Bandidos: Critique et test DVD



Après Joe L'implacable, Texas, Un train pour Durango et Chacun pour soi, Artus revient sur les terres sauvages du western européen avec trois nouvelles éditions : Killer Kid, Les colts de la violence et Bandidos. Une cargaison qui devrait ravir tous les gringos Dvdvore de l'hexagone. Pour ne pas faillir à sa réputation, Ecranbis.com a attaqué la diligence et on revient avec le review de «Bandidos» sous les bras. Et on vous le fait à moitié prix …


Le premier chef d’œuvre de Massimo Dallamano ! La jaquette n'y va pas avec la cross du revolver ! Alors effectivement, Bandidos est le premier véritable film de cinéma de Dallamano au poste de réalisateur même si la sacro sainte IMDB indique qu'il aurait co-réalisé pratiquement vingt années plus tôt un documentaire portant le titre de "Tierra Magica". Passage à l'acte tardif ? (Notre homme est né en 1917 et nous sommes en 1967) Pas vraiment puisque la filmographie de Massimo débute en fait au milieu des années 40. Dallamano officie alors en qualité de directeur de la photographie.

 Il prendra d'ailleurs part à la construction du genre «Western italien» en signant sous le pseudonyme de Jack Dalmas la photo d'un de ses films fondateurs «Per un pugno di dollari/ Pour une poignée de dollars» de Sergio Léone. C'est à nouveau sous un prête nom qu'il réalise «Bandidos» en 1967 : Max Dillman. Ce sera d'ailleurs sa seule et unique intrusion dans le genre. On le retrouvera plus tard dans le Poliziotteschi (La lame infernale éditée il y a peu en France par Ecstasy Of Films), le Giallo (Mais qu'avez-vous fait à Solange ?) ou le fantastique (Émilie l'enfant des ténèbres).


Bandidos donne la vedette à Enrico Maria Salerno. Un acteur à la solide réputation et la filmographie touffue. Le vent du western soufflant sur la douce Italie, le brave Enrico, qui nous dit-on faisait la voix de Clint Easwood dans ses apparitions Léonesque, se retrouve convié à porter bottes et chapeau. On le retrouvera en fait dans 4 westerns, ce qui représente une minuscule partie de sa carrière (plus 100 films). On commence en 1966 avec Tre pistole contro Cesare (Trois pistolet contre César) d'Enzo Peri. 1967, coup double, on le voit dans «Un train pour Durango» de Mario Caiano et «Bandidos» de Dallamano. Puis en 1968, fin de parcours avec "Sentenza di morte" (Sentence de mort) de Mario Lanfranchi. Face à lui, un sacré second couteau du cinéma européen (et pas seulement ): Venatino Venantini. Une gueule marquante et une filmographie folle. (Le corniaud, Ladyhawk, Atomik Circus, L'Hercule de Cozzi, l'Alladin de Corbucci, Les nuits chaudes de Cléopatres, Liberté égalité chourcroute, Les exterminateurs de l'an 3000, Cannibal Ferox, Frayeurs, La guerre des gangs …)


Tout commence par l'attaque d'un train par une bande de malfrats menés par un certain Billy Kane. Les passagers sont dépouillés et cruellement assassinés ...à l'exception de Richard Martin. Pistolero prodige et ancien professeur du bandit. Il aura la vie sauve mais Billy lui tire dans les mains afin qu'il ne puisse plus jamais tenir un arme. Quelques années plus tard, nous retrouvons Richard Martin en plein spectacle de foire. Il présente contre quelques pièces les prouesses de son nouveau poulain : Ricky Shot. Mais un spectateur pas vraiment émerveillé par le show provoque le jeune homme et le tue. Incapable de riposter, Richard Martin tente de se battre. Il reçoit l'aide d'un mystérieux cowboy à qui il propose de devenir son apprenti. Ce nouveau Ricky Shot ne sait pas encore que Martin compte l'utiliser pour se venger de Billy Kane...

Une histoire de vengeance, par procuration, pour un western viril et sombre. Bandidos surprends sur plusieurs points. Premièrement, Dallamano a 50 ans, il s'offre un héro fatigué, déplumé et tremblotant, rongé par les souvenirs et la rancœur. Enrico Maria Salerno incarne ici le quasi parfait anti héros du western italien. Un héro réduit au verbe, à la parole dans un genre dédié à l'action. Troublant ! L’exécution de son projet passe donc par un personnage tiers campé par Terry Jenkins, qui fait ici pratiquement office de colt vivant. Jenkins, parlons-en, puisque Curd Ridel donne dans les bonus quelques précieuses informations sur sa participation au film. Il ne fera pas du tout carrière (2 films de cinéma uniquement), ce qui peut sembler incroyable tant sa prestation est ici remarquable. Bandidos est en effet construit comme un passage de relais et son  personnage de Ricky Shot, deuxième du nom, devient en cours de route le  héro de "Bandidos"



 L'autre versant de l’édifice, c'est la réalisation de Dallamano. Et là, je parlais pour «Killer Kid» d'une réalisation sans folie...Sachez que dans «Bandidos", c'est exactement l'inverse. Un cinéma inspiré, stylisé qui s'offre dès le début du film des vrais coups de génie comme cet incroyable et long traveling sur un train dépouillé et ensanglanté. Mouvement qui prend fin sur les mains de deux cadavres ... et 2 coquelicots perdu dans l'herbe. Bref, voilà un grand et beau western qui prend aux tripes et caresse les pupilles... Quand je vous disais que la collection" Euro Western" d'Artus commençait à avoir de la gueule...

Le disque :

Cette édition Artusienne propose de découvrir "Bandidos" dans une copie plus qu'honorable au format 2.35 d'origine. Deux pistes sonores à se mettre dans les oreilles ...version italienne et française. Un diaporama et les bandes annonces de la collection western en prime. Ultime supplément "Tu meurs mais je reste en vie" , un nouveau concentré d'érudition et de passion en provenance des studios Curd Ridel. (Oui du côté d'Ecranbis on est fan des Bonus d'Alain Petit et de Curd Ridel et on assume !). 12€90