Dossiers brûlants, volume 1 : Critique et test DVD




Voilà sans doute l'une, si ce n'est la plus plaisante des surprises de cette fin d'année. Les «Dossiers Brûlants» débarquent dans nos salons à dos d’Éléphant (films!). On se calme dans le fond de classe, il n'est ici nullement question de jeunes filles en feu ou de rapports fumants mais d'une série aussi culte outre Atlantique que méconnue dans l'hexagone… La chose nous parviendra sous la forme de deux coffrets de quatre galettes dont le premier est attendu au crépuscule du trimestre. Dossiers brûlants, un feuilleton à prendre avec des gants ? Ecranbis.com a mené son enquête vidéastique.

Jean-Pierre Putters découvrant la nouvelle formule de Mad Movies ?

"...la série constitue un bel exemple de la riche production fantastique télévisuelle américaine d'alors, tranchant radicalement avec les anthologies (La quatrième dimension, Au delà du réel ) qu'elle a enfanté une décennie plus tôt."


On ne sait pas trop quelle tête a du faire la ménagère de moins 50 ans en découvrant à l'aube des années 70, les aventures cathodiques et peu catholiques de Carl Kolchak, journaliste enquêteur de L'I.N.S. (Independant News Service). Mais l'apparition Hertzienne de ce reporter atypique va tourner au phénomène d’audience. Le personnage est pourtant né en toute discrétion dans un roman (alors non publié) de Jeff Rice et sur lequel la chaîne américaine ABC jettera son dévolu. Une première transposition est mise en chantier sous la forme d'un téléfilm (The Night Stalker - 1972), qui après un succès inattendu, se verra prolongé d'une suite malicieuse (The Night Strangler -1973). On raconte ci et là que le scénario d'un potentiel troisième opus fut terminé avant que la prestigieuse American Broadcasting Company, ébouriffée par l’engouement du public, ne se décide à surfer la vague qu'elle avait elle-même créée, en caressant l'idée d'une série hebdomadaire. 

 Kolchak, The Night Stalker est né ! Et bien que chez le gaulois moyen, le titre ne convoque pas de souvenirs particulièrement émus (Et pour cause, les épisodes ne nous parviendront qu'une décade et demie plus tard, grâce aux efforts d'une chaîne à péage), la série constitue un bel exemple de la riche production fantastique télévisuelle américaine d'alors, tranchant radicalement avec les anthologies (La quatrième dimension, Au delà du réel ) qu'elle a enfanté une décennie plus tôt.


Un touriste fraîchement revenu de l'au delà et visiblement il faisait très soleil !

"Les tribulations de Kolchak préfigurent dans la forme, dans le propos et avec 20 années d'avance celle de Fox Mulder. En ce The nighstalker apparaît comme définitivement moderne."

  Les deux programmes précités suivaient au cœur des sixties les rails posés par la série noire «Alfred Hitchcock présente” que CBS diffusait au milieu des années 50. Le concept consiste alors à livrer chaque épisode sous la forme d'historiettes indépendantes. Kolchak, The Night Stalker embrasse lui la forme de la série dite bouclée. La ville de Chicago, la rédaction de l'I.N.S. dans laquelle officie un journaliste (Kolchak) des moins conventionnels, serviront de base narrative. Un décors scénaristique que visiteront extra-terrestres invisibles, zombies, éventreurs prodiges, fantômes, loups garous... au rythme d'une créature/phénomène par épisode. Un canevas qui sera repris dans l'une des séries stars des années 90, le fameux “X-files”de Chris Carter et peut être, de façon détournée, plus thématico-centrée, dans une palanqué de répliques... Ce lien formel tendu entre les “Dossiers Brûlants” et les “Dossiers X” (affaires non classées dans la VF) au dessus des abysses du temps, pousse le spectateur à une évidence analytique: Les tribulations de Kolchak préfigurent dans la forme, dans le propos et avec quelques 20 années d'avance celles de Fox Mulder. En ce "The Nighstalker" apparaît comme définitivement moderne.


L'arbre cache la forêt, mais pas la soucoupe
 

"Le générique s'amuse ainsi de son héros d’opérette, insistant sur un jet de chapeau infructueux, comme pour mieux marteler le message. Attention brave gens, vous allez pénétrer dans un monde en proie à mille et un dangers, mille et une créatures. Mais tout ceci est pour rire."

Si «Kolchak» verse évidemment sans grande retenue dans le fantastique, voire l'horreur, le programme aborde cet imaginaire avec la distance d'usage. Le second degré est partout, dans la moindre situation (Dans un groupe de parole organisé par une association d'Ufologie, une quadra explique comment un extra-terrestre lui a servi un verre et l'a entreprise à coup d'antennes) et dans le moindre personnage secondaire (les collègues de travail, l'homme de la morgue, les représentants des forces de l'ordre). Tout semble donc avoir été mis en œuvre pour dédramatiser le propos, le rendre «acceptable» aux yeux de l'époque, sans pour autant l'édulcorer parfaitement. Le générique s'amuse ainsi de son héros d’opérette, insistant sur un jet de chapeau infructueux, comme pour mieux marteler le message. Attention brave gens, vous allez pénétrer dans un monde en proie à mille et un dangers, mille et une créatures. Mais tout ceci est pour rire.

 Girls suck mais cet épisode nous expliquera-t-il pourquoi ?
"Que reste-t-il de "Dossiers brûlants", 40 années après sa programmation à la télévision américaine ?  Une série au charme redoutable qui vaut sans doute plus par la drôlerie de ses scènes de comédies et de son personnage principal que par ses saillies en territoire horrifique."

 Que reste-il de "Dossiers brûlants", 40 années après sa programmation à la télévision américaine ?  Une série au charme redoutable qui vaut sans doute plus par la drôlerie de ses scènes de comédies et de son personnage principal (Un mélange de Tommy Lee Jones et de Bertrand Delanoé) que par ses saillies en territoire horrifique. On finit par regretter que pour son inattendue sortie vidéo française, la série eu été coupée en deux coffrets de dix épisodes et dont les sorties sont espacées de quelques mois (Décembre 2014 pour le premier, Mars 2015 pour le second). On attend donc une nouvelle rasade d’aventures Kolchakiennes de pieds fermes.

Note :
Les deux téléfilms pilotes cité dans cet article  n'ont pas pas inclus dans cette édition pour de  vraisemblables questions de droits (La série appartiendrait à Universal et les deux pilotes à ABC)

Un petit air de Swamp thing !


Mini guide des épisodes :

Disque 1 Épisode 1 : Le viol ( The Ripper)

Les nuits de Chicago virent au rouge sang... De jeunes femmes sont atrocement mutilées par un assassin mystérieux qui bondit des toits et résiste aux balles de la police. Tandis que les enquêteurs piétinent, Carl Kolchak y voit le retour aux affaires d'un certain «Jack l’éventreur». Le célèbre tueur a-t-il emprunté les couloirs du temps ?

Disque 1 Épisode 2  : Le zombie ( The Zombie)

Stupeur et tremblement, sous les lumières crues et glaciales de la morgue de Chicago, il semblerait bien que le corps d'une victime soit présenté au légiste pour la seconde fois. Peut-on revenir pour mieux repartir ? Dans cette enquête sur fond de croyances Vaudou et de macchabée marcheur, notre journaliste vedette aura l'occasion de croiser un certain Antonio Fargas (Huggy Les bons tuyaux dans la série Starsky et Hutch)

Disque 1 Épisode 3 : Le Voyageur (
They Have Been, They Will Be, They Are)

Matériel électronique subtilisé, animaux tués, planétarium en transe, dérèglements en tout genres, il semble bien qu'une entité extra-terrestre invisible ait fait une halte sur notre bonne vieille planète terre et surtout tente d'en repartir... 


Non Jack, on avait dit  pas par derrière !
 
Disque 2 Épisode 4 : Vampire-sur-Hollywood (The Vampire)

Carl Kolchak est envoyé sous le soleil de Californie pour les besoins d'un article. Mais le journaliste profite de ce providentiel périple pour s’intéresser à une série de curieux homicides débutés quelques jours plus tôt dans le Nevada. Des victimes vidées de leur sang, des traces de crocs dans le cou, aucun doute n'est possible... Un vampire traîne sur le Sunset boulevard et il a visiblement soif !

Disque 2 Épisode 5 : Le Loup-garou (The Werewolf)

Love... Exciting and New ! Dans ce cinquième épisode, nous embarquons à bord d'un paquebot rempli de célibataires. Mais cette fois -ci, la croisière ne s'amuse pas vraiment. Un loup garou s'est caché parmi les passagers
. La terre hors de portée, la tuerie commence.

Disque 2 Épisode 6 : La grande question (Fire-fall)

Dans l'entourage proche d'un chef d'orchestre célèbre, les combustions spontanées se multiplient. Ces morts atroces se trouvent systématiquement précédées par  une apparition fantomatique. Aidé par une voyante un tantinet vénale,
Carl Kolchak découvre qu'un fantôme tente de prendre possession du corps du musicien.


C'est bien connu, l’éthylisme mondain conduit à d’ésotériques égarements

Disque 3 Épisode 7 : la plate forme du diable (The devil's platform)

Rien n'explique la carrière foudroyante de Robert Palmer... Rien... Enfin façon de parler puisque l'homme politique, promis au poste de gouverneur, a en fait passé un accord avec le malin dans l'objectif de forcer la main du destin. Il a en échange obtenu l'étrange faculté de se transformer en chien...

Disque 3 Épisode 8 : Retour aux sources (Bad medecine)

En dépit de ses efforts pour se couper d'une délinquance ordinaire, la haute société de Chicago devient la cible d'une curieux sorcier indien capable de se transformer en animal pour arracher les pierres précieuses aux cous et poignet de bourgeoises pétrifiées ! Le fameux indien animorphe est interprété par un certain Richard Kiel, connu pour son rôle de "requin" (Jaws) dans la série des James Bond.

Disque 4 Épisode 9 : Le croque mitaine ( The Spanish Moss Murders)

Une jeune psychologue, un chef de cuisine, un drogué... Les meurtres se multiplient dans les rues de Chicago. Carl Kolchak mène l’enquête jusqu'à la découverte d'une étrange créature....

Disque 4 Épisode 10 : Sur le sentier de la guerre (The Energy Eater)

Kolchak est invité à la visite d'un hôpital flambant neuf. Mais à peine le lieu inauguré, il devient le théâtre de phénomènes inexplicables. Coupures de courant, bruits inquiétants dans les ascenseurs, fissures et lézardes en tout genre... Quel secret peut bien cacher la bâtisse ?

Il tire super bien, c'est dommage qu'il vise si mal !

Un œil sur les disques :

Ce premier volume se présente sous la forme d'un coffret 4 disques glissé dans un fourreau cartonné du plus bel effet. Ces 10 premiers épisodes sont présentés dans leur format 1.33 (4/3) d'origine et dans une qualité tout à fait acceptable compte tenu de l'âge de la série. Rayon cage à miel, vous aurez les choix entre une version originale anglaise (sous-titres français optionnels) et un excellent doublage français datant de la diffusion sur Canal Plus. Seul bémol, une interactivité réduite à une poignée de bandes annonces d'autres séries éditées par Elephant films. 29€90 chez tous les dealers de disques dignes de ce nom.
L'éditeur n'a pas fait une croix sur les menus.