Mystery Men, l'édition ultime !



Surprise, « Mystery men », prototype de l’œuvre passée à la trappe et sous les radars, est de retour dans une édition dite "Ultime" et chose peu commune, d'origine française. L'atelier d'images s'est adjoint les services de deux fans du film de Kinka Usher : David Oghia ( Ex directeur artistique et directeur d'ouvrage aux éditions Bragelonne ) et Guillaume Le Disez  (Brigitte Lahaie : les films de cultes, Rayon X ). Les deux hommes ont été chargés de superviser une édition hors du commun qui fut en partie financée par le biais d'une campagne Kisskissbankbank. Le fruit de leur effort arrive enfin dans les linéaires de vos vidéostores préférés. La chose devrait être le disponible à la vente dès le 21 juillet 2020. Ecranbis.com a été gâté puisque nous avons reçu d'une part le test disque et d'autres part l'édition collector commercialisée lors de la campagne. C'est dire si ce petit monde avait envie que nous en parlions... En route donc pour l'aventure. 


"A l'instar des aventures de Buckaroo Banzaï à travers la huitième dimension, la bobine est chère à une poignée de cinéphiles appréciant à sa juste valeur la déconnexion du film aux standards hollywoodiens."  

 Au crépuscule des années quatre-ving dix, le monde découvre ébahi une troupe de super héros, tout droit sortis de l'imagination débordante du créateur de comics Bob Burden. A la niche les X-men, au panier les Avengers, les Mystery Men sont là. La petite bande est composée de Monsieur Furieux, dont le seul super pouvoir est de se mettre en colère, L'invisible, qui n'est en fait invisible que lorsque personne ne le regarde, Le Spleen, qui à l'instar d'Eugenie Sokolov, s'est spécialisé dans les déflagrations gazeuses et malodorantes, Le Fakir Bleu, dont le coup de fourchette n'a d'égal que le coup de pelle du bien nommé La Pelle. Ce commando de super héros ratés se lance aux trousses d'un certains Casanova Frankenstein et des salles obscures. Le résultat, aussi délirant soit-il, ne convaincra pas le public.Sur le nouveau continent, « Mystery Men » rapportera moins de la moitié de ce qu'il coûté à ses producteurs ( La bagatelle de soixante huit millions de dollars américain ! Ça fait mal par où ça passe !). La série noire se poursuivra en Europe. En France, les gaulois feront la moue et le film peine à rassembler 14 000 spectateurs.


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Non Mystery Men n'est pas un film à côté de ses pompes, mais un travail de cordonnier fantasque."


 Pourtant , le jet de Kinka Usher ne manque pas de qualités. A commencer par une casting très haut de gamme . Jugez sur pièce : L’ alors très en vogue Ben Stiller, Hank Azaria, William H. Macy, Paul Reubens, Wes Studi, Claire Forlani, Geoffrey Rush. Un défilé de stars pour une aventure hors du commun cramponnée à la rampe de la comédie, voire de la parodie. « Mystery Men » est aussi une production léchée, visuellement plus subtile qu'il n'y paraît. Le directeur de la photographie, Stephen H. Burum (Mission to Mars, Mission: Impossible, La guerre des Roses, La promise, Rusty James, Outsiders, L'emprise....) est à l’œuvre. Tout les ingrédients du succès étaient donc là. Mais l'heure n'était peut être pas encore aux pastiches super héroïques. De là à écrire que « Mystery Men » est un film en avance sur son temps, il n'y a qu'un pas que l'on est bien tenté de faire. J'en veux pour preuve la petite hype qui s'est construite autour de film, au fil des années. A l'instar des "aventures de Buckaroo Banzaï à travers la huitième dimension", la bobine est chère à une poignée de cinéphiles appréciant à sa juste valeur la déconnexion du film aux standards hollywoodiens.
"une chouette initiative et une édition d'exception. "



Non Mystery Men n'est pas un film à côté de ses pompes, mais un travail de cordonnier fantasque. La précédente édition DVD du film en France si elle présentait d’indéniables qualités techniques avait des airs de formalité. On ne peut donc que se réjouir de voir arriver la chose dans un écrin haut de gamme : Un Steel Book combo Blu-ray/ DVD orné d'un visuel original de Paul Shiper, mille fois plus engageant que l'affiche du film. La section supplément se partage en deux chapitres. D'abord, les bonus d'époque : Spotlight on location- LES COULISSES DU TOURNAGE (17 min), des s
cènes coupées (19 min), une galerie photos e la bande annonce d'époque (2 min). Puis des bonus récents et inédit : Nous sommes les autres gars - DANS LES COULISSES DE MYSTERY MEN (23 min), Je suis un super-héros, maman! - LES COSTUMES DE MYSTERY MEN (12 min)., Champion city en son et lumière - LES EFFETS SPÉCIAUX DE MYSTERY MEN (9 min), Le disco, c'est la vie! - LA MUSIQUE DE MYSTERY MEN (8 min).



Bref un sacré programme, qui avait été complété durant la campagne par des goodies qui ne seront eux pas disponibles dans le commerce : Un maxi 45 tours, un livre, divers gadgets et j'en passe. Autant dire que les fans de Mystery Men ont été bien servi. Les jeunes loups et ce qui sont passé à l'époque à côté de la chose ( et ils sont nombreux), devraient eux aussi y trouver leur compte. Quant à nous, difficile de ne pas saluer cette chouette initiative et cette édition d'exception.


I.A.

Hell Night : Critique et Test Bluray




Coup dur pour les amateurs de cinéma horrifique ! L'édition Combo Blu-ray & DVD française de « Hell Night » (1981), initialement annoncée dans les bacs pour le mois d'Avril, a été, confinement oblige, repoussée au 22 mai 2020. Mais cette fois pas de lézard en vue, les disques ont bel et bien débarqué dans les rayons de vos vidéostores favoris. Un occasion immanquable de jeter un œil sur un petit slasher devenu invisible (dans l'hexagone du moins) depuis son exploitation en vidéo cassette. Ecranbis.com, toujours partant pour les trips nostalgiques et tranchants s'est porté volontaire. Récit d'une nuit en enfer, la joliette et joufflue Linda Blair en prime !


"le jet de DeSimone  tourne en partie le dos aux poncifs du genre, ou plus exactement à ses décors. Exit les banlieues résidentielles plongées dans le bleu la nuit , les camps de boyscouts réveillés par les cris de terreur"


Première bonne surprise,  Rimini Edition a déroulé le tapis rouge. Au programme, une édition définitivement séduisante rassemblant un disque Blu-ray , un disque DVD et un livret de vingt pages  rédigé et supervisé par Marc Toullec, le tout embarqué  dans un écrin cartonné esthétiquement réussi. Rayon bonus, des entretiens conséquents ( et présentés en VOST et en HD ) de la comédienne Linda Blair, du réalisateur Tom DeSimone et enfin directeur artistique Steven G. Legler viennent enrichir la partie "suppléments ". 83 minutes de Bonus pour un Slasher relativement obscure et anecdotique, difficile d'en demander plus ! Enfin le master haute définition utilisé s'avère convaincant même si il présente ci et là quelques imperfections. Une chose reste toutefois  sûre, nous n'avions jamais vu l’œuvrette de Tom DeSimone dans de meilleures conditions.

" Hell Night mise sur une touche gothique insistante et imprévue."
 


Par une nuit très sombre et très arrosée, quatre jeunes gens (dont belle Marti  interprétée par Linda Blair) s’apprêtent  à célébrer leur entrée dans une fraternité étudiante. Évidemment, " faire partie de la bande " demande de prendre un peu sur soi. Les autres membres du groupes sont aussi taquins  qu'inventifs et ont imaginé un bizutage d'un genre nouveau . Marti et ses compagnons de fortune devront passer la nuit dans un manoir abandonné,  sans électricité et sans téléphone. Un endroit réputé maudit. Quelques années plutôt, une famille y a  en effet été massacrée. On raconte à qui veut l'entendre  que lorsque la Police arriva sur les lieux du crime, un corps manquait à l'appel, celui d'un enfant défiguré et monstrueux. La pauvre âme roderait désormais dans le parc, aux abords de la bâtisse. 

"un petit Slasher fréquentable , parfois involontairement campy mais esthétiquement joliet. "
 



Sur cette trame très classique, Tom DeSimone  accouche d'une œuvrette assez convenue. Ou plutôt que le spectateurs peinera quelque peu à distinguer des nombreuses productions du même acabit, les décalques plus ou moins inspirées de Halloween puis de Vendredi 13. Au Slasher, genre dont la date précise de cristallisation porte à débat, " Hell Night " apporte cependant une touche gothique insistante et imprévue. Bicoque sans age, décors présumément éclairés à la bougie  jusqu'aux fripes  de location des protagonistes (Une robe victorienne pour Mademoiselle Blair), le jet de DeSimone  tourne en partie le dos aux poncifs du genre, ou plus exactement à ses décors. Exit les banlieues résidentielles plongées dans le bleu la nuit, les camps de boyscouts réveillés par les cris de terreur des monitrices apeurées. Ce parti pris  fait de " Hell  Night " une œuvre à la tonalité étrange. Un film brillant par son ambiance plus que par son propos.


Bien aidé par la présence de Linda Blair à son générique, le film a, comme tant d'autres,  connu un certains succès en vidéocassette aux États unis. Au point que certains cinéphiles exaltés lui aient collé l'étiquette " Culte ". Une appellation qui a sans doute beaucoup plus à voir avec la nostalgie que les véritables qualités du métrage. Dans l'hexagone, " Une nuit en enfer " ( un de ses titres vidéos) a semble-t-il moins convaincu. Il n'en reste pas moins un petit Slasher fréquentable , parfois involontairement "campy" mais esthétiquement joliet.  Ce qui n'est pas une surprise lorsque l'on sait que la photographie porte la griffe de Mac Ahlberg (Re-animator, Le flic de Beverly Hills 3). 

Assassination Nation: Critique et test Bluray


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Universal Pictures France
Sortie à la toute fin 2018 dans les salles de l'hexagone « Assassination Nation » n'a pas fait beaucoup parlé lui. Trop hystérique pour la critique bobo, peut être trop americano centré pour la France des gilets jaunes, le film de Sam Levinson nous revient comme un boomerang le 10 avril prochain des éditions DVD et Bluray concocté par Universal. Du côté d'Ecranbis.com, on s'est déjà coincé un test disc dans la platine et on vous raconte tout...même le reste. 

"Depuis les années 90, la douce Amérique fait les gros yeux à sa jeunesse dorée. Ah qu'il est loin le temps où Hollywood émerveillait des Goonies et autres simili club des cinq".

Depuis les années 90, la douce Amérique fait les gros yeux à sa jeunesse dorée. Ah qu'il est loin le temps où Hollywood émerveillait des Goonies et autres simili club des cinqs. Biberonnés à l'internet et à la real Tv, élevés en batterie dans les banlieues résidentielles, les kids de l'oncle Sam affichentune arrogance à tout épreuve et un goût pour le cynisme préoccupant. Une nouvelle génération perdue, ultra connectée, cherchant entre consumérisme exalté et puritanisme de façade, une manière d'exister.  Assassination Nation » c'est d'abord quatre bécasses carabinées, quatre pestes tendance « pervy niaises » jetées dans le panier de crabe lycéen. Les hormones bouillonnent, la libido tâtonne.. Par la magie du tout numérique, des cambriolages informatiques, du culte de la transparence ce qui aurait du resté dans le microcosme estudiantin et dans les mémoires de stockage de téléphones dernier cris, va se retrouver en ligne... Le phénomène « Leak » dans toute sa splendeur...Avec l'autre bout de la corde, une facture à payer «In real life ».


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"  Assassination Nation » a le sens de la formule mais un également un goût certains pour la symbolique, les références meta nerd et cinématographiques "

Il n'en faudra pas plus pour que Salem, petite bourgade déjà pleine d'histoires organise une nouvelle chasse aux sorcières. Le spectateur pris entre deux lignes ennemies accuse le coup et peine parfois à choisir son camps. Entre petites connes en transe et meutes de faux cul, on rêve parfois de voir le navire couler à pic. Avant de se rendre à l'évidence, «  Assassination Nation » parle de nous. De notre étonnante capacité à nous voiler la face. A l'heure de la ligue du lol et des Hashtag saignant,s notre société s'est elle même transformée en cour de récré et les surveillants sont du genre « rien à battre ». Épousant vaguement ou par la bande la cause féministe et transgenre, le jet de Sam Levinson est surtout un miroir tendu, un coup de pied dans les couilles agrémentés d'un « regardes comme t'es belle quand tu pleures ». 



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"Épousant vaguement ou par la bande la cause féministe et transgenre, le jet de Sam Levinson est surtout un miroir tendu, un coup de pied dans les couilles agrémentés d'un « regardes comme t'es belle quand tu pleures ».

Dit autrement «  Assassination Nation » a le sens de la formule mais un également un goût certains pour la symbolique, les références meta nerd et cinématographiques ( Cinéma d'exploitation japonaios entre autre)la branchitude, les effets de manches et de mode. C'est beau comme un selfie provoc trafiqué à coup de filtres... Bref cette exploration trashy et très actuelle ( d'un point de vue formel) de la planète teen occupe l'esprit bien après l’éjection de la galette. C'est dire si Ecranbis.com vous le recommande ! 


Le disque:

Pas de pépins techniques en vue mais un master haute définition très haut de gamme. Le doublage français n'est toutefois pas un modèle tant au niveau de la traduction que du jeu. Visionnage en version originale très conseillé. La section supplément est un peu décevante : Des scènes coupées ou étendues et un bétisier.

Summer of 84: Critique


“Stranger Things”, “ça” et aujourd’hui “Summer of 84”… Sur la planète fantastique, l’heure est désormais à la nostalgie, à la révérence, à l'exploration des banlieues pavillonnaires américaines et d’une décennie profondément marquée par l’imaginaire Spielbergien. Les kids des eighties et autres petits frères des Goonies se disputent désormais les écrans pour le plus grand bonheur de la génération désenchantée. Si vous avez eu le bonheur de goûter aux années Rubik’s Cube en écoutant du Ah-a sur des walkmans aux faux airs de lunch box, L’Atelier d’Images a une surprise pour vous. Une édition bluray française - au passage très attendue - de “Summer of 84”. Une galette que vous pourrez trouver dans vos vidéostores à partir du 9 avril 2019. Ecranbis.com s’est jeté dessus avec quelques jours d’avance… Magneto Serge !


Sous le soleil brûlant de l'été 1984, le jeune Davey Armstrong, pré adolescent à l'imagination définitivement fertile vient par un concours de circonstance à soupçonner son voisin, accessoirement policier de son état, d'être un dangereux tueur en série. Il embarque ses meilleures amis dans une enquête cocasse qui ne tardera pas à se transformer en une aventure périlleuse...


"Un cinéma de régurgitation mais dans l'air du temps, au maniérisme parfois forcé (trop de citation tue la citation) mais toujours sympathique"


Le trio de cinéaste québécois RKSS ( pour Road Kill Superstars, appréciez  ! ) , composé de Yoan Karl Whissel, Anouk Whissel et François Simard s’était déjà rendu coupable de “Turbo kid”. Un métrage post apocalyptique, fauché comme les blés et passablement délirant, dont la nature révérencieuse ne faisait aucun doute. Les trois geeks s’y faisaient  les portes drapeau de la culture vidéo club et d’un cinéma d’exploitation frappé par la foudre. Un cinéma de régurgitation mais dans l'air du temps, au maniérisme parfois forcé (trop de citation tue la citation) mais toujours sympathique. Avec «  Summer Of 84  », un titre qui annonce la couleur,  RKSS poursuit donc son chemin et son trip régressif avec une œuvre, certes de commande, mais diablement réussie.

En toile de fond, cette Amérique aux périphéries de ses jungles urbaines, ses pattés de villas aux pelouses soigneusement entretenues. Les mêmes qui ont accueilli plusieurs décennies de Slashers, Teen movies et autres drames estudiantins. Le voisinage, ce monde inconnu caché derrière la palissade, de l'autre côté du gazon,  cette altérite à portée de main, y titille la curiosité d'une poignées de gosses  à l'imagination débordante.  Un loup se serait-il glissé dans le poulailler  ?  Un croquemitaine aurait-il posé ses valises en plein rêve américain? La normalité n'est pas  le plus efficace des camouflage  ? La thématique est  déjà abondamment illustrée – The Burbs du vénérable Joe Dante, ou encore plus récemment   Paranoïak de D.J. Caruso. L'on craint donc que Yoan Karl Whissel, Anouk Whissel et François Simard ne trouvent rien à ajouter à une équation au résultat connu d'avance.


«  Summer of 84  est d'abord un exercice de style, une succès formelle dont la substance hésite sans cesse entre le devoir inspiré et la franche réussite."


On craint , à juste titre, devrais-je ajouter car  sans surprise aucune, «  Summer of 84  » ne fabrique ni mythologie, ni univers et se contente de suivre les rails. Mais comme souvent tout est dans l'art et la manière.  «  Summer of 84  » est d'abord un exercice de style, une succès formelle dont la substance hésite sans cesse entre le devoir inspiré et la franche réussite. Dès lors, pourquoi devrions-nous bouder notre plaisir  ? Au diable les pisses froids et les cinéphiles exigeant, il y a ici de quoi nourrir nos passions pour le 7e art tout en nous remémorant nos plus belles années. Et ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de faire d'une  seule pierre deux aussi jolis coups  !


Xtro: Critique et test Bluray (Import UK)





Mauvaises nouvelles des étoiles et bonne nouvelle d'outre manche. Xtro, métrage culte si il en est vient d’atterrir sur le chariot des platines britanniques dans une édition Bluray à la haute définition et aux contenus définitivement réjouissants. De quoi jeter par la fenêtre vos bons vieux DVD frenchy et repartir à la rencontre d'un des plus terrifiants visiteurs que notre bonne vieille planète ait jamais connu. Non tous les E.T. Ne sont pas nos amis, la preuve dans une  chronique de l'Ecranbis.com qui sent déjà la crème solaire et les chouchous.Et pour cause  il s'agit d'une des toutes dernières  publications avant la sacro-sainte trêve estivale. Vive les congés (pas) payés !


  «...un des plus terrifiants visiteurs que notre bonne vieille planète ait jamais connu. Non tous les E.T. Ne sont pas nos amis!»

En 1982, une petite créature extra-terrestre, botaniste à ses heures perdues vient gratter l'amitié des kidz de l’Amérique. Avec le E.T. De Steven Spielberg , l'extra-terrestre abandonne tout machiavélisme ou volonté invasive pour devenir la coqueluche des enfants, une peluche vendue à prix d'or et un  nouveau filon pour les fabricants de produits dérivés.E.T. l'extra-terrestre vient de fait terminer le virage opéré par science fiction américaine quelques années plus tôt avec Rencontre du troisième type. L'être tombé des étoiles, après avoir personnifié des décennies durant le péril rouge et dépeint une vision profondément paranoïaque de l’altérité, est désormais vue à travers le prisme d'un positivisme très années 80.



« ...le cinéma britannique s'essaye à un mariage devenu pratiquement anachronique: Science fiction et horreur seront au flippant menu d'XTro»

A des années lumières des communications musicales improbables et des appels téléphoniques très longue distance à coup d'antenne parapluie, dans les rues les plus sombre du cinéma fantastique la résistance s'organise. Un an seulement après la rencontre entre  Elliott et son alien , comprendre Henry Thomas et quelques bouts de latex, nos cousins grand bretons  s'essayent à un mariage devenu pratiquement anachronique: Science fiction et horreur seront au flippant menu du XTro de Harry Bromley Davenport. Problème de taille, le jadis si prolifique cinéma fantastique anglais est en panne sèche sur les routes de l'imaginaire. Il faudra donc tendre les braspar dessus l'océan atlantique ou plus exactement à Robert Shaye, l'un des fondateur d'une New Line Cinéma pas encore sous le giron de la Warner. La firme veut ré-orienter sa production dans le cinéma de genre. Elle en fera la preuve avec les Griffes de la Nuit de Craven...Mais l'heure est à un autre type de cauchemars...




«Xtro...vient surtout défier Spielberg sur son propre terrain et trace les contours d'une nouvelle forme de rencontre entre un extra-terrestre et un enfant. Un anti E.T. En quelques sortes»

Dès sa sortie sur les écrans, le jet de Harry Bromley Davenport fait office d’électro choc pelliculaire. Xtro remporte haut la main le grand prix du festival du film fantastique de Paris en 1983 et restera des années durant un véritable hit dans les vidéo clubs de France et de Navarre. Un fait totalement étonnant si l'on considère que cette bobine prend toute l'industrie du cinéma de l'époque à rebrousse poil. Tout commence alors qu'une après midi le petit Tony voit Sam, son père être enlevé par une étrange lumière blanche. Mais trois années plus tard, alors que la vie tente de reprendre contre vent et marée  son cours, Sam réapparaît sur terre sous la forme d'une créature des plus antipathiques. Pas plus question de «téléphoner maison», que de repartir sans sa progéniture. Sam n'est revenu que pour arracher son fils à l'orange bleu. 




«le film marque au moins autant pour ses délicieux effets spéciaux que pour l'ambiance qu'il parvient à installer.

Formidablement  tortueux pour ne pas écrire tarabiscoté, le propos s'offre un chapelet de scènes horrifiques à l’esthétique marquante et vient surtout défier Spielberg sur son propre terrain. Xtro trace les contours d'une nouvelle forme de rencontre entre un extra-terrestre et un enfant. Un Anti E.T. En quelques sortes. Imaginatif d'un bout à l'autre, parfois trop pour que ne pas tomber une certaine opacité narrative, le film connait quelques moments d'égarement et s'autorise une originalité  toute britannique ...reste qu'Xtro marquera au fer blanc les mémoires...  au moins autant pour ses délicieux effets spéciaux que pour l'ambiance qu'il parvient à installer. Un voyage au bout de l'horreur, qui nous fera observer les cieux étoilées avec inquiétudes et effroi. Un classique que tout amateur de sueurs froides se doit de conserver dans ses archives.





Un œil sur le disque:

La chose est disponible en édition limitée  avec art work réversible. Le film a bénéficié d'un nouvelle restauration de Second Sight. Xtro n'a jamais fait aussi peur que dans ce tranfert haute définition.  Pas de piste audio ou de sous titres français en vue, mais sachez que le disque embarque des sous titres anglais. Rayon supplément ça ne rigole pas avec un documentaire de 57 minutes "Xploring Xtro", deux  featurettes inédite  "The World of Xtro" et "Beyond Xtro" incluant des "test footage" de XTro Xposed. En plus un livret et un CD de la bande originale.  Sortie le 2 juillet  2018 mais c'est visiblement déjà commandable...