Elevator : Critique et test DVD Bluray



Parfait spécimen de la génération X, le norvégien Stig Svendsen a d'abord étudié le dessin aux États Unis avant d'opérer un virage à 360 degrés et de retourner dans son pays d'origine pour entreprendre des études de cinéma. Il sortira diplômé de la prestigieuse Oslo Film & TV Academy en 2001, mais Svendsen patiente sagement six longues années avant de mettre la main à un premier long métrage, une comédie très familiale titrée Radiopiratene (à traduire par Radio Pirate). C'est justement alors qu'il est en train de défendre son premier jet dans un festival italien que sa route croise celle du producteur et scénariste américain Marc Rosenberg. Ils ont alors très vite l'idée de faire un huis clos se déroulant dans un décors unique. 


Ce qui n'aurait pu être que des paroles en l'air va rapidement prendre forme. Rosenberg envoie le script d'Elevator à Svendsen. Kjetil Omberg, le producteur de Dead Snow et Manhunt décide d'investir un peu d'argent dans le projet. Quelques mois plus tard, le tournage d'Elevator est expédié en 13 jours dans un studio de Los Angeles pour la modique somme de 500 000 dollars US. Un micro budget qui va rapidement trouver preneur. Les droits sont vendus pour l'Amérique du Nord puis dans la foulée pour l'Angleterre, l'Allemagne, le Japon, la Russie, pour les pays scandinaves et même pour la France où TF1 international se porte acquéreur... Provoquant l'enthousiasme de Rosenberg qui déclare comblé «I am excited that so many countries have realised how terrific it is». Quant aux cinéphiles déviants de l'hexagone, ils eurent vent du premier effort de Stig Svendsen lors du Bruxelles International fantastic film festival 2012 où le film est projeté juste après le Australo-germano -Finlandais Iron Sky.



Si les premiers échos du Bifff sont relativement flatteurs, le budget très restreint d'Elevator et son scénario tenant sur un ticket de métro appellent dans un premier temps à la prudence. Neuf personnes embarquent dans la cage d'ascenseur d'une tour de New York. Henry Barton, le patron d'un fond d'investissement, sa petite fille Madeline, George un comique juif claustrophobe, Mohammed un agent de sécurité d'origine iranienne, Céline, une femme enceinte, Maureen, une journaliste, Martin et Don, deux employés de Barton et une vieille dame. Tous espèrent rejoindre une soirée donnée dans un des étages supérieurs. Mais en cours d'ascension, la petite Madeline ne peut résister à l'appel du bouton d'arrêt d'urgence. L'ascenseur se trouve immobilisé entre deux étages. Une plaisanterie qui va prendre une tournure dramatique lorsque une panne technique va empêcher le redémarrage de la machine et que l'un des occupants annonce qu'il est porteur d'une bombe.



Dit autrement, Elevator nous fait coup de la panne et joue la carte d'une angoisse très ordinaire. Le peur des ascenseurs, exiguë cage de métal à la fois prisonnière du béton et suspendue dans le vide. La promesse de trip claustrophobique est pour ainsi dire presque déjà tenue, mais, sans doute très conscient que la corde de leur script est prête à rompre (après tout, des pannes d'ascenseur, quoi de plus banal, ma petite dame), Rosenberg et Svendsen décident d'exciter le trouillomètre de leurs personnages (et dommage collatéral, celui des spectateurs) par l'irrémédiable compte à rebours d'un engin explosif. Une fois en rade, l'ascenseur d'Elevator se transforme sans grande surprise en ring où les personnalités s'affrontent, l'enfer les attend-ils dans les flammes de l'explosion à venir.... ou l'enfer n'est ce pas les autres … et tout de suite. Et dire que Jean Paul Sartre n'est même pas crédité au générique ! Dans ses dernières 10 minutes et un peu contre toute attente, le ton change et voilà que notre huis clos de compétition s'aventure dans la farce gore. Nos prisonniers étant obligés de faire équipe pour découper une vieille dame avec un canif ridicule. 


Rythme effréné de tournage oblige, les producteurs ont d'entrée misé sur des valeurs sûres. John Getz (La mouche), Devin Ratray (Clones, maman j'ai raté l'avion), Joey Slotnick (Twister, première sortie, la main qui tue), Anita Briem (Voyage au centre de la terre 2, Dylan Dog), Themina Sunny (les fils de l'homme). Des acteurs de second plan, invités réguliers de séries télé américaines et dont l'on retient plus volontiers le visage que le nom. Un pari intelligent puisque tournant le dos à toute forme de spectacularité, le récit d'Elevator repose entièrement sur le jeu de ses comédiens. Le résultat ne transcende certes pas le genre (loin s'en faut) mais il faut reconnaître que ce récit en vase clos finit par accrocher l'intérêt. Voilà donc un divertissement vidéastique plutôt honnête dans la lignée de « Devil », le discours fantastique en moins.



Les disques :

TF1 Vidéo propose Elevator dans des éditions Bluray et DVD au format scopé. (Svendsen ayant certainement choisi le 2.35 pour renforcer le côté cinéma de son DTV). Côté Sd, on appréciera une compression très discrète et un rendu colorimétrique assez naturel. Une fois upscalé, le disque fait presque illusion. Côté HD, le master présente sans grande surprise une définition et un piqué très appréciable doublé de noirs profonds. Sur la partie audio nous avons droit à des mixages 5.1 Dolby Digital honnêtes en français et anglais avec sous titres français débrayables. Notons la présence d'une piste Audio 3D (nécessite un casque) toujours aussi bluffante. Même chose sur le Bluray si ce n'est qu'il s'agit de mixage DTS HD MASTER Audio. Les deux disques partagent les mêmes bonus à savoir un making off d'une quinzaine de minutes et des bandes annonces éditeurs au lancement. Les deux éditions étant proposées au même prix, on ne saurait que trop vous conseiller de vous tourner vers l'édition Bluray.