Fiedel connu pour avoir composé la musique de Terminator.


Lucy (Twenty One Inch Sun)
Un scénariste loupé se voit ouvrir les portes de la télévision américaine par une plante verte nommée Lucy. Une sorte de « Petite boutique des auteurs » torchée avec grand soin par le très sous estimé Nick Castle, réalisateur de The Last Starfighter et scénariste de New York 1997. Comédie et fantastique y font bon ménage au point de constituer l'un des plus attachant segment de la deuxième saison. L'excellent. Michael Lerner traverse le cadre dans une plumante introduction. A ne louper sous aucun prétexte.


Chien de salon (The Family Dog)
Après deux cambriolages, un père de famille décide de faire dresser le chien de la famille. Un épisode (et le seul de la série) d'animation co-écrit et animé par Tim Burton. La musique est signée Danny Elfman. The family Dog reviendra sur les écrans de télévision américains dans les années 90 sous la forme d'une série dérivée. Intéressant mais peut être un poil décevant !



Sacré Gershwin (Gershwin's Trunk)
Un compositeur de comédie musicale en manque d'inspiration parvient par l’intermédiaire d'une voyante à entrer en contact avec l'esprit de Gershwin. Un segment écrit, réalisé et avec Paul Bartel. Sympathique mais pas forcement exceptionnel. A noter la présence de la regrettée Carrie Fisher

Surprenant voisinage (Such Interesting Neighbors)
Premiers installés dans un lotissement en construction, un couple et leur fils voient débarquer de nouveaux voisins venus du futur. Graham Baker (Alien Nation, Beowulf) accouche d'une épisode savoureux sur un scénario de Mick Garris, inspiré d'une nouvelle de Jack Finney (L'invasion des profanateurs de sépultures.)

Faux espoirs (Without Diana)
Le jour de Pâques un couple perd la trace de leur petite fille Diana. Quarante ans plus tard, la petite fille frappe à la porte. Une épisode larmoyant, toujours sur un scénario de Mick Garris mais cette fois mis en scène par une spécialiste de la série Tv US : Lesli Linka Glatter. Très Spielbergien mais faut-il l'avouer, assez lourdingue. Peut être l'un des plus faibles épisodes de la série.


Destination Altarus (Moving Day)
Alan Webster, adolescent sans histoire découvre que ses parents et lui sont des extra-terrestres et qu'ils vont devoir rejoindre leur planète d'origine Altarus, en laissant derrière sa meilleure amie sur la terre. Une véritable perle à l'ambiance 80's portant la griffe de Robert Stevens avec Stephen Geoffreys. Acteur connu pour ses rôles dans « Vampire vous avez dit vampire » , « 976 Evil » et une carrière qui se poursuivra étrangement dans cinéma porno gay. Un immanquable


Miss Galaxie (Miss Stardust)
Un producteur de spectacle chargé de l'organisation de l’élection de Miss Galaxie voit débarquer un extra-terrestre et 3 candidates venues spécifiquement de Mars, Venus et Jupiter. Un épisode de science fiction burlesque en forme de bouquet final avec une réalisation signé Tobe Hooper et des effets (effectivement) spéciaux sortant des ateliers de Stan Winston.


Un oeil sur les disques :
 
Elephant Films propose les deux saisons sur pas moins de 8 DVD en version française et version originale sous titrée dans des masters 1.33 4/3 acceptables. Au rayon suppléments, un épisode en version longue en VOST et trois présentations de la série tournées au Metaluna Store avec Alain Carrazé.

Histoires Fantastiques: Saison 1





Après une première édition DVD chez Universal puis chez MEP Vidéo, Histoires Fantastiques (Amazing Stories) retrouve le chemin des petites lucarnes françaises. Cette fois ci et pour la première fois en France, la totalité des épisodes des saison 1 et 2  se trouvent embarqués dans un coffret 8 DVD édité par Elephant Fomùs qui sera vendu en dessous de la barre des 50 euros. Une aubaine pour le fantasticovore collectionneur. Pour l'occasion, Ecranbis.com revient sur la douloureuse genèse de la série produite par Steven Spielberg le temps d'un dossier spécial en 2 parties...





"Nous sommes au beau milieu des années 80 et tout ce que touche Steven Spielberg devient de l'or. "

Nous sommes au beau milieu des années 80 et tout ce que touche Steven Spielberg devient de l'or. Après avoir produit et au passage réalisé un segment de «The twilight zone» film hommage à la célèbre série télé «La 4e dimension», le père d' «E.T.» et de «Jaws» rachète le nom d'une mythique revue de science fiction américaine et signe dans la foulée un contrat avec NBC. Un accord à l'époque qualifié d'historique. Pour produire son anthologie fantastique, Spielberg va bénéficier de conditions totalement inédites. Il signe pour 2 saisons complètes, 44 épisodes. Chaque segment bénéficiera d'un budget de 800 000 à 1 millions de dollars US. On nous promet des épisodes de qualité cinématographique signés par des poids lourds du grand écran: Scorsese, Dante, Spielberg, Zemeckis, John Landis, Clint Eastwood, Burt Reynold en tête. Le tout accompagné par les scores de Jerry Goldsmith, James Horner et John Williams . De quoi donner le vertige aux amateurs de fantastiques. Lorsqu'en mai 1985, le lancement d' «Amazing stories» est annoncé, les murs de la télévision américaine tremblent ! En particulier du côté de la concurrence et chez CBS qui vient de lancer «The New Twilight Zone» ( diffusé en France sur notre regretté la cinq sous le titre de la cinquième dimension) sur son réseau.


 

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"Le secret le plus absolu va accompagner les tournages. Spielberg et NBC vont tenir à l'écart ce que le monde compte de journalistes." 

Le secret le plus absolu va accompagner les tournages. Spielberg et NBC vont tenir à l'écart ce que le monde compte de journalistes. Au diable les projections presse, le tandem sûr de l'adhésion massive du public à la série se passera de communication. On raconte que même le programme télé US, le sacro saint «TV Guide» n'est parvenu à mettre la main sur des résumés d'épisodes. Le succès populaire annoncé ne viendra pourtant pas. Dès les premiers diffusions, la presse prend sa revanche et personne ne sera tendre avec les nouvelles aventures cathodiques de «Spiel». Pire, l'audience ne suit pas et notre super production télévisuelle se voit même distancée par «Arabesque» diffusé à la même heure sur la chaîne concurrente CBS. NBC prend la mesure de l'échec et va retirer «Histoires fantastiques» de son programme du dimanche soir. La série est décalée au lundi soir et la chaîne se sent même obligée de lui octroyer une rampe de lancement. Ce sera le soap de science fiction «Alien Life Form» plus connu sous le nom de A.L.F. Les audiences remontent un peu mais NBC, échaudée, est à nouveau contrainte de déplacer le programme le vendredi soir, ne prendra pas le risque d'une troisième saison...


De l'autre côté de l'Atlantique, dans notre petit et obscur pays, les droits de diffusions astronomiques vont dans un premier temps rebuter les chaînes de télévision. C'est donc au cinéma que le public français va pouvoir jeter pour la première fois un œil sur la série grâce à un montage de 3 épisodes exploité en salles: The mission de de Steven Spielberg, Mummy Daddy de William Dear et Go to the Head of the class de Robert Zemeckis. (ce dernier appartenant à la saison 2) Pratique qui pourrait paraître aujourd'hui étonnante. CIC Vidéo enchaînera en éditant en VHS les épisodes trois par trois. C'est finalement France 2 qui diffusera la série sur les ondes hertziennes à partir de l'été 1986. 30 ans plus tard, Universal éditera la première saison sous la forme d'un coffret DVD. Le ressortie vidéastique de la chose chez MEP en ce doux mois de juin vient donc interroger les fantasticovores de tout poil : Que reste-il aujourd'hui d'Amazing Stories ? Effacerons-nous de nos mémoires, le flop télévisuel retentissant qui accompagna sa diffusion ? 



"Qu'on se le dise, le re-visionnage d' Histoires fantastiques est d'abord et avant tout une plongée nostalgique dans les années 80 et dans l'imaginaire Spielbergien."
 
Qu'on se le dise, le re-visionnage d' «Histoires fantastiques» est d'abord et avant tout une plongée nostalgique dans les années 80 et dans l'imaginaire Spielbergien. Finalement la série n'entretient que peu de rapport avec le pulp dont elle emprunte le nom. Nous sommes en fait face à une anthologie de type «Tales from de Crypt » soigneusement accrochée aux rails du spectacle familiale. Et c'est peut être dans l'exercice délicat de cet entre deux qu'Amazing Stories a laissé les spectateurs de l'époque sur leur faim. Suivez le guide...




Le train fantôme (Ghost Train)
Un vieillard découvre que son fils a fait construire sa maison sur une ancienne voie ferrée. A l'endroit précis où lieu un terrible accident dont il est le seul rescapé. Une entrée en matière très Spielbergienne avec un épisode qualifié à l'époque de mièvre. Ce Poltegeist ferroviaire se montre pourtant plutôt touchant. Son final, relativement spectaculaire ( une locomotive apparaissant dans le salon de cette pauvre famille américaine) n'y est sans doute pas pour rien.

La météorite (The Main Attraction)
Pour Brad Bender, l'avenir semble tout tracé. Seul un miracle pourrait empêcher ce jeune sportif de devenir le roi de la promo. Mais une nuit, un étrange météorite s'écrase dans sa chambre et transforme notre fort peu sympathique héros en aimant vivant. Trempé dans le Teen Movie S.F. et rigolard, «The Main Attraction» est un spectacle drôle et léger qui devrait faire mouche chez tout accros aux sacro-saintes années 80.

Le messager d’Alamo (Alamo Jobe)
Un adolescent, pris dans l'Assaut du Fort Alamo commence à avoir de surprenantes visions. Sous ses yeux le présent et le futur se mélangent. Des touristes passent entre les balles, appareils photos à la main et une étrange boutique de souvenir s'est ouverte en plein champ de bataille. Un très classique voyage dans le temps qui s’essouffle rapidement. Alamoe Jobe est sans doute l'un des plus mauvais segments de la saison.

Papa, momie (Mummy, Daddy)
Cet épisode qui connu l'honneur des salles obscures françaises nous propose de suivre les aventures d'un acteur. Arnold joue le rôle de la momie dans un petit film d'horreur. Il se voit contraint de quitter le tournage avec précipitation pour rejoindre sa femme sur le point d'accoucher. Dans l'empressement, il ne retire ni maquillage, ni costume et son périple nocturne s'annonce pour le moins épique. Il va devoir affronter une bande de culs terreux persuadés d'avoir à faire à une véritable momie. Hilarant et redoutablement bien torché, Mummy, Daddy est une pépite télévisuelle à ne manquer sous aucun prétexte.

La mascotte (The Mission)
Spielberg revient aux commandes pour un cinquième épisode cinématographique somptueux. L'équipage d'un bombardier s'y trouve en bien mauvaise posture. Suite à une attaque, les trains d'atterrissage endommagés, ils ne pourront atterrir sans sacrifier l'un d'eux coincé dans une tourelle. Kevin Costner et Kiefer Sutherland sont excellents, l'idée de départ pas mauvaise mais l'exécution pique, elle, au fil des minutes, du nez. L'entrée très tardive du fantastique dans le récit ne sauvera pas les meubles. Au contraire...

L’incroyable vision (The Amazing Falsworth)
Dans un cabaret de Los Angeles, l'étonnant Mr Falsworth fait un numéro dans lequel il prétend pouvoir lire dans les pensées des clients en les touchant. Surprise ! Son don n'est pas du chiqué et lorsqu'une tueur en série s'invite dans le public en cours de représentation, le numéro du magicien va prendre une toute nouvelle tournure. Sympathique, honnête mais pas forcement renversant.


Programme spatial (Fine Tuning)
Avec son pitch prometteur mettant en scène un petit génie qui après avoir bricolé une antenne parvient à recevoir les chaînes de télévision extraterrestres, Fine Tuning donne l'eau à la bouche. L'épisode à l'époque très critiqué n'est certes pas à la hauteur de la promesse, mais il reste néanmoins amusant, rappelant pèle mêle : Explorers, Cocoon ou encore Terrorvision. Notons la présence de Matthew Laborteaux et une bande «craignos monsters» à faire rougir Charles Band. C'est dire !


Mister Magic (Mr. Magic)
Lou, un vieux magicien dont la carrière est sur le déclin va mettre la main sur un vieux jeu de cartes magiques qui vont le remettre en selle. Un très bel épisode qui bien que très classique dans sa réalisation et sa forme, se hisse dans le haut du panier de cette première saison. Touchant et très réussi.

Vacances forcées (Guilt Trip)
Difficile de raconter ce curieux épisode réalisé par l'acteur Burt Reynolds. La mauvaise conscience personnifiée est priée de prendre des vacances sur un bateau de croisière, et il se pourrait bien qu'elle y rencontre une incarnation de l'amour. Un segment fort original pour ne pas dire bizarroïde mais qui manque un peu de fond.

Le zappeur fou (Remote Control Man)
Walter pour échapper à sa morne existence, passe le plus clair de son temps devant la télévision. Un nouveau modèle de téléviseur, acheté dans une étrange chaîne de magasins (Metaluna certainement en référence aux Survivants de l'Infini) va lui permettre d'aller plus loin en remplaçant son entourages par des vedettes de programmes TV. Complètement barge, Remote Control Man est aussi pour ne pas dire surtout un véritable festival de Guest Stars ( Arnold et Willy, L'agence tout risque, Hulk...) Excellent d'un bout à l'autre.

Nuit de Noël (Santa ‘85)
Évidement , Amazing stories n'échappe pas aux traditionnels épisodes de noël. Celui ci, complétement tiré par la barbe, ne fera en tous les cas pas date. A oublier très vite...


Vanessa (Vanessa in the Garden)
Après que Vanessa, sa jeune femme, perde la vie dans un accident, un artiste va trouver un curieux moyen de la faire revivre à travers sa peinture. Un épisode à priori peu engageant signé par la main de Clint Eastwood. Le résultat est contre toute attente très bon. On ne s'y ennuie pas une seconde.

La baby-sitter (The Sitter)
Une mère divorcée a toutes les peines du monde à trouver une baby-sitter pour ses deux fils particulièrement turbulents. Après avoir terrorisé toutes les jeunes femmes du quartier, nos deux pestes vont trouver en la personne d'Angela, sorcière guatémalienne un calmant des plus efficaces. Un épisode clairement adressé au jeune public. A voir au moins pour Seth Green qui trouve ici l' un de ses tout premiers rôles.

Le héros malgré lui (No Day at the Beach)
Très audacieux, tourné en noir et blanc avec un Charlie Sheen en grande forme. No day at the Beach restera sans doute l'une des plus grosses déceptions de cette saison. On y suit les peu passionnantes aventures d'un soldat dont le seul rêve est de devenir un héros. Un spectacle longuet !

Le dernier verre (One For the Road)
Cette réalisation de Thomas Carter rappelle les meilleurs moment de la 4ème dimension. Il y est question d'un ivrogne pas pressé de fermer son parapluie au grand désespoir des autres clients d'un bar. Ces derniers espèrent en effet profiter d'un contrat d'assurance vie. A voir.

Le collectionneur (Gather Ye Acorns)
1932, un jeune garçon préférant les bandes dessinés au travail va recevoir les curieux conseils d'un Elfe. Quelques 50 années plus tard, alors qu'il croit avoir choisi le mauvais chemin, sa vie va basculer. Pas franchement emballant en dépit de la présence de Mark Hamill et d'un message à tout ce que la terre compte de collectionneurs.

Bouh ! (Boo!)
Épisode très attendu puisque réalisé par Joe Dante, l'enfant terrible d'Hollywood. A l'époque, la déception fut quasi unanime. On se demande aujourd'hui bien pourquoi. Les tribulations d'un vieux couple de fantômes face à de nouveaux colocataires particulièrement allumés (Mr est impresario, Madame fait du porno) valent assurément le coup d'œil. Cocasse et délirant.

Dorothy et Ben (Dorothy and Ben)

On termine ce 3iem disque avec un segment particulièrement émouvant. Il y a sera question d'un étrange lien télépathique entre une petite fille dans le coma et son camarade de chambrée, Ben, 40 ans qui vient lui juste d'en sortir.

Miroir, miroir (Mirror, Mirror)
Le pitch rappelle furieusement un des segments de La maison qui tue, célèbre film à sketches produit par l'Amicus. D'ailleurs dans sa séquence introductive, Scorsese semble rendre hommage au cinéma gothique britannique avant de s'accrocher au destin d'un auteur de livres horrifiques à succès. Ce dernier touché par des hallucinations aperçoit dans les miroirs un tueur balafré et monstrueux. Une très belle mise en scène accompagne le tout. Très fréquentable. 


 

Le cinéma secret (Secret Cinema)
A classer directement sur le haut de la pile, cet épisode fou réalisé par Paul Bartel raconte l'histoire de Jane, jeune femme à qui il n'arrive que des malheurs. Elle ne tardera pas à découvrir que sa malchance a une explication très rationnelle. Elle est sans le savoir l'héroïne d'une série de films comiques. Le Truman Show avant l'heure et un épisode incontournable dans cette première  saison.

La moumoute sanguinaire (Hell Toupee)
Nettement moins réussi mais, faut-il le reconnaître assez gonflé, Hell Toupee cause d'une prothèse capillaire tueuse. Amusant mais c'est bien tout.

La poupée (The Doll)

Très Spielbergien dans son propos et plein de bon sentiments, cet épisode vaut son pesant de porcelaine. Un homme visitant un magasin de jouet fait main pour trouver un cadeau d'anniversaire, va être fasciné par une poupée. Il en tombe presque amoureux et va remuer ciel et terre pour retrouver la femme qui a servi de modèle au vieil artisan.

L’encyclopédie vivante (One For the Books) 
Un vieil homme qui fait le ménage dans un lycée va soudainement découvrir qu'il est polyglotte et qu'il maîtrise aussi bien les sciences, l'histoire que les mathématiques. L'explication de cette soudaine et brutale érudition est à chercher dans le ciel ou plus précisément dans l'espace. De la SF simple mais efficace qui se clôturera par l'apparition d'une belle soucoupe volante vintage au beau milieu d'un stade de football américain.

Le fantôme de Charlie (Grandpa’s Ghost)
Cette première saison d'Histoires fantastiques se termine sur l'un de ses épisodes les plus étranges. Après le décès de son grand père, un jeune homme décide de prendre sa place. Ce segment, traversé par de surprenants passages oniriques, semble parfois échapper à toute logique narrative. Un véritable ovni !


Laserblast: critique et test DVD




"En 1977, Charles Band n'a pas encore construit son Empire, ni frotté la lanterne magique de la vidéo domestique, mais cet enfant de la balle produit déjà à la chaîne de quoi alimenter les salles les plus obscures du nouveau continent."

Disponible depuis belle lurette chez nos cousins d’Amérique et nos voisins anglais, le très connu «Laserblast » du très peu connu Michael Rae se refusait encore aux chariots de nos platines affamées. Ironie du sort, c'est alors que le support DVD connaît un déclin inquiétant, que nous arrivent pièces manquantes d'une cinéphilie débutée dans la fureur de la vidéo locative. Rendez vous compte en deux petites années, Terreur extraterrestre, Horrible, La galaxie de la terreur, Porno holocaust ou encore La plage sanglante ont trouvé le chemin de nos salons. Il en manque bien sûr à l'appel (si quelqu'un pouvez se dévouer pour Atomic Cyborg, Robowar, L'invasion des cocons, Flic et Vice Academy, votre serviteur serait comblé) mais l'espoir ne nous a pas abandonné...

"cette série B sans grands moyens, shootée en trois semaines ou en trois week end (selon les sources) profita de l’appétit du public américain pour la science fiction dans l'après Star Wars"


En 1977, Charles Band n'a pas encore construit son Empire, ni frotté la lanterne magique de la vidéo domestique (avec Media Home Enterainment) , mais cet enfant de la balle produit déjà à la chaîne de quoi alimenter les salles les plus obscures du nouveau continent. Dans ses premiers plats servis dans la cantine de l'imaginaire, on retiendra surtout un «Laserblast» que le producteur américain se plaît à décrire comme un possible chaînon manquant entre «Carrie» et «La guerre des étoiles». Nul doute que cette série B sans grands moyens, shootée en trois semaines ou en trois week end (selon les sources) profita de l’appétit du public américain pour la science fiction dans l'après Star wars. Reste que recul aidant , le résultat embrasse une toute autre qualité, celui d'annoncer très involontairement un face anxieuse et sombre du Teen Movie US, ce regard inquiet et interrogateur que le cinéma américain posera sur la jeunesse des 90. Oui il y a conceptuellement déjà un peu de l' «Elephant » de Gus Van Sant dans le « Laserblast » de Rae.
 
"Laserblast.... annonce très involontairement un face anxieuse et sombre du Teen Movie US, ce regard inquiet et interrogateur que le cinéma américain posera sur la jeunesse des années 90." 



Et comme pour confirmer la thèse, rarement un outsider aura été plus antipathique que ce Billy Duncan. Blondinet au regard glacial, délaissé par une mère volage, maltraité par ses camarades, usant les pneus de son van sur les routes d'une Amérique désertique, jusqu'à mettre la main sur une arme d'origine extraterrestre. Évidemment la trouvaille va permettre à l'adolescent de rendre la monnaie et Laserblast peut aussi être vu comme une déclinaison SF du revenge movie. Mais ce qui frappe le plus est peut être à chercher dans les arrières plans. La chaleur, le soleil cognant sur les visages et la poussière, Rayon Laser est avant même de dérouler son récit, un film d'ambiance, un safari chez les cul terreux devant sans doute un peu à «la colline » de Craven ou « Texas chainsaw massacre » de Hooper. Et comme la réalité rejoint souvent la fiction, on raconte que quelques autochtones agacés par la réalisation de scènes pyrotechniques , auraient vider quelques chargeurs sur l'équipe de tournage. Bienvenue dans le sud... En quelque sorte ! 


"Mais ce qui frappe le plus est peut être à chercher dans les arrières plans. La chaleur, le soleil cognant sur les visages et la poussière, Rayon Laser est avant même de dérouler son récit, un film d'ambiance, un safari chez les cul terreux  "


"Dans les coulisses, David Allen s’affaire. La carrière de ce grand manitou de la Stop motion se partagera entre ses travaux pour l'I.L.M. et sa participation active aux jets fumants de l'Empire"


Dans les coulisses, David Allen s’affaire. La carrière de ce grand manitou de la Stop motion se partagera entre ses travaux pour l'I.L.M. ( Sos Fantôme 2, Le secret de la Pyramide pour lequel Allen sera nominé aux oscars) et sa participation active aux jets fumants de l'Empire. Les deux extraterrestres qu'il anime dans Laserblast entreront tête première dans le culte au point d'être singés dans une parodie pornographique poilue et poilante de «Rencontres du 3e type». Michael Rae, lui ne profitera du succès commercial de son jet. Le cinéaste disparaîtra même de la circulation, laissant Charles Band ramasser seul lauriers et dollars. Faudrait-il en déduire que tous les films produits par Band restent des films de producteurs ? 


Un œil sur le disque :

Bach Films livre « Rayon laser » dans un master 4/3 mais le film est restitué dans son format 1.66 d'origine, en version originale anglaise sous titrée et en version française. La présentation du film est assurée par Marc Toullec. Une édition simple et recommandable. 




Blair Witch: critique et test Bluray




Entré en production puis tourné dans le plus grand secret, sous un titre provisoire (The Woods) pour ne pas éveiller les soupçons des fans, Blair Witch cuvée 2016 nous avait pris par surprise au retour des vacances. Le coup de com orchestré par Lionsgate était maîtrisée mais la mini hype qui grossit entre l'annonce du subterfuge (au Comic-Con de San Diego) et la sortie effective de la bobine ne dura qu'un mois. Ce deuxième et tardif prolongement de l'effort zélé de Myrick et Sanchez devait se faire cueillir par la presse spécialisée... Blair Witch eu beau récolter huit fois sa mise de départ (45 millions de dollars de recettes dont 20 millions sur le territoire nord américain, pour un budget initial de 5 millions seulement) , l'effort fut considéré comme l'un des flops de l'automne. Il faut dire que Lionsgate confessa s'être délesté de 20 millions de dollars supplémentaires pour la seule promotion du film.

"Entré en production puis tourné dans le plus grand secret, sous un titre provisoire (The Woods) pour ne pas éveiller les soupçons des fans, Blair Witch cuvée 2016 nous avait pris par surprise au retour des vacances."

 « Cinq millions de dollars c'est peu... Mais c'est beaucoup pour ce qui est donné à voir... » Ricanait-on en sortie de séance. Car oui, les géniteurs du «Blair Witch Project 3» n'ont pas lésiné sur les moyens, allant jusqu'à reconstituer la maison abandonnée du 1er film (depuis détruite par un propriétaire qui, nous dit-on, ne supportait plus les «va- et vient» des fans). Pour les intérieurs, un décor gigantesque et à trois niveaux fut construit en studio. Un travail de titan réalisé à partir de photos retrouvées sur internet. Chaque pierre et lambeau de papier peint est à sa place. Un soin identique sera porté à la ballade bucolique qui occupe 80% du métrage. Les sentiers empruntés par l'équipe de tournage furent séparés des sentiers empruntés par les acteurs pour conserver à la branche près, la qualité «sauvage» des décors. 

"les géniteurs de Blair Witch  n'ont pas lésiné sur les moyens, allant jusqu'à reconstituer la maison abandonnée du 1er film (depuis détruite par un propriétaire qui, nous dit-on, ne supportait plus les «va- et vient» des fans)."


Problème... de ce méticuleux travail aux frontières du « Fan film » et de la révérence, pas grand chose n'imprime l'écran ou plutôt le traverse de manière trop furtive. La faute à la forme même du métrage, aux codes et aux  tics du «Found Footage». Au final et d'un point de vue plastique, pas grand chose ne sépare son « jet » des dizaines répliques fauchés qui atterrir sur les chariots de nos platines DVD, dans le sillon du «Blair Witch Project » , premier du nom. C'est finalement surtout à la force d'un montage malin signé Louis Coiffi (Carnosaur 3, la série Dexter) que ce troisième opus marque des points. Une question de rythme qui fait justement défaut à bon nombre de bobines du genre. Ici pas de temps perdu, Wingard expédie la présentation de ses personnages en moins d'un quart heure. Le message est bien reçu. Les véritables stars du film restent la forêt, la mythologie Blair Witch et sa sorcière volontairement invisible, même si précisément ce Blair Witch 2016 nous laisse furtivement entrevoir quelque chose. Il faudra jouer de la télécommande et du bouton pause pour se faire sa propre idée..

" Le message est bien reçu. Les véritables stars du film restent la forêt, la mythologie Blair Witch et sa sorcière volontairement invisible, même si précisément ce Blair Witch 2016 nous laisse furtivement entrevoir quelque chose"


 A l'autre bout du tunnel et du métrage, 10 minutes aux allures foraines. La conclusion du jet de Wingard se donne des airs de train fantôme et joue de toute les cordes (Claustrophobie, Boo effects à gogo... ). Histoire de mettre les nerfs à rude épreuve. C'est réussi. A l'instar du « The Visit » de M. Night Shyamalan , «Blair Witch» parvient à contredire l'évidence. Le genre ou plutôt l'exercice de style a beau avoir été abîmé par 18 années d'exploitation , il n'a peut être pas encore tiré ses dernières cartouches. Ce que paye le film, c'est au final surtout la posture un poil «geek and snob» de ses géniteurs, tentant de contourner, voire d'éjecter «Book of Shadows» de la mythologie Blair Witch. Au moment même ou le film de Joe Berlinger connaît une forme discrète de ré évaluation. Gosh …Bad Timing... 

"Loin d'être un coup de maître, mais loin de la purge annoncée, Blair Witch ne méritait en tous les cas les torrents de boue qui accompagnèrent sa sortie en salle... Ce conte d'Hansel et Gretel modernisé ne s'égare pas en chemin


Loin d'être un coup de maître, mais loin de la purge annoncée, « Blair Witch » ne méritait en tous les cas les torrents de boue qui accompagnèrent sa sortie en salle. Cet "Hansel et Gretel modernisé" ne s'égare pas en chemin et les fans de ce qu'il faut désormais appeler franchise peuvent donc ramener leurs guêtres sans craindre la gueule de bois. Pour les autres, l’œuvrette semblera certainement plus dispensable. C'est l' jeu ma pauvr' Lucette !

Un œil sur le disque :


Comme d'habitude, Metropolitan Video/Seven 7 s'est fendu d'un bluray techniquement haut de gamme même si «Blair Witch», pour cause d'exercice de style, ne profite pas pleinement de la haute définition. Le Master 16.9 présente le film dans son jus. Comprendre un Academic Flat 1.85, accompagné de pistes française et anglaise spatialisées avec sous titres français s'il vous plaît. La bonne nouvelle vient d'une section bonus particulièrement dense avec une série de longs documents, certes un peu auto satisfait mais nettement plus instructifs et intéressants que les featurettes expéditives accompagnant de plus en plus souvent les productions américaines actuelles.



Les collines nues: critique et test DVD


Artus films aura attendu le mois de février pour livrer sa première galette. L'éditeur français, droit dans ses bottes, poursuit une exploration du western américain et commence l'année 2017 avec une œuvrette relativement obscure et peu documentée, tombée à pic dans le domaine public outre atlantique : «The Naked Hills » qui vient trouver dans son titrage français (Les collines nues) une traduction litterale. Ecranbis.com ouvre le chemin...


"Planté au beau milieu des fifties, Les collines nues apparaît d'abord comme un western économe recentré sur la destinée de deux papillons de nuit pris dans la lueur des réverbères."

Planté au beau milieu des fifties, Les collines nues apparaît d'abord comme un western économe recentré sur la destinée de deux papillons de nuit pris dans la lueur des réverbères. L'énième récit d'une ruée vers l'or ou d'une fuite en avant... Les collines de Californie en point de mire, la soif de l'or pour motivation.

  Évidemment, la dimension parabolique du récit ne tarde pas à émerger. Métal précieux ou dieu dollar, au fond peu importe, c'est bien le rêve américain qui est ici dans la balance. Mirage justifiant tout et son contraire... Là où rien n'est impossible, au fond rien n'est impensable. Les deux hommes ne tardent pas à découvrir que tout décors a son envers et à l'instar d'Hollywood ou Wall street, le miracle californien peine un peu à cacher l'évidence. A l'homme honnête, trois vie ne suffiront pas à devenir riche. La réussite connaît ses raccourcies et ceux ci passent nécessairement par des routes mal éclairées. L'argent sale est une affaire de mains propres. Si le cinéma Américain se met à causer comme Mélanchon, le monde est mal barré...se dit-on... 

"Évidemment, la dimension parabolique du récit ne tarde pas à émerger. Métal précieux ou dieu dollar, au fond peu importe, c'est bien le rêve américain qui est ici dans la balance. "



Par la juxtaposition de deux destins, Les collines nues se donne  souvent l'apparence d'un conte moral, rappelant avec fermeté et insistance son spectateur à l'ordre. L'espoir a parfois le parfum d'un venin. Au fond, débarrassé des oripeaux du Western , le chemin de Tracy est celui qu'emprunte tout homme rêvant  de caresser la lune. Et même lorsque la chance tourne, que la colline livre enfin le trésor de ses entrailles... Cette éclaircie se paye au prix du sang, d'un amour déçu...Celui d'une petite employée refusant de blanchir les liasses de monsieur... et celui d'un fils que Tracy n'a pas vu grandir. Noir c'est noir... Cette petite production indépendante a le mérite de choisir son camp... Même son happy end fait la gueule ! Si je puis dire... 

"Le film confirme l'extra ordinaire capacité de l'Amérique à raconter sa face sombre, à faire jaillir ses doutes et produire son auto critique, sous la forme d'un cinéma populaire, sous le prétexte du cinéma de genre. "



Côté facture, l'effort ne brille pas particulièrement mais Shaftel s'applique à tenir la barre. Classique , modeste, son jet se traverse avec plaisir (Peut être parce que la dite traversée n'est pas très longue... ) Mais c'est surtout par l’inattendu de sa proposition, prenant le modèle américain (enfin l'idée  que l'on se fait du modèle américain) à revers, que le métrage marque des points et confirme l'extra ordinaire capacité de l'Amérique à raconter sa face sombre, à faire jaillir ses doutes et produire son auto critique, sous la forme d'un cinéma populaire, sous le prétexte du cinéma de genre. Rien que pour ça, ça vaut le coup d’œil.


Un œil sur le disque :

Artus films livre «Les collines nues » dans une édition épurée. Une copie correcte baignant dans son ratio 1.37 d'origine, accompagnée d'une simple piste audio anglaise et de sous titres français. Dans la mine aux bonus, un diaporama et des bandes annonces. Ok donc  !